Découvert à l’occasion d’une soirée de concerts au Supersonic Club
à Paris (live report disponible ici), avec leur son singulier et leur prestance
scénique, le groupe Sure m’a totalement emporté. Disque sous le
bras gentiment offert par le groupe, je n’ai pas tardé à me lancer dans
l’écoute approfondie de leur dernier album. Sorti le 14 mars 2025, Destruction of
Form est le second opus de la formation française.
Chantant principalement en anglais, la tessiture claire de Gregory Hoepffner
s’avère émotionnelle, viscérale. Fondateur et guitariste de
Sure, Nicolas Di Vincenzo est rejoint par Michael
Szpiner à la basse offrant à eux trois un son post moderne élevé
par une rythmique wave comme on l’aime.
Le disque contient 10 pistes comptabilisant un total de 36 minutes de miel pour les oreilles.
Étudions sans plus attendre « de la musique sauvage pour garçons faciles »,
comme ils aiment la décrire.
Choose Innocence est le premier titre qui lance l’album et wouah, ça commence
fort! Avec sa voix claire et puissante, Gregory Hoepffner nous fait
d’emblée profiter de sa palette vocale. Le rythme est entraînant, s’il ne doit
y avoir qu’un single, c’est celui là.
Débutant par des respirations, Paper Planes poursuit l’album avec un tempo plus
lent, toujours associé à la voix tantôt charmeuse tantôt
déchirée de Gregory Hoepffner qu’on pourrait assimiler à la
voix du leader de Health.
Une instrumentation réduite à sa plus simple rythmique quasi militaire amène une
coupure post refrain redonnant une inspiration au morceau.
Deeper est le morceau assurément le plus sensuel de l’opus mêlant des
vocalisations claires touchant les sommets des aigus et alliant une mélodie où le haut du
corps se balancera de droite à gauche naturellement suivant le flow. Pour ne rien gâcher,
un interlude quasi langoureux viendra parfaire le titre.
L’instrumentation débute avec des sonorités très 80’s ajoutant un
aspect cold-wave à Keep On Living. A 1 minute, l’enchaînement de percussions
me fera penser aux compos de Perturbator avant de nous replonger dans les belles années
des Killing Joke et autres Depeche Mode.
Autre salle, autre ambiance avec ce virage proposé via le morceau Après la
Nuit. Grattes acoustiques, rythme lent presque mélancolique, c’est une voix
ténébreuse qui nous accueille. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit
d’une collaboration avec le groupe Fange prêtant la voix de
Matthias Jungbluth pour l’occasion. Autre singularité de ce titre, le
chant sera porté exclusivement en français.
Swaying reprend sur la dynamique précédente de l’album avec un rythme
électro relativement lent. Morceau peut être le moins émotionnellement impactant au
regard de la globalité de la proposition musicale du trio.
On continue avec Belong To The Past où les riffs de grattes apportent toute la nuance
et la profondeur au morceau en complément de l’interprétation vocale du chanteur.
Secret sera le titre exclusivement instrumental de l’album, si on enlève les
quelques chœurs en fond qui confèrent davantage une ambiance sonore. Transition parfaite
avec Sleep Demon qui enchaîne le disque. On y retrouve une énergie et des
vocalisations similaires à Choose Innocence.
L’album se termine avec le titre éponyme Destruction Of Form. Seconde
collaboration pour le groupe sur cet album avec la participation de Diane Pellotieri de
Pencey Sloe au chant féminin. D’ailleurs, vous noterez que Nicolas
Di Vincenzo est aussi le guitariste derrière Pencey Sloe. Les
percussions sont lourdes et lentes. Un duo qui fonctionne parfaitement et clôture en beauté
ce magnifique album.
Mélangeant avec brio la cold wave, synth pop et post punk, le trio français a tout
compris.
Un groupe sur lequel il faudra garder une oreille attentive et qui mérite de talonner des
planches à la hauteur de leur talent.