Artiste/Groupe:

Striker

CD:

Ultrapower

Date de sortie:

Février 2024

Label:

Record Breaking Records

Style:

Heavy / power / hard rock

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

14/20

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Cinq ans et demi après Play To Win, les Canadiens de Striker reviennent avec leur septième album intitulé Ultrapower. J’ai toujours bien aimé Striker, malgré quelques réalisations plus inégales dans la seconde moitié de sa carrière... Le fun et l’énergie dispensés, sans oublier la présence systématique de quelques très bons morceaux sur chaque galette, continuent d’emporter mon adhésion... même si le fait que ces messieurs aient récemment eu du mal à livrer un album qui m’éclate de bout en bout me frustre un peu. La donne va-t-elle changer avec Ultrapower

Rappel : Striker a toujours véhiculé une image assez fun et tournée vers le passé. Mais sur les premiers disques, la musique était résolument heavy / speed / thrash metal. Le groupe, en compagnie de Steelwing, Skull Fist, Cauldron, Enforcer (et beaucoup d’autres depuis) a bien contribué au mouvement NWOTHM, ce fameux retour à une musique qui sent la vieille école (plus particulièrement, celle des 80s). Mais depuis Stand In The Fire (2016), le propos a évolué... avec plus de mélodie, de variété, moins de vitesse systématique. Aujourd’hui, Ultrapower continue de creuser ce sillon et se range dans une ligne stylistique proche de Play To Win, l’effort précédent. Vous allez donc avoir une bonne dose de metal hybride, enlevé et jovial, capable de salves bien heavy mais non avare en pistes à la couleur nettement plus AOR ou glam. Les eighties sont toujours au cœur de l’offre mais on notera que tout cela est habillé par une grosse production moderne (pas du tout dans l’esprit NWOTHM pour le coup) servie par l’Américain Josh Schroeder (connu pour produire du deathcore genre Lorna Shore, Mental Cruelty, etc.).

Avec Circle Of Evil, le démarrage est costaud. Ambiance maléfique avec rires déments, riff metal implacable, double grosse caisse, tempo enlevé. On retrouve avec plaisir la voix de Dan Leary (seul membre rescapé du line-up d’origine). Le titre est entraînant et met en confiance. Puis BEST of The BEST of The BEST arrive avec un esprit plus léger, un gros refrain plein de WO-HO-HO-HO-HOOOOO, et une allure de BO de film ricain des 80s. Dans le genre, c’est fun et efficace. Tout comme Give It All qui pousse le bouchon plus loin en se payant un thème principal (et un solo) au saxophone ! Le synthé est plus présent, les chœurs sentent le glam à plein nez... c’est kitsch à souhait mais, là encore, c’est franchement bien fichu et ça passe tout seul. J’aime, j’assume. Mais c’est sûr que niveau démarche, on est beaucoup plus proche de The Night Flight Orchestra que de Judas Priest !

Cependant, Striker n’a pas tourné le dos au metal. Jetez une oreille à Blood Magic (avec son intro western spaghetti, ses accélérations, solos agiles et une touche épique certaine), très sympa, la concise Turn The Lights Out (bien charpentée et remuante, elle aurait pu figurer sur un vieil album du groupe) ou l’énergique Brawl At The Pub qui conclut ce septième opus avec fougue et vous constaterez cela par vous-même. Il y a donc encore du punch (je ne parle pas de la boisson, hein) dans la recette ! A part cela, la galette est bardée de gros refrains catchy et se veut fédératrice... un peu racoleuse aussi. Mais ça fait partie du plaisir. Sauf que, parfois, Striker me fatigue. En effet, je trouve certaines compos pas tout à fait à la hauteur du reste. Ainsi, le refrain de Sucks To Suck me lasse très vite (et vu que le couplet énergique mais mélodiquement pauvre ne me séduit pas plus, cette piste est destinée à être zappée lors d’écoutes ultérieures). Les Canadiens en font un poil trop à mon goût sur City Calling aussi (avec son couplet à la voix modifiée électroniquement). Et Brawl At The Pub, citée plus haut, bien que plus metal et survoltée peine à me marquer durablement... Par contre, de belles réussites sont encore de la partie, comme l’épique Thunderdome (référence au troisième Mad Max) sur laquelle Leary brille. Toujours dans un esprit BO des années 80 avec une batterie au son bien synthétique, vous trouverez Live To Fight Another Day... qui pourrait accompagner la série Cobra Kai sans problème. Un titre à mettre entre les oreilles des plus nostalgiques d’entre vous. 

Malgré son second degré, ses petites kitscheries et ses tendances power pop metal, Ultrapower porte assez bien son nom. Il a de l’énergie à revendre, un son massif, une section rythmique carrée et des guitaristes qui savent envoyer du riff percutant ou tricoter des solos avec dextérité. Et Dan Leary, reste un très bon chanteur (l’un des points forts du groupe). Comme dit dans le paragraphe précédent, l’album me fatigue un peu par moment et je retirerais bien deux ou trois de ses compos pour le rendre plus digeste et homogène (cela dit, avec onze pistes et une durée de quarante-et-une minutes, le temps passe vite). Vu le savoir-faire, la quantité de mélodies catchy, le fun de l’entreprise et une bonne moitié de compositions tout de même très réussies (l’autre moitié n’étant pas forcément mauvaise mais plus inégale, dirons-nous), je peux affirmer que ce septième album de Striker est, à défaut d’être parfait, tout à fait recommandable et a de grandes chances de vous faire passer un bon moment.


Tracklist de Ultrapower :

01. Circle Of Evil
02. BEST of the BEST of the BEST
03. Give It All
04. Blood Magic
05. Sucks To Suck
06. Ready For Anything
07. City Calling
08. Turn The Lights Out
09. Thunderdome
10. Live To Fight Another Day
11. Brawl At The Pub

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