Blizzard Of Ozz, est un des albums mythiques de la glorieuse époque des années 80. C’est aussi le premier album d’Ozzy Osbourne qui vient de quitter Black Sabbath. Pour l’enregistrement de son premier travail en solo, qui a lieu en Angleterre, Ozzy embauche deux ex-Uriah Heep, Lee Kerslake (batterie) et Bob Daisley (basse). Il recrute aussi un jeune guitariste américain inconnu, Randy Rhoads. Cet album est une mine de pépites tellement connues qu’il est difficile d’éviter les banalités dans une chronique.
On trouve, pour commencer, I Don’t Know, un des tubes d’Ozzy, dont les riffs d’intro de Randy sont reconnaissables à la première seconde. La basse, bien lourde, rythme le morceau, et Randy déploie une multitude de plans fabuleux, autant en rythmique qu’en lead. On y trouve aussi un petit break calme, en arpège, qui précède un solo de malade. Randy utilise une guitare Jackson faite pour lui, qui ressemble à une Flying V. Elle portera son nom dans la gamme Jackson. On comprend immédiatement pourquoi il a été choisi par Ozzy, c’est quand même pas courant un guitariste si jeune avec déjà des guitares customs.
La suite, c’est Crazy Train. Franchement, qui ne connait pas cet hymne ? L’intro ainsi que la rythmique et le solo en tapping devraient être inscrits au Patrimoine de l’Unesco du Metal. Après on passe en mode slow langoureux avec le célèbre Goodbye To Romance, la ballade type époque années 80. Les arpèges de la gratte sont magiques. Le solo est énorme. Je l’ai déjà dit ça ? Mince.
On trouve aussi Dee, le petit morceau joli, à la guitare acoustique, écrit par Randy pour sa maman. Après, plus violent c’est Suicide Solution, la chanson qui attirera pas mal d’ennuis à Ozzy, avec ces histoires de jeunes qui se seraient suicidés aux US en l’écoutant. La ligue PMRC (Parents Music Resource Center), créée par Tipper Gore, la femme de Al, et quelques autres mégères, cherche des noises à Ozzy et pas mal d’autres. Ils ressortiront blanchis mais les stickers du PMRC (Parent Advisory Explicit Content) sont toujours là aujourd’hui. Au final ce morceau est l’un des meilleurs de l’album, notamment grâce à ce break au milieu où Ozzy fait des vocalises. Et que dire de Mr Crowley ? Son intro de claviers est carrément mythique et le solo de Randy magnifique... mais coupé (pourquoi ce decrescendo final, je me suis toujours demandé ?). Le morceau fera aussi jaser, car il est écrit en l’honneur de Aleister Crowley, écrivain occulte Anglais ayant servi d’inspiration à de nombreux artistes metal.
On continue avec No Bone Movies, aux gros chœurs sur le refrain puis Revelation (Mother Earth), très Black Sabbath (le seul dont on puisse dire cela sur l’album), très sombre avec sons de cloches lugubres et un gros travail de guitare. Le morceau est en trois parties, la partie glauque, genre traversée d’un cimetière par une nuit froide et pluvieuse, sans lune, une partie plus coolos avec piano, synthés, arpèges... et une partie finale accélérée, la dernière minute, en fait, géniale, où Randy fait un festival. Enorme. Elle sert d’enchainement au speedé Steal Away (The Night), aux grosses rythmiques de Randy et au solo - une fois de plus - époustouflant.
La version remasterisée de 2002 (où Robert Trujillo et Mike Bordin assurent les parties de basse et de batterie) contient un morceau bonus, donc pas à l’origine sur l’album, You Lookin’ At Me Lookin’ At You, plus banal que le reste de l’album. Il a tout de même le mérite de contenir plusieurs solo sympas de Randy, ce qui ne manquera pas d’intéresser les amateurs (nombreux) du guitariste disparu.
Ce CD a certes un petit peu vieilli, question production et sonorité, mais il possède tout de même un contenu exceptionnel que tout fan de metal devrait absolument posséder. Au moins, au titre de sa culture metal. Dernier détail important, la pochette, provocante à souhait. Elle aura certainement eu un impact sur les décisions des hystériques cathos du PMRC.
Tracklist de Blizzard Of Ozz :
01. I Don’t Know 02. Crazy Train 03. Goodbye To Romance 04. Dee 05. Suicide Solution 06. Mr. Crowley 07. No Bone Movies 08. Revelation (Mother Earth) 09. Steal Away (The Night)