Groupe:

Hellfest - Jour 1

Date:

19 Juin 2025

Lieu:

Clisson

Chroniqueur:

KABET, Fabulous

Le Hellfest 2025 c’est parti ! Avec le compère Fabulous, on a pris le relais de Ced12 et Le Diable Bleu qui vous avaient fait un report haut en couleur l’année dernière. Désignés cette année, volontaire, et ultra motivé (non pas pour les « Out Of Bounds », mais bien pour cette programmation faisant la part belle au metal symphonique pour ma part, et autres combos à chants féminin, entre autre).

Comme tout premier Hellfest, l’arrivée sur le fameux rond-point à la sculpture de guitare impressionne, presque autant que la marée humaine vêtue de noire pour la plupart, qui déferle vers les entrées qui engloutissent une foule énorme. C’est super bien organisé, je le répèterai souvent dans ce report, assez peu de queue et une ambiance très bonne enfant. Une fois entré dans l’enceinte des portes de l’enfer, c’est plutôt avec le regard d’un enfant la première fois chez Disneyland que je me retrouve. Entre les sculptures monumentales, le site gigantesque (on en fera des bornes), la première heure c’est bien simple je passe mon temps à tourner la tête à droite, à gauche avec ce sourire béat à tout croquer des yeux, des gens costumés (avec plus ou moins de gout), des scènes aux bars et installations, tout est émerveillement tant la précision des œuvres est au laser.

Dire que le Hellfest est devenu un Disneyland, je répondrai par l’affirmative, mais dans le sens le plus glorieux de terme. L’organisation est telle qu’elle permet à chacun d’entrer dans un univers où tout est fait pour que le festivalier se sente bien, et surtout focus sur l’essentiel : musique et metal ! Les bouchons d’oreilles en place et hop c’est parti !


SKINDRED (KABET)

Ce sont les britanniques de Skindred qui ont la lourde tache d’ouvrir ce 18e Hellfest, programmé sur la Mainstage 1. C’est sous un soleil de plomb qui dépasse facile les 35 degrés que Benni Webbe arrive…en manteau de fourrure ! Entre une batterie à l’effigie de James Bond et une intro de Stars Wars, le ton est donné ! Ils viennent nous distiller leur ragga metal, mais le groupe n’est pas en forme sur sa setlist. Sur les 40 minutes allouée, trop de blabla, de who-ho, de faire chanter le public (en masse), et malheureusement assez peu de démonstration de leur musique. Je passerai vite sur le couac technique qui a coupé le son pendant une minute, pas de leur faute évidemment. C’est d’autant plus dommage qu’avec presque une dizaine d’albums à leur actif, ils avaient de la matière. Une ouverture en demi-teinte et un rendez-vous manqué pour l’occasion.

TAR POND (Fabulous)

Un groupe dont j’avais coché le nom, j’étais curieux de voir la prestation de Tar Pond sur la Valley. 
Déjà au niveau du son, pas de doute Tar Pond était bien à sa place sur la Valley, du gros son bien gras, mélange de doom et de stoner lent. 
Le groupe Suisse enchaîne les excellents solos de guitare avec beaucoup de fuzz, les longs morceaux du groupe deviennent envoûtants, la voix d’outre-tombe du chanteur amplifie l’ambiance lugubre véhiculée par la musique du trio. 

Du gros doom stoner flirtant avec le blues parfois, Tar Pond répond aux attentes et va même au delà, par son côté sombre et caverneux, on a bien compris que le groupe n'était pas là pour rigoler mais pour descendre plus bas que Terre avec des passages poisseux et lourds. Tar Pond a carrément écrasé les gens par sa musique de mammouth et on en redemande. Une première belle réussite sur la Valley qui en connaîtra bientôt beaucoup d’autres. 

APOCALYPTICA (KABET)

Groupe qui avait été marqué d’une croix blanche bien avant le début de festival, je ne pouvais qu’être aux premières loges pour découvrir les finlandais dont j’avais eu la dent dure sur leur dernier album. Les shows étant souvent de toutes envolées, j’espère bien qu’ils me feront taire. La Mainstage 1 est déjà bien bien remplie à leur arrivée, et ils nous balancent effectivement un show carré avec leur trois violoncelles et leurs reprises de Metallica (reprise en cœur par le public of course). Le show laisse un petit gout d’inachevé, dû forcément au style du groupe, ils sont enfermés dans leurs instruments et leurs reprises, et les surprises forcément il n’y en a pas. Le spectacle est assez restrictif en jeu de lumières, mais en passant en plein après-midi c’est pas non plus le plus évident. Malgré tout le concert est carré et maitrisé, même si par moment le soufflé retombe un peu.

SLOMOSA (Fabulous)

Révélation récente du stoner, Slomosa a sorti un album en tout point remarquable avec Tundra Rock
Le groupe Norvégien de stoner (eh oui stoner en Norvège c’est possible !) réussira t-il à défendre cet excellent album sur scène avec le même talent ? 
La réponse est carrément oui ! 
Le stoner rock de Slomosa est très rythmé et flirte parfois avec le rock n’roll, ce qui nous donne la première grosse tuerie sur la Valley. Malgré la chaleur étouffante le groupe est survolté, son frontman est motivé comme jamais, son enthousiasme est communicatif et les morceaux rythmés du groupe sont joués avec brio. 
Slomosa enfonce le clou en retournant la scène avec un concert absolument génial.

Génial d’intensité, d’énergie, avec un très bon son, les Norvégiens livrent une prestation de très haute volée. Le public de la Valley ne s’y trompe pas, d’abord calme, il n’aura fallu que très peu de temps pour que l’ambiance monte d’un cran. Tout au long  des 9 titres qui seront joués aujourd’hui par le groupe le résultat sera sans appel : un excellent concert. 

 

Setlist :
Afghansk Rev 
Cabin Fever 
Rice 
In My Mind’s Desert
Intro Good Morning
Battling Guns 
There Is Nothing New Under The Sun 
Kevin
Monomann
Horses 
 
STREET DOGS (Fabulous)
 
Un petit tour sur la Warzone pour se mettre du punk rock dans les oreilles. 
 
Efficace, sans concession, Street Dogs met la bonne humeur sur la Warzone. Là où c’est communicatif c’est la façon dont le groupe enchaîne les titres aux paroles et refrains addictifs ; un vent de fraîcheur qui fait du bien souffle sur la Warzone à la température caniculaire. Les américains donnent le sourire au public de la Warzone, leur punk in your face est un modèle du genre. 
 
Peu de blabla, tout pour la musique, c’est exactement ce qu’il faut faire quand on a moins d’une heure de show. On en ressort satisfait et avec un regain d’énergie. 

Setlist :
Savin Hill
Punk Roll And Roll
Not Without A Purpose 
Common People 
Stike A Blow
You Alone 
In Defense Of Dorchester
Back To The World 
Drink Tonight
Fatty (Mung cover)
Tobe’s Got A Drinking Problem 
Johnny Come Lately (Steve Earle cover)
Fighter (With Guns Of Brixton Snippet)

 

AIRBOURNE (Fabulous)

C’est avec envie et impatience que je me rends sur la Mainstage 1 pour aller y voir Airbourne. Un concert que j’avais coché avec satisfaction à l’annonce de l’affiche du Hellfest 2025, j’aime beaucoup ce groupe, son rock n'roll ultra énergique et sa réputation de bête de scène en live parlent pour eux. Je vais bientôt m’en rendre compte par moi-même. 
Le décor est planté : un mur d’amplis Marshall empilés les uns sur les autres en fond de scène, le groupe arrive sur scène sur le thème de Terminator 2 et il ne faudra pas longtemps pour mettre tout le monde d’accord. Le groupe déborde d’énergie, balance leurs gros bangers, l’ambiance est électrique. Le gros hit Too Much, Too Young, Too Fast est lâché dès le deuxième titre, rien de telle pour chauffer le public. La setlist est top, le son est bon, que demander de plus. 
Joel O’Keeffe se retrouve sur les épaules d’un membre de leur staff pour faire un petit tour dans le public tout en jouant de la guitare, épique. 
On a même droit au tout nouveau morceau du groupe, Gutsy qui démontre que le groupe n’a rien perdu de sa superbe. 
Un excellent concert, un des mieux du Hellfest 2025 ? Un de mes préférés en tout cas. 
 

 

Setlist :
Main title theme Terminator 2 Judgment Day
Ready To Rock
Too Much, Too Young, Too Fast
Breakin’ Outta Hell 
Back In The Game
Girls In Black
Gutsy
Live It Up
Runnin’ Wild 

CHAT PILE (Fabulous)

Autre concert que j’avais coché, pour la curiosité et parce que j’ai beaucoup aimé les albums du groupe, Chat Pile est un des seuls groupes non stoner à évoluer sur la Valley.

Le groupe a l’habitude d’être à contre courant, eux qui ont un visuel black metal pour leur nom de groupe alors que leur style est le noise rock. Enfin pas que, dès le premier titre Rainbow Meat on se rend compte qu’il y aussi du sludge, du post hardcore et du grunge bien énervé dans la musique de Chat Pile. Ajoutez à cela une voix très variée, qui parfois se mue en crooner, parfois en voix hurlée, parfois en voix grave, le charismatique chanteur Raygun Busch est torse nu et pieds nus sur scène et livre une vraie performance vocale. 

La variété musicale de Chat Pile est une force, on passe, et parfois dans le même morceau, d’un sludge lent et poisseux, à un post hardcore hargneux, d’un noise rock sans concession à un grunge entraînant. Ce qui donne un concert avec des montées et des descentes rythmiques surprenantes.

Une autre belle réussite sur la Valley. 

Setlist :
Rainbow Meat 
Tropical Beaches, Inc.
I Am Dog Now 
Why
Pamela
Shame 
Frownland
Slaughterhouse 
Tape
The New World
Masc 
Funny Man
Dallas Beltway
Garbage Man 

TILL LINDEMANN (Fabulous)

Autre concert très attendu sur la Mainstage 1, Till Lindemann le chanteur de Rammstein et son metal indus en solo.
Solo mais tout de même accompagné d’un groupe de musiciens tout aussi frapadingue que lui. Une guitariste en string, une autre femme aux claviers et samples pas plus habillée, un batteur avec un masque sado-maso et de faux seins. Le décor est planté.
La couleur aussi : ça sera le rouge, pour tout le monde, maquillage du visage de Till Lindemann y compris. 
Et niveau musique ? Ça envoie du lourd !

On reconnaît parfois Rammstein, le son est massif, les riffs lourd et répétitifs. Les trois albums du sieur sont passés en revues. Et le bougre est en forme, il balance des coups de pieds dans les claviers, fait des mimiques en chantant, il fait le spectacle quoi. Le groupe nous en met pleins les oreilles avec les titres ultra efficace Zunge, Sport Frei, Skills In Pills et le final tout en puissance et en déluge de décibels Ich Hasse Kinder. Un des grands moments de cette première journée de festival. 

 

Setlist :
 Zunge 
Schweiss 
Fat
Altes Fleisch 
Allesfresser
Golden Shower
Sport Frei 
Blut 
Praise Abort
Du Hast Kein Herz 
Skills In Pills 
Entre Dos Tierras 
Ich Hasse Kinder 

JINJER (KABET)

Je découvre l’Altar, ou plutôt le sauna Altar (les bâches noires en pleines chaleur, bon sang c’est un four là-dedans !). Il fait plus de 35°, moite et le public est surchauffé, prêt à en découdre. Les ukrainiens arrivent en ordre de marche, suivi par leur chanteuse Tatiana Shmayluk en grande forme. Ils vont faire la part belle à leur dernier album bougrement efficace en live. C’est carré puissant, Tatiana est bien en voix et le groupe nous offre quelques moments de pure bonheur (Vortex quelle claque !). Ayant eu la bonne idée de m’approcher assez près de la scène, avec ce public survolté, autant vous dire que je ressors de ce concert complètement lessivé, mais avec le sentiment d’avoir assisté à une excellente prestation du groupe. L’un des meilleurs show de cette journée.


THE HELLACOPTERS (KABET)

Autre salle, autre ambiance. A peine le temps de me remettre de Jinjer que je dois filer fissa sur la Warzone pour The Hellacopters (d’ailleurs petit message, à peine 10 minutes entre deux concerts, vu le monde et la distance c’est chaud), mais j’arrive juste à temps pour ce groupe que je ne voulais absolument pas rater. En une heure ils vont juste tout déchirer, et diable que c’est court une heure avec eux tant c’est jouissif. On a l’impression d’assister à une battle de guitares entre Nicke Royale et Dregen, les riffs fusant de partout. On retrouve sur scène la magie du groupe et son influence MC5 dont le spectre plane au dessus de leur tête avec un regard bienveillant. Leur stoner et leur look à l’ancienne emportent tout sur leur passage, les titres s’enchainent à la perfection, un grand moment en somme. S’il y avait un concert à ne pas louper en ce jeudi, c’était bien celui-ci.

KORN (Fabulous)

La tête d’affiche sur la Mainstage 1 pour cette première journée est donc Korn. Ça faisait très longtemps que je n’avais pas vu le groupe, et pour tout dire je n’avais pas spécialement cherché à le revoir car les derniers albums du groupe sont plutôt quelconques. J’avais vu le groupe en live au moment de ces trois premiers albums, soit la meilleure période du groupe. J’avais donc peur d’être un peu déçu en me dirigeant vers la Mainstage 1. 

Très rapidement mes doutes se sont dissipés, grâce à une setlist savamment choisie.  Ça démarre très fort avec le rideau qui se baisse et le groupe envoie le gros classique Blind, puis enchaîne avec Twist. Le gros son lourd est là, l’ambiance aussi. Elle va monter d’un cran avec Got The Life repris par la foule, même Shoots And Ladders avec le petit passage de One de Metallica est là. Pour cette tournée Korn a décidé de se concentrer sur ses classiques, et c’est une très bonne idée ! Peu de morceaux récents, une setlist de dingue qui propose la quintessence du groupe. Rien de tel pour se redorer le blason. Et qui sait ça donnerait peut-être l’idée au groupe de revenir à ses basiques pour un futur album. Un petit Y’All Want A Single, Falling Away From Me et Freak On A Leash pour terminer. Le groupe déchainé sur scène prend un réel plaisir et ce plaisir est partagé. 

Un retour en forme de Korn qui aura pour ma part parfaitement clôturé cette première journée du festival. 

 

Setlist :
Blind
Twist
Here To Stay
Clown
Got The Life
Did My Time
Shoots And Ladders (And One Of Metallica)
Cold
Ball Tongue
 Twisted Transistor 
A.D.I.D.A.S
Dirty
Somebody Someone 
Y’All Want A Single
4 U
Falling Away From Me
Divine
Freak On A Leash 
 

ELECTRIC CALLBOY (KABET)

Retour sur la Mainstage 2 pour découvrir Electric Callboy, groupe totalement inconnu pour votre humble serviteur. Et pourtant j’aurai du me douter d’un truc, vu le nombre de personnes croisées cette journée ornée d’un T-shirt à l’effigie du groupe germanique. Donc oui il y a un truc avec ce groupe, un truc qui m’échappe, mais un truc, et je ne vais pas tarder à le découvrir. Ne sachant pas du tout à quoi m’attendre (quand je dis que je suis novice), je découvre un groupe de metalcore moderne et bourré d’éléments electro. Tout fonctionne tellement bien que le public répond présent, moi le premier puisque j’adhère dès le premier morceau Elevator Operator. La setlist est super bien travaillée entre leurs morceaux, des covers de choix (Still Waiting de Sum 41, Everytime You Touch de Maggie Reilly), et le show entre effets pyrotechnique, confettis à profusion, ben ça fonctionne et ça m’embarque surtout. Une des belle découvertes de cette édition.

Fin de cette première journée intense, une bonne nuit qui sera très courte pour reprendre des forces.

 

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