|
Avantasia à l'Olympia : le retour ! On se souvient (ou pas... mais moi oui) de l'excellent concert donné dans cette salle mythique par cette troupe menée par le trublion Tobias Sammet en 2019. Six ans plus tard, revoici donc le collectif, fort de son nouvel album Here Be Dragons, prêt à en mettre plein les mirettes et les esgourdes à ses fans français. Cette fois, pas de première partie (enfin, pas de DJ - car c'est bien de cela dont il s'agit - contrairement aux deux concerts précédents donnés dans la capitale, pour chauffer la salle), on nous annonce un gros set (comme toujours, non ?) sans entracte (pareil). Le concert n'affiche pas complet mais la salle est très bien remplie... et à vingt heures pétantes, le show (terme généralement non usurpé quand on parle d'Avantasia) peut démarrer. Et c'est parti pour (presque) trois heures d'opera rock / power metal à grand spectacle pendant lesquelles on va retrouver des choses attendues / familières mais également pouvoir remarquer quelques changements. 
On s'y attendait, c'est Creepshow, gros tube (à peine hard) rock qui ouvre le bal. Ce nouveau morceau (qui ouvre également Here Be Dragons) plait ou agace dans sa version studio mais en live, il fonctionne très bien et plait à l'assistance... mais tout de même pas autant que le culte et speed Reach Out For The Light en seconde position. C'est sans doute le moment de dire un mot sur le line-up. Michael Kiske ne tourne malheureusement plus avec Avantasia depuis qu'il a rejoint Helloween, c'est dommage. Mais Adrienne Cowan (Seven Spires) s'en sort admirablement à sa place et provoque d'ailleurs une ovation du public lors d'une superbe montée dans les aigus juste avant le break du morceau.  
Autres absents du line-up (plus ou moins) habituel ce soir : Bob Catley (Magnum) retenu en Angleterre pour soucis de santé et Jorn Lande que j'aurais bien aimé revoir tant il est impressionnant... J'ai bien eu peur qu'un autre chanteur que j'affectionne particulièrement ne soit pas au rendez-vous mais non - énorme surprise - Ronnie Atkins (qui n'était pas présent sur les premières dates de la tournée) débarque sur scène pour le cinquième morceau de la soirée, Phantasmagoria, alors qu'un peu plus de vingt-quatre heures auparavant, le monsieur achevait la croisière Monsters Of Rock - à laquelle il participait avec Pretty Maids - entre Miami et les Bahamas et se trouvait donc à l'autre bout de la planète. Ca fait plaisir ! D'autant plus que le chanteur est en forme et va briller ce soir (ce qui est doublement émouvant quand on sait son combat contre le cancer ces dernières années). 
Mais alors que l'on retrouve beaucoup de musiciens ou vocalistes habituels (le fidèle batteur Felix Bonhke, le guitariste Sascha Paeth, le claviériste Michael "Miro" Rosenberg, Eric Martin, Herbie Langhans aux chœurs mais qui descendra participer à quelques morceaux en duo avec Tobi ou autres chanteurs...), on découvre deux petits nouveaux qui tournent pour la première fois avec Avantasia : Tommy Karevic (Kamelot), qui arrive tôt sur scène pour interpréter - sans aucunement nous décevoir - The Witch extrait du nouvel album ainsi que l'énergique Kenny Leckremo (H.E.A.T.)... et le moins que l'on puisse dire est que ce sont des recrues de choix. Ces deux chanteurs vont en effet nous offrir des prestations qui vont compter parmi les plus belles du concert. Mention spéciale à Leckremo, tout sourire, qui fait preuve d'un enthousiasme hyper communicatif et chante incroyablement haut, fort et juste (reprenant sans problème les parties de chant livrées à l'origine par Michael Kiske ou Russell Allen en studio).  
La soirée a superbement démarré avec un public conquis et qui fait le savoir (quelle ambiance !), des musiciens au top, une scénographie soignée avec écran géant et décor recréant l'atmosphère gothico-fantastico-mystérieuse que l'on retrouve sur les artworks du groupe, des invités de choix qui se succèdent, un assez bon équilibre entre nouvelles compos et détours par le passé... Aucun bémol à signaler ? Si mais l'ensemble est tellement convaincant et on passe un si beau moment qu'on ne va pas trop s'éterniser dessus. Disons juste que les guitares pourraient être plus audibles (le son est globalement bon mais les riffs ne ressortent pas assez, la batterie pourrait, elle, être un poil moins en avant), que bien que Tobias nous annonce qu'il vont jouer pas mal de vieux morceaux (ce qui est vrai), les Metal Opera sont toujours un peu sous-représentés (surtout le second volet dont on n'aura que très brièvement le refrain de Seven Angels pour conclure le show) et qu'un des chanteurs de la troupe est en trop petite forme pour convaincre (c'est sans surprise le charismatique et fun Eric Martin pour qui j'ai une grande affection qui ne brille vraiment pas ce soir... cela fait des années que sa voix est fatiguée et qu'il montre ses limites sur scène, je me dis qu'il devrait songer à arrêter quelques temps car là, c'est vraiment pas terrible... et ça me peine d'écrire cela). Voilà pour la partie "perfectible". A part cela, que du positif ! 
Les moments forts ? Il y en a tellement eu qu'on ne les listera pas tous. Il y a évidemment d'excellentes compos que je retrouve avec plaisir (Let The Storm Descend Upon You, Shelter From The Rain, Sign Of The Cross, The Wicked Symphony, The Story Ain't Over sur laquelle Tobi rend hommage à Bob Catley en imitant sa gestuelle et sa façon de chanter, moment très fun...) et d'autres morceaux rarement voire jamais joués chez nous comme Devil In The Belfry, The Toy Master ou Death Is Just A Feeling qu'on n'attendait pas forcément. Les nouveaux morceaux passent bien, surtout Avalon (en duo avec Cowan) et la speed Against The Wind (sur laquelle Leckremo fait des étincelles). Je revois même la chanson Here Be Dragons un peu à la hausse (elle ne m'a pas passionné sur album)... et me rends compte à quel point elle est assez ambitieuse d'un point de vue vocal (Sammet nous dit d'ailleurs qu'elle est vraiment dure à chanter mais qu'il va quand même le faire). La troupe qui semble vraiment s'éclater sur scène nous sert donc pas moins de vingt-trois titres sur deux heures cinquante de show. Généreux. Et si vous aimez particulièrement l'album The Scarecrow, c'est encore mieux pour vous, puisqu'il est aussi représenté que Here Be Dragons avec pas moins de six morceaux (les voilà donc, les "vieilles" chansons dont Sammet parlait en début de concert).  
Un concert d'Avantasia n'en est pas vraiment un sans les discours et blagues de son leader. Là aussi, on a été sacrément servis ! Tobias a vanté les qualités de son nouvel album en disant que ok, The Number Of The Beast était souvent cité comme le chef-d'œuvre d'Iron Maiden, probablement à juste titre d'après lui, alors que là, Avantasia venait de sortir son meilleur opus, voire tout simplement le meilleur album que l'humanité ait connu. Il a présenté Devil In The Belfry en nous disant qu'il espérait qu'on aimait le power metal et que si ce n'était pas le cas, dommage car il y allait avoir d'autres morceaux de ce style dans la soirée. Il a planté Against The Wind en attaquant le premier couplet trop tôt et a retourné le truc en nous disant que le pour le prix d'un billet, on allait être les premiers à avoir la chance d'avoir deux fois le début de la chanson, puis a faussement reproché à son groupe de s'être trompé en prétextant qu'il venait de réarranger la compo et qu'ils auraient dû le savoir / être dans sa tête, depuis le temps qu'ils travaillaient avec lui. Il nous a également informés que Here Be Dragons était numéro un en Allemagne, pour nous dire qu'on savait ce qu'il nous restait à faire... Evidemment, il nous a fait entonner la fameuse Marche des Gendarmes si chère à son cœur, a rappelé avec émotion l'histoire d'amour entre la France et lui et a remercié le public très chaleureusement à plusieurs moments de la soirée, a joué du piano sur Lucifer (avec quelques notes d'Edge of Thorns de Savatage - meilleur groupe du monde, faut-il le rappeler ? - en intro), a expliqué que le piano était censé s'enflammer mais qu'ils n'avaient pas eu l'autorisation et que, de toute façon, pas besoin de pyrotechnie avec un public en feu... et j'en passe. Vous l'aurez compris, le frontman était, verbalement (et vocalement, soit en dit en passant), en forme. 
Au final, même si quelques absences regrettables (Kiske, Lande, Catley... oui, on ne peut pas avoir tout le monde et, certes, un peu de changement c'est bien aussi) m'ont fait craindre un concert moins mémorable que d'autres anciens shows et bien que le final fut un peu expédié (le medley Sign Of The Cross/The Seven Angels où tout le monde revient sur scène m'a semblé bien plus court que d'habitude), quelle belle soirée ! Sammet est un meneur de revue hors-pair qui a su convier du beau monde et concocter un spectacle enthousiasmant avec humour et panache, prestations vocales de haut niveau (même si certains intervenants s'en sortent mieux que d'autres), un visuel cool et une setlist généreuse et remaniée qui a offert quelques belles surprises et moments d'extase. Bravo ! Et n'oublions pas le public qui a largement contribué à la réussite de cette soirée en mettant une ambiance de feu. Oui, nous ne sommes qu'en mars mais je l'affirme sans crainte, nous tenons-là l'un des grands concerts de l'année 2025, c'est une certitude. Un grand merci à Veryshow pour l'accréditation ! P.S. : Et pour des photos (celles de cet article et quelques autres) en plus haute résolution, c'est ici. 
Setlist Avantasia : Creepshow Reach Out For The Light The Witch Devil In The Belfry Phantasmagoria What's Left Of Me Dying For An Angel Against The Wind Here Be Dragons The Story Ain't Over Avalon Let The Storm Descend Upon You Promised Land The Toy Master Twisted Mind The Wicked Symphony Shelter From The Rain Farewell The Scarecrow Death Is Just A Feeling Lucifer Lost In Space Sign Of The Cross / The Seven Angels
|