Artiste/Groupe:

Swami Lateplate

CD:

Doom Jazz

Date de sortie:

Juin 2021

Label:

Subsound Records

Style:

Doom Jazz fusion

Chroniqueur:

dominique

Note:

14.5/20

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Créé en 2007 et édité en 2012, Doom Jazz du groupe New-Yorkais Swami Lateplate revient dans les bacs virtuels des disquaires sous la férule de Subsound Records. Pour certains, cette sortie s’apparentera certainement beaucoup plus à un voyage au bout de l’ennui qu’à une balade distrayante. Parler d’album expérimental est un faible mot ; Sans trop m’avancer, on peut dire que c’est plutôt couillu de mélanger un doom au tempo ultra-lent et épuré avec du free jazz minimaliste. 

N’attendez pas des lignes musicales complexes et tortueuses ; Doom Jazz c’est simplement la batterie de Bobby Previte et les touches des claviers des Jamie Saft, piano, mais aussi orgue et autres claviers électroniques. Pas de guitare et (presque) pas de basse, si l’on excepte quelques lignes de fond mineures jouées par John Redcorn. Les huit titres (avec le tout récent ajout de The After-Land) sont construits sur la base rythmique doom, supportée en fond par la basse, alors les variations mélodiques sont apportées autant par la batterie et par les claviers. C’est arythmique, déstructuré et indiscutablement novateur. La nature atemporelle des titres proposés, bien que ces morceaux aient pour la plupart une dizaine d’années, leur permet de ne pas voir pris une ride.

 

 

Le duo d’ouverture Malignant Cloud et The Round Up est assez difficile d’accès. Très modern jazz et musique contemporaine, les rythmes proposés sont hachés et, pour un auditeur non spécialisé comme moi, peuvent paraitre aléatoires et déstabilisants. Le premier titre plus musical est l’excellent Frank And The Girl. Avec des instruments plus « intégrés » et une trame mélodique plus lumineuse, il offre une atmosphère filmique stimulante pour l’imagination. On retrouve le côté obscur de l’œuvre dès les premières notes de The Forbidden Border. Suite logique du duo d’ouverture, ses tempos de batterie font penser à la sortie d’un prisonnier de son cachot pour aller se faire pendre, avec les cordes frottées pour marquer l’ouverture et la fermeture des portes…sombre, voir même lugubre donc.

The Bearded Man Cannot Help You est à la fois plus musical et plus déstructuré. Comme dans The Round Up, la ligne de basse est perceptible et permet plus de liberté à la batterie. Ses variations rythmiques et sonores sont constantes, alors que les touches du piano soulignent une trame plus émotionnelle. La batterie martiale d’Escape ouvre un titre où le piano laisse sa place aux claviers électroniques. Du coup, bien qu’également hautement expérimental, le titre offre une tessiture différente. Le son est inquiétant, et des connotations proches de l’album expérimental du regretté Mark Hollis peuvent être perçues. Moi j’aime bien, mais j’ai peut-être l’oreille déjà un peu préparée, suite à de nombreuses écoutes de l’album de l’ex-leader de Talk Talk. Doom Jazz porte merveilleusement son nom. L’atmosphère proposée ressemble fortement à celle de Malignant Cloud. Le titre est d’une lenteur incroyable et impose sa mélancolie sans fond. On ferme l’album sur le plus récent et rythmé (oh là tout doux Jolly Jumper, on est très loin d’atteindre, ce n’est même que le trot…) The After-Land. Il reste dans l’ambiance avec des claviers à la fois rétro et totalement dérangeants ainsi une ligne de basse ressemblant à celle d’un basson… étrange et malsain.

 

 

Bref, Doom Jazz n’est certainement pas un album facile d’accès et encore moins un album jovial et distrayant. Cela n’enlève en rien aux qualités intrinsèques du compositeur et des musiciens; mais cela n’aide pas à apprécier pleinement tant l’atmosphère que le message envoyé. Que dire de plus, si ce n’est de vous proposer une écoute via le bandcamp du groupe afin que vous pussiez vous faire une idée de cette réédition venue de nulle part.

Tracklist de Doom Jazz :

01. Malignant Cloud
02. The Round Up
03. Frank And The Girl
04. The Forbidden Border
05. The Bearded Man Cannot Help You
06. Escape
07. Doom Jazz
08. The After-Land

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