Ah la belle surprise printanière avec l’arrivée d’un nouvel album des excellents Stray From The Path. Inattendu car sauf erreur, ce nouvel effort n’était pas dans les listes de sorties à venir des différents webzines. C’est que je ne serais pas passé à côté tant la formation new-yorkaise m’avait atomisé en live. Un show d’une qualité phénoménale, une force de frappe dingue et pour moi, Stray From The Path c’était un des musts du hardcore contemporain. Bonne nouvelle donc que ce nouvel album paru étrangement sans annonce particulière ce qui est un peu surprenant mais parfois le business a ses raisons…
Et puis fin mai le groupe a publié un communiqué annonçant en plus de ce nouvel album sa… dissolution à la fin de l’année 2025, le groupe assurant des concerts estivaux en Europe puis sur sa terre natale à l’automne. Ascenseur émotionnel donc pour les fans et très probable explication de cette sortie imprévue avec un label qui a dû accélérer le timing histoire de générer le maximum d’attention sur le groupe avant cette fin programmée. Le groupe nous l’a joué très sobre expliquant « qu’il était temps après dix années passées de tourner la page », nous parle de « décision commune ». Difficile donc d’en savoir plus mais forcément, l’écoute de ce « dernier » disque prend une saveur un peu différente. Bon avec tous ces comebacks on se gardera bien d’être définitif dans les propos et on verra ce que l’avenir réserve mais on va tout de même prendre ce disque comme il nous apparaît lors de son écoute : la fin (abrupte) d’un parcours. Approche un peu particulière d’autant que cet album ne semble pas avoir été conçu dans cet esprit, supputation personnelle bien sûr.
Dès l’intro, on retrouve ce mélange très influencé 90’s entre vocaux rappés à la Rage Against The Machine, riffs de guitare distordus renvoyant àKorn, définitivement Stray From The Path a reçu une bonne éducation musicale. Le chant de Andrey « Drew York » Dijorio renvoie toujours autant à Zach de la Rocha, référence haut de gamme s’il en est. J’accroche toujours autant dans la gestion des guitares de Thomas Williams, surpuissantes, efficaces (le final de Fuck Them All To Hell). La section rythmique Anthony « Dragon Nexk » Altamura (basse) et Craig « The Grustlord » Reynolds (batterie) fait le job, c’est solide, dense. A noter aussi l’apport toujours efficace de samples bien sentis (Shot Caller). Alternant les variations bienvenues, Stray From The Path déroule une formule très personnelle, aboutie. Ah c’est quand même bien dommage qu’ils aient pris cette décision. Voilà que je sors de l’instant présent alors qu’il faut en profiter de ce disque, ne pas tomber dans l’amertume (on est dans du hardcore en plus c’est pas l’esprit). On note aussi la présence des traditionnels guests avec notamment Florent Salfati de Landmvrks dont le featuring rappé fait son petit effet avec un « écoute bâtard » sorti de nulle part mais ma foi efficace !
Voilà c’est fini comme le chantait Jean-Louis A., c’est bien regrettable je me répète mais c’est fait avec panache. Ah il est quand même incroyable ce groupe, le chaînon manquant entre RATM et Korn, une machine de guerre comme rarement vu en live (ce son de guitare !!! Juste dingue). On regrettera donc l’absence d’une vraie tournée événementielle d’au revoir (qui aurait pu être autrement mieux médiatisée). Ce « dernier » disque est une belle pépite, une de plus. A déguster donc pour les coreux à tendance rapcore. Ainsi va la vie et le business musical. Souhaitons aux membres du groupe une belle continuation personnelle et professionnelle. Et un grand merci à eux, un profond respect pour le job fourni et un coup de cœur pour l’ensemble de leur œuvre.
PS Une tournée (Lille, Paris, Toulouse, Grenoble) vient d’être annoncée pour cet automne. Immanquable ...
Tracklist de Clockworked :
01. Kubrick Stare
02. Fuck Them All To Hell
03. Shot Caller
04. Can’t Help Myself
05. Clockworked (feat. Florent Salfati de Landmvrks)
06. Shocker
07. Bodies In The Dark (feat. Jeffrey Moreira de Poison The Well)