Formé à Nice en 2018, c’est ce que dit le Bandcamp du groupe car le trio est en fait éparpillé entre Marseille, Nice et Lyon. TORU a d’abord sorti en 2020 un 6 titres éponyme qui a tout d’un premier album avec ses 36 minutes au compteur, puis le groupe réapparaît en 2024 avec un split 3 titres accompagné de CR3C3LL3 et Teufelskeller. Voici donc le deuxième album de Toru, Velours Dévorant. Très avant gardiste et ne se refusant aucune limite, j’aime beaucoup l’étiquette que se colle le groupe : free noise rock. Il suffit de se pencher sur les instruments utilisés par les multi-instrumentistes qui composent Toru. Héloïse Franscesconi : guitar, modular synthesizer, objects, flute, noise, Arthur Arsenne : 8 strings guitar, guitar, bass, synthesizer, bells, noise, Nicolas Brisset : drums, percussions. C’est bien tape à l’œil tout ça, mais encore faut-il que ce soit cohérent et écoutable. Pour y aider, rien de tel qu’une super prod comme celle réalisée par Nicolas Dick à l’enregistrement au studio Le Puits Sonore à Gardanne, et le mixage et mastering réalisé par Arthur Arsenne au Green Noise studio. Bravo, le son est excellent et chaque instrument est très bien mis en valeur et parfaitement audible. Ça commence tambour battant avec VHS, ça tabasse fort direct, on en prend plein la tronche, un mur de guitares et de cymbales s’abattent sur nous et on aime ça. C’est électrisant, éprouvant même, mais une accalmie arrive à 3 min pour nous laisser souffler. Le temps d’apprécier la basse, le côté plus dépouillé de Toru. La tornade repart de plus belle jusqu’à la fin du morceau. Autre titre, autre toile. Voiles est assez incroyable d’intensité, un démarrage pied au plancher qui se poursuit pendant les 3 premières minutes. Puis le calme, l’introspection, le psyché fusionne avec le cosmique, c’est tellement brutal que c’est surprenant, Toru aime les contrepieds. C’est là où le math et l’expérimental est intéressant, savoir casser les codes, nous entraîner dans des sentiers que nous avons rarement empruntés. Place maintenant à mon titre préféré de cet album, Volutes est envoûtant, les percussions très présentes sur ce titre sont excellentes, les samples du synthé, les cymbales, tout s’imbrique parfaitement. La richesse musicale de ce titre se suffit à elle-même. Il est difficile de rattacher Toru à un autre groupe, parfois le groupe a des envolées sonores et des accélérations brutales très math metal, mais pas plus que ses expérimentations free noise rock ambiant, et pas plus non plus que ses moments mélodiques. Et avec tout ça Toru a réussi à faire un album cohérent, intéressant et qui tient en haleine du début à la fin. Tracklist Velours Dévorant : 01.VHS 02.Voiles 03.Volutes 04.Vermeilles 05.Velours Dévorant
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