Artiste/Groupe:

Vitriol

CD:

Suffer & Become

Date de sortie:

Janvier 2025

Label:

Century Media Records

Style:

Death Metal

Chroniqueur:

ced12

Note:

15/20

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L’information n’aura probablement pas échappé aux lecteurs : fin novembre 2025, le groupe originaire de l’Oregon Vitriol a viré son chanteur sur une aire d’autoroute. Enfin viré, pas vraiment non. Keith Merrow (guitare), Brett Leier (basse) et Andy Vincenzetti (batterie) ont quitté le groupe laissant le seul vocaliste Kyle Rasmussen (cofondateur du groupe) de fait dernier membre du groupe. C’est donc peut-être une chronique sur un groupe qui n’est plus que le lecteur a sous les yeux. Quoique Vitriol est annoncé sur la tournée des brutaux Bölzer, shows prévus en février prochain (ce qui va arriver vite de fait). Qu’en sera-t-il ? Bonne question …

Soyons francs, c’est cette improbable séparation dans une station-service qui m’a poussée à écrire cette missive. Car je l’admets, le death technique de Vitriol est un plaisir pour les fans du genre avec les limites inhérentes au genre. Une technicité phénoménale, des plans dans tous les sens mais un excès de démonstration, une volonté d’épater la galerie et un sentiment d’esbroufe qui peuvent pointer le bout de leur nez. Ah cette petite cinquantaine de minutes en met plein la vue, impressionne de par sa technicité, sa virtuosité. Ça laboure, c’est créatif. On le sait c’est un certain Keith Merrow qui y officiait. Aussi impérial dans Alluvial (où il n’œuvre plus) que dans Conquering Dystopia, phénoménal projet accompagné du non moins excellent Jeff Loomis, Keith Merrow est un prodige de la gratte, un artiste à suivre absolument. La fin abracadabrantesque de Vitriol n’en est que plus frustrante.

Enfin quand même, trois musiciens qui prennent leurs cliques et leurs claques, laissant le frontman seul sur son aire d’autoroute avec sa petite amie, son chien et son matos. Keith Merrow dont on devine l’expérience et le professionnalisme s’est contenté d’un « il a déconné, il a payé ». Kyle Rasmussen s’est positionné en victime affirmant même qu’il essayait de calmer ses comparses. Dialogue de sourds ? Communication de chaque côté personne ne souhaitant avoir le mauvais rôle ? Je ne me positionnerai pas (quoique ...) me contentant de relever cette improbable histoire, une des plus fun qui soient vues de l’extérieur. Cela nous renvoie aux difficultés relationnelles dans les groupes, à certains comportements type rock star qu’on espérait ne plus voir. C’est que de telles attitudes nous renvoient à un Axl Rose (pour ma génération) mais il y en a eu tant d’autres. Autre époque, autres mœurs ? L’être humain étant ce qu’il est, on se rend compte que les éternelles difficultés relationnelles entre musiciens sont encore d’actualité. 

On ne sait trop ce que Vitriol va devenir, si le groupe sera de la fameuse tournée avec Bölzer. On sait juste que cette histoire restera comme une bonne plaisanterie, sans conséquence majeure. Un peu de feel-good dans cette époque torturée, ça fait du bien ! Un rappel sur la condition humaine aussi ! Et une petite frustration car Vitriol était un bon groupe, doté de musiciens doués et ce Suffer & Become en est la preuve incontestable !

Tracklist de Suffer & Become :  
01. Shame and Its Afterbirth
02. The Flowers of Sadism
03. Nursing from the Mother Wound
04. The Isolating Lie of Learning Another
05. Survival’s Careening Inertia
06. Weaponized Loss
07. Flood of Predation
08. Locked in Thine Frothing Wisdom
09. I Am Every Enemy
10. He Will Fight Savagely

 

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