Céphée Lyra

Interview date

02 Février 2012

Interviewer

christian

I N T E R V I E W

Interview Céphée Lyra (face à face)


Quel chemin parcouru depuis le Lycée ?

Maud : Après le Lycée, j’ai passé une année en Finlande comme lycéenne puis j’ai fait ma fac avant de monter sur Lyon pour entamer une activité professionnelle qui ne me satisfait pas complètement…

Sylvain : J’ai fait une année de fac qui ne m’a pas servi à grand-chose (étant donné que j’en glandais pas une…) sinon à rencontrer Aurélien, ensuite j’ai décroché un BTS avec lequel je n’ai pas réussi à trouver du boulot du coup j’ai fait deux, trois petits jobs qui n’avaient pas de rapport avec ma formation. J’ai alors décidé de me lancer dans les cours de guitare depuis septembre dernier pour à terme essayer d’en vivre…

Hector : Moi je les ai rencontrés par le biais de mon ancien groupe Last Ritual. Sylvain m’a proposé de les rejoindre en 2009, j’étais alors en prépa sur Grenoble, maintenant je suis en alternance sur Paris (ce qui ne facilite pas les répètes…) en contrat jusqu’en décembre 2013. Après, on verra…

Sylvain : Toi Aurélien, tu n’étais pas dans notre Lycée alors on s’en fout… (rires)

Aurélien : Comme l’a dit Sylvain, on s’est rencontrés en première année de fac sauf que moi, je suis allé plus loin (rires). J’ai eu ma licence et ma première année de master. Je n’ai pas été pris en deuxième année donc je cherche du travail en attendant de retenter ma chance l’an prochain pour clôturer ce master…

C’est difficile en France de concilier études et musique ?

Sylvain : Ca dépend quelles études je pense… On galère presque plus maintenant qu’on rentre dans le monde professionnel pour trouver le temps nécessaire pour faire de la musique…

Maud : Si je compare avec la Finlande que je connais bien : la différence pour un musicien se situe surtout dans les facilités à répéter, jouer en concert, c’est beaucoup plus difficile ici !

Je vous pose cette question parce que j’ai le sentiment que votre niveau technique à tous les quatre a considérablement progressé et je suis conscient que vous êtes amenés à faire des sacrifices sur votre temps libres…

Hector : Ce n’est pas du sacrifice parce quand on atteint un certain niveau, on sait quels sont les morceaux qu’on maîtrise et quand on joue ensemble, c’est la passion qui nous anime…

Sylvain : Quand on se lance dans un nouveau morceau, on place systématiquement la barre un peu plus haut et chacun travaille pour être à la hauteur de la demande du groupe : c’est comme ça qu’on progresse !

Dans la mesure où vous êtes aux quatre coins de l’hexagone, comment faites-vous pour composer ces morceaux ?

Sylvain : En général, c’est moi qui compose à la maison en écrivant toutes les pistes sauf le chant puis je leur fais écouter et une fois que c’est validé par le collectif, chacun travaille sa partie en la mettant à sa sauce (Hector me fait par exemple remarquer qu’il n’a pas les dix bras d’une pieuvre…)

Hector : On travaille pas mal par mails, on n’est pas du genre à dire « on a là un bon morceau » qu’on travaille ensemble… Les mails nous permettent déjà de finaliser un morceau et quand on se voit, le morceau est calé et chacun le maîtrise à 80% !

Maud : Et ça fait longtemps qu’on procède de cette manière, on ne perd alors pas de temps en répète vu qu’on en a pas beaucoup…

J’ai assisté à cette répète et c’était quasiment un concert !

Sylvain : C’est normal puisqu’on t’a joué deux morceaux qu’on a déjà enregistrés !

Maud : De toutes façons, en répète même si on foire à des moments on s’arrête pas parce que c’est nécessaire pour les concerts de savoir continuer coûte que coûte... on n’a pas le choix en concert !

Sylvain : Toutefois, si on a une partie qui nous pose problème, on va la faire tourner jusqu’à ce qu’elle soit bien carrée…

Vos réponses m’amènent à vous poser la question suivante : c’est quoi pour vous la maturité en matière de musique ? (Silence…) Il est souvent possible de repérer l’histoire de certaines formations en écoutant chronologiquement leurs albums et pour moi, il s’est passé quelque chose chez Céphée Lyra après l’album avec cet EP !

Hector : Si on se réfère à ce qu’a été l’enregistrement de cet EP par rapport à l’album, c’est sûr parce que quand on s’est pointé pour enregistrer l’EP, tout était calé alors que l’enregistrement de l’album nous a pris la tête pendant presque un an… Là, en un été ça a été fait !

Maud : La différence entre l’ancien et le nouveau, c’est que l’ancien nous a tellement mis sur les genoux qu’on savait ce qu’on ne voulait pas revivre cette fois-ci et c’est vraiment l’expérience de l’autre qui nous a permis de faire ça !

Est-ce la raison pour laquelle c’est un EP ?

Sylvain : Non, c’est juste qu’on a pas vu l’intérêt de faire un deuxième album alors qu’on a toujours pas de label. On s’est dit autant démarcher avec quelque chose de sérieux, quatre titres efficaces quitte à produire le deuxième album plus tard…

Il y a certes quatre morceaux mais ils sont plus longs que par le passé : vous n’aviez jamais écrit un morceau de dix minutes ?

Maud : Avant de s’appeler "A Matter Of Personal Worth", ce morceau s’appelait d’ailleurs "morceau long" ! Quand Sylvain nous envoyait les partoches avant, il donnait un titre à chaque compo et moi qui me charge des textes, ça me bridait complètement. Du coup maintenant, le titre est plus simple : morceau bourrin, power ballade ou morceau long par exemple ! Je reçois le morceau arrangé par chacun et à partir de là, je m’imprègne de la mélodie, je fredonne le refrain et soit la musique guide le texte, soit c’est mon humeur du moment qui m’aide à écrire les textes : sur tel ou tel riff, je vais avoir tel ou tel sentiment qui va se dégager et là après les mots sortent tout seuls et généralement, j’écris le texte en même temps que je compose la mélodie… Après, ça je le teste en répète quand eux sont au point instrumentalement et autant pour la mélodie, ils me donnent leur point de vue, autant pour les textes, j’ai carte blanche…

Sylvain : L’écriture de Maud colle bien à la musique donc on ne voit pas l’intérêt de retoucher !

Vous parlez tous Anglais couramment ?

Maud, Sylvain, Hector, Aurélien : ouais, ouais on comprend les textes !

Je dis ça parce que ce n’est pas mon cas…

Hector : Moi, je vois ce que tu ressens : les mots, je les comprends mais globalement, ils n’évoquent rien !

Sylvain : Pour ce qui est des textes en français, j’ai beaucoup de mal. Un groupe de metal qui chante en français, j’adhère pas : c’est ringard à souhait, t’écoutes plus les paroles que la musique…

Maud : Pourtant quand tu compares les textes de Manigance, par exemple, aux nôtres, on dit à peu de choses près la même chose !

Sylvain : Je dis pas le contraire…

Maud : Mais y a pas la sonorité ?

Sylvain : Après, ceux qui veulent comprendre nos textes peuvent un petit travail de traduction à partir du livret…

Maud : Au début, j’étais assez partante pour alterner avec des textes en Français et puis, quand j’ai essayé d’écrire en Français, je n’y arrivais pas : quand je fredonne, ce sont toujours des mots en anglais qui me viennent ! Avec le conservatoire, j’ai été amenée à chanter dans plusieurs langues et il y a vraiment des langues dans lesquelles je n’aime pas chanter : le français, j’aime pas, les sons en on, in, an, ça ne passe pas alors que les sons anglais i, a, c’est beaucoup plus chantant ! Et l’opéra par exemple, je préfère le chanter en allemand plutôt qu’en français…

Dans "A Matter Of…" quel est le message ?

Maud : Le désir de se rebeller, ne pas se laisser faire face à l’agression permanente et c’est ce qui explique qu’en concert, le cri final, j’ai du mal à m’économiser dessus…

Maintenant sur le plan musical, ce morceau laisse entrevoir notamment dans le pont des influences nouvelles qu’on ne vous connaissait pas : il y a un côté jazzy ? Pour moi, c’est un super morceau qui souligne une évolution et qui devrait bien marcher en concert.

Maud : On l’a testé plusieurs fois dont une fois au cours de laquelle on a d’ailleurs loupé le pont en question et malgré tout, on parvient à convaincre même des non fans de metal…

Aurélien : La prochaine fois, ça sera encore mieux !

Justement, la prochaine fois : c’est quand ?

Sylvain : Rien de fixé pour l’instant mais ça devrait arriver prochainement, avant l’été en tout cas !

Cet EP est auto-produit : où en sont vos contacts avec d’éventuels labels ? Vous êtes affichés « metal prog » ?

Sylvain : On ne sait pas trop comment notre musique est perçue : prog, lyrique…

Maud : Je suis gênée par cette étiquette « symphonique » qu’on nous a collée sous prétexte de mon chant dans le précédent album. Or « symphonique » suppose l’accompagnement d’un orchestre : il y avait bien quelques orchestrations mais pas de quoi nous étiqueter !

Cet EP avec ces quatre morceaux très différents va à l’encontre de cette étiquette !

Sylvain : Tu as raison. "Shelter Of Time", par exemple, diffère des autres par son efficacité et sa simplicité. C’était aussi notre volonté en faisant un EP, ne pas chercher l’unité à tout prix ! Quant à la power ballade "First And Ever", elle est là parce qu’on… l’aime bien !

Lors du concert de l’été dernier, vous étiez cinq ! Vous n’êtes plus que quatre…

Maud : Aurélien nous a rejoint depuis et nous nous sommes séparés de Stéphane notre claviériste et de Julien notre guitariste rythmique… Nous avons un peu hésité pour savoir si nous nous en sortirions à quatre et le concert au Stage a précipité les choses, Aurélien a enrichi ses sons et les samples ont suppléé à l’absence de claviers…

Sylvain : Cette nouvelle formation nous convient parce qu’il faut reconnaitre que deux guitares, c’est difficile à régler et les morceaux d’origine avaient été composés pour une guitare unique et quand on s’est remis à quatre on a senti tout de suite qu’on était plus efficaces ! On a vécu à deux guitares des passages brouillons tant en répètes qu’en concert… Quant au remplacement de Stéphane aux claviers, il avait un excellent niveau et il s’avère difficile de dénicher localement son remplaçant ! Ce qui explique peut-être que cet instrument soit mis en retrait dans l’EP par rapport à l’album …

Maud : Et mine de rien, moins on est nombreux dans un groupe et plus les choses s’organisent facilement…

Aurélien : Quatre c’est le bon chiffre !

Avez-vous des projets parallèles ?

Sylvain : Oui, je joue aussi dans un groupe de death metal progressif histoire d’expérimenter le côté agressif que je laisse de côté à la gratte avec Céphée Lyra… Ca s’appelle Birden !

Maud : Moi jusqu’à il y a un mois je faisais partie d’une troupe lyrique où j’étais soprano soliste mais c’était contraignant en terme de disponibilités et j’ai donc pris la décision d’arrêter…

Hector : Je joue avec des potes mais ce n’est qu’amical…

Maud : Toi Aurélien tu n’avais pas un groupe de reggae ? (rires)

Aurélie : Oui j’ai fait un peu de batterie avec des copains de promo : ce n’était pas que du reggae mais plutôt freestyle !

Il me reste à vous remercier de votre disponibilité et souhaiter qu’un label lise cette interview et vous contacte parce que vous méritez assurément davantage d’audience !

Sylvain, Maud, Hector et Aurélien : Merci à toi…


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