Prenons la route des Pays-Bas, ces tulipes, son étonnante mentalité protestante / libérale qui nous décontenance un peu nous autres Latins. Non ce ne sera pas pour parler Metal Symphonique (les excellents Kabet et Florent sont autrement plus pertinents que ma personne sur ce registre qu’ils aiment tant) mais pour parler Djent / Progressive Metalcore. Groupe majeur du style au tournant du millénaire, Textures fait partie de ces groupes hyper respectés de la scène Metal. Je les avais découverts en première partie de Gojiraà l’Elysée Montmartre (2006, autre époque pour notre fierté française). En live c’est hyper costaud et y voir un petit frère au Géant Meshuggah ne me semble pas erroné. Les hollandais s’étaient mis en hiatus en 2017 un an après un Phenotype très bien reçu. En 2023, le groupe a annoncé son retour aux affaires. Même line-up autour du batteur Stef Broks, du bassiste Remko Tielemans, du claviériste Uri Dijk, des guitaristes Bart Hennephof et Joe Tal ainsi que du chanteur Daniël De Jongh. A noter que dès 2024, le groupe retrouvait les planches du Hellfest preuve s’il en fallait une de l’aura et du respect dont bénéficie le groupe dans la sphère Metal.
Fait étonnant, en 2016, le groupe avait enregistré lors des mêmes sessions que celles de Phenotype un second disque appelé à être nommé Genotype mais du fait du hiatus n’a jamais sorti ce fameux opus. On pourrait penser que le groupe aurait sorti ce matériel, mais s’est au contraire remis à composer, relançant le process de zéro, repartant ainsi d’une feuille blanche. Ne reste donc que le titre qui a été conservé (il est cool en même temps) et le groupe a remis la marche avant. Au programme toujours ce math metal haut de gamme, travaillé, hyper barré et abouti. Textures il faut rentrer dans leur musique, pas toujours simple d’accès. On retrouve là l’esprit djent et on pense à Meshuggah aussi génial que barré / déroutant. Le son est résolument moderne à l’instar de cet artwork presque futuriste. Les riffs sont bien djent, typique du genre (At The Edge of Winter), le chant accrocheur. A noter que sur ce titre, une certaine Charlotte Wessels vient amener sa voix si magnifique nous rappelant qu’on est bien chez les néerlandais. Guest de choix qui apporte un réel plus à une musique par ailleurs un peu froide dans sa formule.
Le rendu est vraiment bon et Textures a repris son parcours avec ce son futuriste, ces claviers qui parfois nous embarquent presque dans une ambiance SF. On retrouve une réelle dualité dans leur musique entre passages bien nerveux avec de gros riffs, des rythmiques syncopées (Stef Broks est un des meilleurs batteurs du genre) et d’autres passages plus éthérés le groupe n’attaquant pas l’auditeur de manière frontale et répétée. Le groupe s’est vu inviter sur une superbe affiche avec Jinjeret Unprocessed (début Février les amis, c’est chaudement recommandé). Plateau hyper cohérent qui permettra à Textures de retrouver les routes et ainsi confirmer ce retour éclatant et hyper qualitatif. Non les Pays-Bas version Metal ne sont pas que la patrie du Metal Symphonique et Textures (et d’autres) confirme ce point. Beau retour !