Alors oui, la chronique est un peu en retard, il faut bien l’avouer pour un album sorti il y a plus d’un an, mais bon faute avouée me direz-vous…Et puis il aura suffit d’un concert au Vind’Hell Fest pour titiller ma curiosité et aller me plonger dans cet album de Versatile. « Il est complètement dingue » que j’entends par-ci par-là, « il va pas tenir », « il va se crasher »…Et j’en passe. Ce qui sur le papier n’est probablement pas faux puisque je suis très loin de ma zone de confort avec un projet de black horror metal. Hé oui m’sieur dame, on va partir très loin dans le sombre, le dark, l’horror, les peurs et les craintes.
Versatile s’est formé en 2019 en Suisse grâce au chanteur Hatred Salander qui a réuni Cinis et Famine aux guitares et Morphée à la batterie. Surprenant puisqu’on trouve deux guitares, mais pas de basse, cette dernière est apportée par tout un ensemble d’éléments electro qui font le job, rassurez-vous. En premier lieu, il convient de se pencher sur le côté visuel du groupe puisqu’ils se présentent maquillés…très maquillés plutôt pour un rendu d’une qualité et d’une esthétique rarement atteintes. On sent bien que Versatile est un projet global, autant visuel que musical. Après une intro plutôt bien foutue (Gehenne), on plonge dans cet univers black horror metal. Le chant de Hatred est très varié, entre voix d’outre tombe, chant hurlé, et passage plus clair (mouais, toutes proportions gardées). L’absence de basse n’est pas handicapante puisque le groupe nous offre des passages electros bien foutus, très présent, sous pour autant qu’ils apparaissent comme des couches supplémentaires et inutiles. Les morceaux s’enchainent et l’album passe crème du début à la fin, ce qui finit par me surprendre puisqu’il est, certes d’une puissance noire extrême, mais aussi assez simple d’approche. Bon ok, la batterie le Morphée est d’une bourrinitude de folie et appuie dans la terreur du projet.
Rien de redondant, mais dix titres plutôt bien ficelés dont je ne peux que recommander l’inquiétant Leshara qui reste selon l’auteur de ces lignes comme l’un des sommets de cet album (c’est mon avis, je le partage et je l’assume), ou encore Cave Canem et sa puissance à décorner un buffle.
Alors oui avec Les Litanies du Vides, cet album de Versatile va plonger l’auditeur dans une torpeur très étrange, faite de noirceur, de peur, de puissance, de tout ce qui inquiète en somme. Si ce n’est pas l’album le plus simple d’approche qu’il soit, il faut reconnaitre que le groupe nous offre un vent nouveau dans ce style, en y apportant sa touche personnelle. Bon moi j’aurais prévenu, ça peut décoiffer au départ, mais il est fort probable que vous accrochiez à Versatile après les avoir entendus. Il ne reste plus qu’à aller les voir sur scène pour prolonger l’expérience.
Tracklist de Les Litanies du Vide : 01. Gehenne 02. Enfant Zero 03. La Régente Blême 04. Leshara 05. Cave Canem 06. Morphée 07. Graisse 08. Monstre 09. Alter Ego 10. Le Mal Nécéssaire