Artiste/Groupe:

Teramaze

CD:

Sorella Minore

Date de sortie:

Mai 2021

Label:

Wells Music

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15.5/20

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Teramaze est un groupe australien que j’ai eu le plaisir de découvrir en 2015 avec Her Halo, très bon album au demeurant. Et là, je m’étais promis de les suivre avec grand intérêt... J’ai bien échoué, on peut le dire. Je n’ai pas vraiment creusé l’album Are We Soldiers sorti en 2019 (j’avais écouté quelques extraits ici ou là et, sans trouver ça mauvais, j’avais moins accroché, trouvant la recette moins digeste...) et, pire, il y a encore quelques jours de cela, j’ignorais totalement l’existence de I Wonder, autre album sorti en octobre dernier. Alors, je me suis dit "ça suffit, Blaster, tu te reprends, tu fais un effort"... Et voilà que le groupe, décidément hyper prolifique, nous gratifie déjà d’un nouvel opus intitulé Sorella Minore prévu pour ce mois de mai, me donnant ainsi l’opportunité de me rattraper ! Car oui, malgré la tracklist laissant apparaître quatre titres seulement, c’est bien d’un véritable album qu’il s’agit, celui-ci affichant quarante minutes et des poussières au compteur (grâce à sa chanson titre de vingt-cinq minutes).  

Qui dit nouveau Teramaze dit généralement changement de line-up. Mais là, depuis I Wonder - je me suis renseigné - pas de bouleversements. On retrouve la même section rythmique avec le batteur Nick Ross et le bassiste Andrew Cameron (troisième album consécutif pour ce dernier), le guitariste Chris Zoupa (également claviériste, présent depuis Are We Soldiers, comme Cameron) et, bien sûr, l’âme de Teramaze, Dean Wells, guitariste, compositeur, producteur, un peu claviériste aussi et même chanteur maintenant (depuis l’album précédent en fait). Wells (que l’on retrouve également chez Meshiaak), c’est un peu le Dave Mustaine ou le Jeff Waters du combo... sans lui, pas de Teramaze. Autre chose, Sorella Minore est un concept album qui se trouve être la suite de Her Halo. Il nous compte l’histoire étrange de deux sœurs, l’ainée étant morte dans un accident suspect et la plus jeune kidnappée et séquestrée dans un sombre château à l’écart du monde... Voilà pour le cadre, passons aux compositions.

Cet album démarre par un morceau très ambitieux (le plus long jamais écrit par Wells), la fameuse chanson titre de vingt-cinq minutes. Et là, je retrouve ce qui m’a plu en 2015 : un metal progressif doté d’un certain sens du dramatique, de mélodies accrocheuses et d’émotion. En plus, Nathan Peachey, chanteur présent sur Her Halo (dont l’absence sur son successeur m’avait déçu, ce qui a aussi un peu contribué au fait que je ne l’ai pas creusé) est invité sur ce morceau et je suis ravi de retrouver sa belle voix claire. Il n’est d’ailleurs pas le seul vocaliste convié ici, on y trouve aussi Silvio Massaro (Vanishing Point) et Jennifer Borg (Divine Ascension). Comme vous pouvez l’imaginer, la compo, vu sa longueur, a bien le temps d’évoluer et présenter différentes facettes. Les claviers ouvrent le bal et posent de suite une atmosphère mélancolique assez captivante. Le son est beau et puissant. La guitare de Wells brille de mille feux (le monsieur nous réserve de très belles interventions) et il y a la grande réussite de cette pièce : un refrain ultra mémorable qui possède une vraie force mélodramatique (vous l’entendrez une fois, vous le retiendrez pour la journée). Son compositeur peut en être fier. Il l’est d’ailleurs puisque ce "ooohhh, she’s a stranger to the music from my window..." (c’est la version courte, il dure une quarantaine de secondes) est souvent repris tout au long de cette compo. Peut-être trop, notamment lors d’un final qui s’étend un peu plus que nécessaire à mon goût. Mais malgré ce bémol, impossible de passer à côté de Sorella Minore, une compo à tiroirs qui ménage de beaux effets, alterne passages lumineux et sombres, tempêtes et accalmies, tout en restant cohérente. Quelques longueurs certes mais on lui pardonnera tant l’ensemble vaut le détour.
La deuxième piste est une ballade intitulée Stone. L’accent est mis sur la mélodie, la mélancolie... la chanson s’écoute bien, elle est agréable mais ne me transporte pas totalement. On se rend compte que Dean Wells, seul au poste de chanteur, s’en sort très bien et n’a pas à rougir de sa prestation. Je ne le savais pas aussi bon dans ce rôle, c’est une belle surprise... et cela se confirmera d’autant plus sur l’autre ballade du disque (qui clôt le disque), Between These Shadows. Que de feeling sur ce dernier titre ! Quelle prestation ! La mélodie est superbe, j’aime beaucoup les arrangements, la sensibilité est plus pop... et je suis totalement conquis. Entre ces deux douceurs, on aura tout de même eu droit à un morceau plus heavy, énergique et direct : Take Your Shot, avec sa rythmique et son tempo enlevés, marque des points et pas seulement parce qu’il est plus remuant mais parce que, là aussi, le travail consistant à livrer des mélodies mémorables et accrocheuses (sans passages instrumentaux trop longs ni déballage technique démonstratif) est rondement mené.

Maintenant que j’ai replongé dans l’univers de Teramaze, je suis charmé à nouveau (même si je trouve Sorella Minore perfectible) et vais sans doute m’intéresser davantage à ce que j’ai laissé passer ces dernières années. Et, comme je vous le disais il y a un peu plus de cinq ans, si vous aimez des groupes comme Dream Theater, Circus Maximus ou Seventh Wonder, vous feriez sans doute bien de vous pencher sur le cas de ces Australiens également. Il y a suffisamment de belles choses ici pour que vous ne le regrettiez pas.

Tracklist de Sorella Minore :

01. Sorella Minore
02. Stone
03. Take Your Shot
04. Between These Shadows

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