Artiste/Groupe:

Vitam Aeternam

CD:

Revelations Of The Mother Harlot

Date de sortie:

Mai 2022

Label:

Crime Records

Style:

Rock Progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

17/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Il y a de ça encore quelques mois, Vitam Aeternam se contentait d’être pour moi un moyen d’étaler sa science en utilisant du latin pour parler de vie éternelle… Mais voilà, au mois d’avril passé, je suis tombé, au cœur de la grande liste de sorties prévues au mois de mai, sur la production d’un groupe nommé Vitam Aeternam qui proposait pour revue leur second album nommé Revelations Of The Mother Harlot. Un album au nom étrange, servi par un trio au cœur d’un projet musical expérimental ; vous pensez donc si j’ai rapidement décidé de me pencher sur l’objet en question ! Pas facile d’accès au premier abord, Revelations Of The Mother Harlot (RotMH) s’est ensuite rapidement montré assez joueur et donc attractif. Construit comme un opera rock, RotMH emmène l’auditeur dans les arcanes créatifs sombres et tortueux de Jake Rosenberg, Râhoola et André Aaslie. Un voyage cinématique tout en clair obscur, en mélodie et en rupture, un voyage spirituel aussi divin que païen.

Bien que d’horizons divers, les trois membres de Vitam Aeternam ont en commun le goût de la composition, le sens de l’arrangement musical et la capacité d’utiliser de multiples instruments et samplers pour faire passer leurs sentiments dans leur musique. Classer RotMH dans la catégorie gothique par son côté grande-messe-sombre serait totalement réducteur. Bien au contraire, l’axe néo-gothique de la musique proposée, s’il ne peut ni ne doit être renié, ne sert finalement que comme fil rouge tout au long des six actes de cette œuvre. Celle-ci, par la folie créatrice des compositeurs, guide l’auditeur dans des univers musicaux aussi différents que finalement homogènes. Et c’est peut-être là, la plus grande force de RotMH ; réussir à rendre parfaitement comestible un mélange musical aussi improbable.

Les six tableaux qui composent RotMH sont aussi différents que complémentaires pour l’histoire racontée. Le premier, Veil Of Isis est une messe noire aux orchestrations grandiloquentes, aux tons sombres et à l’atmosphère inquiétante. L’axe du Mal de ce titre semble amplifié à l’excès, comme les méchants sur-grimés des films muets. Ce premier chapitre et suivi par le lumineux et musical Redemption. Le changement d’instruments et d’arrangement modifie radicalement notre perception. Un titre charnière qui exprime une lutte entre des sentiments opposés. Ce titre permet d’entrer réellement dans le vif et le cœur de l’album. Les trois tableaux qui vont suivre, vont permettre aux compositeurs et arrangeurs d’exprimer au mieux leurs visions. Au cours de ces trente-et-une minutes va se dérouler l’action, la lutte entre le Bien et le Mal. Et celle-ci sera parfaitement exprimée par les thèmes musicaux proposés. Le remarquable Sick And Pious d’abord, aussi visuel que musical. Ouvert comme une messe, ce pur produit progressif va incorporer des flux opéra-rock, gothique, hispanique, romantique ou encore rock progressif psychédélique. Un petit joyau inclassable et stimulant.
L’ouverture de Bardo Thodol reprend au piano le thème musical utilisé dans Redemption. Spatiale et expérimentale, cette promenade de six minutes hors du temps et des chemins tracés, remet en perspective ce qui a été proposé avant en offrant une vision musicale plus proche d’un Mike Oldfield ou d’un Vangelis. Le titre permet également de proposer une pause avant d’entrer dans Promethea, le tableau de fin de l’œuvre.

Ici encore les auteurs compositeurs et interprètes vont proposer un éventail musical aussi large qu’improbable. Hard rock, rap, black metal, electro, flow de paroles, rock et orchestrations magistrales vont se succéder dans un magma pourtant cohérent (si on prend le temps de l’écouter), et permettre au héro de l’histoire de se sauver (« I feel I am alive », il le dit lui-même). La messe est dite et se termine comme il se doit avec Finis Gloriae Mundi, en orgue et chants. Une fin et une œuvre que Freddy Mercury n’aurait peut-être pas reniée. Cet objet n’est certainement pas le plus facile qui vous aura été présenté sur votre site metal-mais-pas-que préféré. Mais tout de même, cela reste un produit assez exceptionnel pour tenter l’expérience d’une série d’écoutes. C’est une aventure émotionnellement enrichissante que Vitam Aeternam nous propose, aussi fascinante qu’irritante. Une attraction musicale à laquelle il m’a été difficile de résister.

 

Tracklist de Revelations Of The Mother Harlot :

01. Veil Of Isis
02. Redemption
03. Sick & Pious
04. Bardo Thodol
05. Promethea
06. Finis Gloriae Mundi

 

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !