Artiste/Groupe:

Tjaktjadálvve

CD:

Encompassing Nothingness

Date de sortie:

Février 2026

Label:

Indépendant

Style:

Black Metal, DSBM et Black Atmosphérique

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

17/20

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Tjaktjadálvve est un projet suédois de DSBM en solo, fondé en 2022 par le guitariste prolifique Matthew Bell Troldhaugen (connu aussi sous le pseudonyme Wizardthrone, entre autres et sous le nom de M.) Le premier album, Lifeless, sort la même année, suivi un an plus tard par Echoes On A Windswept. Bien que ces deux opus aient été globalement bien accueillis, c’est aujourd’hui que la carrière de Tjaktjadálvve semble prendre un tournant décisif. Trois ans après ses débuts, M. revient avec un troisième album, Encompassing Nothingness, qui non seulement surpasse en qualité ses deux prédécesseurs, mais éclipse aussi la plupart des productions récentes du milieu DSBM. C’est une affirmation forte, je le reconnais, mais je suis convaincu que mes mots trouveront tout leur sens une fois que vous aurez découvert la beauté atmosphérique et l’émotion brute qui habitent cet album.

Encompassing Nothingness est de ces rares disques où l’on doit prendre le terme « dépressif », accolé au DSBM, avec une certaine distance. On y trouve en effet une expérience d’écoute bien plus envoûtante que déprimante, à l’instar des œuvres de groupes comme Austere, Woods Of Desolation ou Gris. Ce style de black Metal peut s’avérer une forme de thérapie, capable d’élever l’esprit et l’âme lorsque l’on traverse une période particulièrement sombre. La production brute et authentique, les trémolos hypnotiques, les nappes de claviers envoûtantes, les atmosphères chargées d’émotion et les hurlements déchirants produisent, contre toute attente, un effet positif sur l’état mental de l’auditeur. C’est là que se concentre toute la réussite de cet album.

L’album ne compte que quatre titres pour une durée totale de trente-deux minutes, mais ce qu’il perd en longueur, il le compense amplement par la densité de son atmosphère, la profondeur de ses émotions et son caractère inoubliable. La couverture, représentant une forêt nordique grise, froide et brumeuse, est sobre mais évocatrice, et donne une image fidèle de ce qui vous attend, amies lectrices et amis lecteurs : une musique à la fois sombre et d’une beauté saisissante. Les morceaux s’enchaînent avec fluidité, reliés les uns aux autres par le souffle d’un vent glacé et hurlant. Ces interludes s’harmonisent parfaitement avec les passages synthétiques et atmosphériques, qui captent l’essence même d’un hiver nordique impitoyable, et viennent rompre la structure traditionnelle du black Metal.

L’instrumentation, minimaliste à l’extrême, atteint pourtant son but avec une efficacité redoutable : elle devrait vous plonger sans faillir au cœur de son atmosphère tout en jouant avec vos émotions. Les riffs en trémolo, se répètent en boucles semi-mélodiques et hypnotiques, à des tempos lents ou modérés, baignés d’un son rugueux et glacé, tandis que la basse pulse au rythme de la batterie. Les vocaux, fidèles à l’esthétique du style, sont interprétés avec une passion déchirante, chargée de douleur et d’angoisse, typique du DSBM émotionnel. À travers les hurlements, les cris et les gémissements, on perçoit toute la souffrance du chanteur, mais aussi une étrange consolation, une chaleur intérieure qui naît de cette communion, promenant l’auditeur à travers les sentiers obscurs de la dépression.

Les trois premiers morceaux cochent toutes les cases (le truc dont j’ai horreur, les listes à cocher... mais c’était pour l’image ..) d’un mélange exceptionnel de DSBM et de black atmosphérique. Cependant c’est le dernier titre, une pièce de dix minutes qui donne plus que son nom à l’album, qui se distingue radicalement des trucs et machins traditionnels. Ce final incarne l’apogée même de ce que ce le genre peut offrir : une fusion de la férocité brute du black Metal traditionnel, d’atmosphères hivernales hostiles et d’une mélancolie puissante à vous serrer le bide. Les claviers y sont d’une mélodie envoûtante, les riffs mémorables et hypnotiques, et si l’on me demandait ce que représentent le DSBM ou le black atmosphérique, je n’hésiterais pas à vous désigner ce morceau comme l’exemple parfait.

Encompassing Nothingness parvient à fusionner les émotions de l’esprit humain avec l’âme d’un hiver nordique impitoyable, créant une atmosphère si vivante et une mélancolie si profonde qu’elles marqueront durablement les amateurs de black atmosphérique et de DSBM. Des groupes comme Austere ou Woods Of Desolation ont peut-être défini les standards du sous-genre aujourd’hui, mais Tjaktjadálvve semble bien parti pour les rejoindre sur le podium du Metal dépressif. Avec Encompassing Nothingness, il aura peut-être même établi une nouvelle référence pour les autres formations de DSBM et de black atmosphérique, en seulement quatre petites années de présence sur le grand tapis noir. L’avenir le confirmera, ou pas, vous laissant peut être juste le temps nécessaire pour prononcer honorablement leur nom... bonne chance à tous !

Le black Metal dépressif peut-il être à ce point magnifiquement envoûtant ?
Pour finir de s’en convaincre, bonne écoute, que la musique se lance et s’achève par le blizzard et que l’hiver nordique vous enveloppe de sa mélancolie lumineuse… 

Tracklist de Encompassing Nothingness :
01. The Solitude Of Abject Darkness
02. Norrsken
03. Longing
04. Encompassing Nothingness

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