Artiste/Groupe:

Wolfmother

CD:

Wolfmother

Date de sortie:

2005

Label:

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

ced12

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Wolfmother, c’est l’exemple assez classique du groupe claquant LE tube qui transcende les genres musicaux avant d’imploser et/ou décevoir son auditoire et rebasculer dans un anonymat quasi-total malgré quelques fans irréductibles restés fidèles. Car oui, Wolfmother existe encore et propose régulièrement de nouveaux albums. Certains s’en souviennent ou pas mais le morceau Joker & The Thief fit un immense buzz et Wolfmother était alors une jeune étoile montante. Il y avait de quoi, on retrouvait un son assez typique 70’s et la voix d’Andrew Stockdale renvoyait à Led Zeppelin et Black Sabbath, deux références s’il en est. Sincèrement, à l’époque, je pensais qu’on tenait là l’avenir d’une scène hard rock en retrait malgré un certain revival du genre. La désillusion n’en fut que plus grande. Plus que des influences bien marquées, on trouve aussi de sacrés bons titres tels que White Unicorn, Woman et bien sûr ce fameux Joker & The Thief (que l’on retrouvera au cinéma - l’inoubliable Very Bad Trip - et dans divers jeux vidéos). Le trio australien, alors solidaire, fonctionnait bien avec Chris Ross à la basse et aux claviers et Miles Heskett à la batterie. On tenait là un très bon disque de hard rock, bien fourni, dense et réveillant une tradition glorieuse. Quant à Andrew Stockdale, avec une voix follement originale, attachante et un charisme réel, il devint instantanément une star et les lumières se braquèrent sur lui. L’échiquier était alors en place pour que tout parte en vrille. Cela ne manqua pas d’arriver. 

A l’instar d’un autre groupe australien ayant réalisé une honnête carrière, cette sortie fit l’objet d’édition australienne puis d’une édition internationale et même américaine. La méthode AC/DC (oui je parlais d’eux) ayant fait ses preuves, on la reprend sans soucis. Tournée complète, invitations dans de prestigieux festivals, Wolfmother a le vent en poupe. Le petit live qui suivra ce premier album aura lui aussi son petit succès et les attentes sont maximales ! Le groupe n’échappera malheureusement pas au syndrome « immense succès » et implosera littéralement, Ross et Heskett quittant le groupe avec pertes et fracas invoquant des différences personnelles et musicales irréconciliables avec un Stockdale sans doute atteint du syndrome « prise de grosse tête ». On n’entendra plus parler d’eux quand Stockdale continuera Wolfmother, transformant le groupe en projet solo. Le disque Cosmic Egg bénéficiera de l’effet Wolfmother sans rééditer l’exploit de ce premier disque incandescent. Depuis, les autres disques sont, je le crains, passés inaperçus. 

Détail cocasse, ce sont deux ex-membres de The Vines (Hamish Rosser et Brad Heald), autre groupe ayant également connu un démarrage spectaculaire avant, lui aussi, d’imploser dans les règles de l’art à cause d’un chanteur ingérable, qui ont rejoint la nouvelle mouture de Wolfmother. Et je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de mentionner un inoubliable concert de The Vines à l’Elysée Montmartre... avec un chanteur insupportable, des interprétations indignes d’un groupe professionnel pour un show de quarante-cinq minutes se finissant sous les huées d’un public déçu à la nuit non encore tombée.
Succès aussi éphémère qu’impressionnant, ce premier Wolfmother reste un très grand disque. On garde un réel sentiment de gâchis à propos de cette formation au potentiel réel. Le monde la musique regorge de groupes n’ayant pas su gérer un succès foudroyant. C’est compréhensible tant le business se montre d’une exigence folle parfois, les groupes semblant tomber dans un tourbillon de sollicitations, de concerts et autres demandes en tous genres. L’argent coulant à flot, pas impossible que des intermédiaires ne pensent plus qu’à engranger à court terme et non à investir sur du plus long terme. C’est la rançon d’un système pas toujours très sain avec des musiciens perdant parfois le sens du réel (je pense beaucoup à un certain Axl Rose à vrai dire). 

Tracklist de Wolfmother :

01. Dimension
02. White Unicorn
03. Woman
04. Where Eagles Have Been
05. Apple Tree
06. Joker & The Thief
07. Colossal
08. Mind’s Eye
09. Pyramid
10. Withcraft
11. Tales
12. Love Train
13. Vagabond

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !