Artiste/Groupe:

Trolldom

CD:

I Nattens Sken (Genom Hemligheternas Dunkel)

Date de sortie:

Mai 2022

Label:

Iron Bonehead Productions

Style:

Black Metal atmosphérique

Chroniqueur:

Mythos

Note:

16/20

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Swartadauþuz, alias le Monsieur aux mille et un projets – pour ne citer que les plus notables : Azelisassath, Bekëth Nexëhmü, Gnipahålan, Lykta, Mystik, Summum, Urkaos – enchaîne un deuxième album pour Trolldom. Deuxième album qui suit de près le précédent, puisque lui aussi sorti cette année sous le titre de Av Gudars Ätt. Je ne compte évidemment pas les projets précités qui ont eu le droit également, à un (ou des) album(s) ces dernières années.

Prolifique le Monsieur, certes, mais je n’irai pas jusqu’à le comparer au notable Vardan, puisque malgré ce stakhanoviste de masse, Swartadauþuz daigne - au moins - nous offrir des albums aux caractéristiques forts différentes en piochant dans un panel assez large des sous-genres du Black Metal en général. Trolldom est la partie atmosphérique de l’iceberg, voir même un peu symphonique, des projets du Suédois.

Entre un Maleficentia boosté aux hormones de croissance et un Emperor plus classique, Trolldom tire sa force dans les références et l’exécution. Sans être imbuvable, loin de là, I Nattens Sken (Genom Hemligheternas Dunkel) ne lâche jamais la pédale. Les guitares proposent de fières envolées, le chant est épique, strident et puissant, quand la batterie poursuit le travail du rythme et de la mesure du temps.


Le tout donne à ce second opus un côté très « magistral », altier dans son approche du Black Metal atmosphérique. C’est pourquoi je m’efforce plutôt de le tendre vers le symphonique. Les quelques sept minutes de Inom Nattens Eviga Rit démontrent en effet cette approche chiadée et éloquente de ce style de Black Metal. Il faut dire que Swartadauþuz y met du sien. Sa voix est somptueuse, alternant les cris hurlés aux soubresauts les plus graves. Le bonhomme a une capacité vocale assez admirable, c’est incroyable.

Trolldom tire d’Emperor (ou Anorexia Nervosa pour la France) sa qualité de composition, la complexité des harmonies, la rapidité de l’agencement, mais pas tellement le côté synthé et trop symphonique de ces deux derniers. C’est sans doute là où réside la force du groupe suédois, évitant la copie et l’embellissant d’une pureté atmosphérique qui lui permet de sortir de si lourdes références et d’acquérir ses propres lettres de noblesse. Parce qu’au risque de me répéter, cet album est fier, grandiose sans être grandiloquent. À la fois pur et sophistiqué. Et si mon argumentaire ne sous satisfait pas, alors commencez par admirer la belle pochette de I Nattens Sken (Genom Hemligheternas Dunkel), reprise de l’illustration Les Anges déchus de Gustave Doré pour Le Paradis perdu de John Milton. C’est de l’éculé, mais ça fait toujours son petit effet.

Tracklist de I Nattens Sken (Genom Hemligheternas Dunkel) :

01. Under Vinternattens Dystra Fullmane

02. Ondskans Svarta Broderskap

03. Nattens Furste

04. Inom Nattens Eviga Rit
05. Nattmorkrets Svarta Skugga
06. Vid Hans Tron Morkret Vilar
07. Draparen Av Livets Veke
08. Till Ruinens Svarta Rike

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