Artiste/Groupe:

Sonic Haven

CD:

Vagabond

Date de sortie:

Mai 2021

Label:

Frontiers Music

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

14.5/20

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Si vous vous intéressez au monde du heavy/power metal mélodique européen (allemand surtout), le nom de Herbie Langhans ne vous est probablement pas inconnu. Le monsieur a notamment été chanteur du groupe Sinbreed, il est passé par Voodoo Circle, a récemment participé à un album ainsi qu’à deux tournées du collectif Avantasia et s’est même fait engager par Gus G. pour être le nouveau vocaliste de Firewind. Ca commence à faire un C.V. bien rempli (et encore, je n’ai pas été exhaustif) ! Voilà donc un chanteur bien occupé... mais visiblement pas assez à son goût puisque le voici avec un tout nouveau groupe nommé Sonic Haven dont Vagabond est le premier essai. Herbie a convié des potes à la fête : le guitariste Carsten Stepanowicz (avec qui il bosse déjà chez Radiant), le bassiste Dominik Stotzem (compère chez Beyond The Bridge) et le batteur André Hilgers (ex-Silent Force, ex-Rage entre autres). L’intention ? Revenir à du bon power germanique traditionnel et mélodique (genre dont il ne s’est pas éloigné tant que ça... ou pas très longtemps en tout cas). Le propos se veut direct et metal... et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Langhans a produit et enregistré la bête... mais pas tout seul. Il s’est adjoint les services d’un spécialiste en la personne de Sascha Paeth (guitariste de Heavens Gate et Avantasia, producteur de renom qui a travaillé avec un nombre de groupes de metal melodique - souvent européens mais pas que - impressionnant). Et on me souffle dans l’oreillette que le claviériste Miro (Avantasia aussi, mais pas seulement) a géré les arrangements. 

Bon, on ne va pas se mentir, l’armée heavy/power allemande ne manque pas de soldats... alors, à ce stade-là (et en 2021), une recrue de plus est-elle indispensable ? Non, pas vraiment. D’autant plus que Langhans déclare sans détour avoir eu envie d’écrire un album qui évolue dans le style qu’il affectionne, à savoir du metal traditionnel, classique, comportant quelques éléments hard rock, des refrains destinés à être repris en chœur... bref, un ensemble énergique et familier qui fait qu’on se sent bien. Aucune révolution ni surprise à l’horizon donc. Maintenant qu’on le sait et qu’on a compris que ce disque s’adressait aux fans d’un genre déjà bien représenté (pour ne pas dire surpeuplé), on se doit d’accepter ce disque pour ce qu’il est et reconnaître qu’il a des arguments à faire valoir.

Vu la compétition, pour se faire un peu remarquer, il faut compter un certain nombre d’ingrédients dans sa liste. Un chanteur puissant avec une voix qu’on n’entend pas forcément tous les jours, par exemple. Sonic Haven peut cocher cette case. Si Herbie est un vocaliste convoité (cf. la liste de groupes du premier paragraphe), ce n’est pas pour rien. Son timbre (qui évoque un peu celui de Biff de Saxon, en plus rauque, abrasif et puissant) et ses capacités le distinguent de beaucoup d’autres chanteurs et le placent clairement au-dessus de la moyenne. Un guitariste inspiré et volubile qui décoche riffs accrocheurs et puissants sans oublier les petits solos hyper adroits, bien tricotés, d’une technicité certaine mais qui ne prend pas toute la place et laisse la mélodie au centre ? Stepanowicz est, lui aussi, l’homme de la situation. Et on ne prendra personne de court si l’on enchaîne en disant que la section rythmique est d’une solidité qui sied parfaitement au genre. Il faut aussi un son qui pète. Avec l’expérience des messieurs mobilisés et l’apport de Sascha Paeth au mix et mastering, aucune crainte à avoir non plus, ça sonne du tonnerre ! Bon, et après, il faut les compos qui, si elles ne révolutionnent pas un genre, ont au moins le mérite de lui rendre hommage et de jouer la carte de l’efficacité. Ecoutez les deux premières pistes de l’album (les deux vidéos présentes dans cette chronique) et vous verrez que, là non plus, Sonic Haven ne démérite pas. Vagabond déboule à cent à l’heure avec un riff percutant, une batterie qui n’a pas laissé la double grosse caisse en loge, un chanteur qui a bouffé du lion, un refrain entraînant avec une bonne mélodie, c’est sans appel : le morceau claque ! Son énergie, son style de guitare me rappelle un peu le groupe Angel Dust (en particulier la compo Border Of Reality, si vous connaissez). Back To Mad, en deuxième position, marque également des points. La ligne de clavier, bientôt reprise par la guitare, est un poil plus complexe, le tempo est un peu moins effréné mais les qualités mélodiques demeurent avec, notamment, un gros refrain accrocheur. Et la suite va proposer encore quelques jolies réussites... même si j’aurais aimé un peu plus de titres dans la lignée speed décoiffante de la chanson titre qui avait si bien ouvert le bal. 

Oui, un morceau comme Vagabond donne envie d’en entendre d’autres dans le même genre... En même temps, on pourrait contre-argumenter qu’il est déjà là, que c’est bien, et qu’il est plus intéressant d’avoir des propositions variées. Et on ne se plaindra pas trop parce que la galette ne manque clairement pas d’énergie. Le power remuant de Nightmares (encore un très bon refrain, sur riff incisif, renforcé par des chœurs sympas) est là pour en attester. Certaines mélodies ne dépareilleraient pas sur des albums récents de Firewind ou Helloween (le refrain de I Believe, par exemple... Blind The Enemy également). Pour ne pas lasser l’auditeur en cours de chemin, Sonic Haven a pensé à inclure dans sa tracklist quelques compos proposant des tempos plus lourds (The Darker Side, titre pesant qui porte bien son nom) ou lents (la ballade Save The Best For Last... qui porte moins bien son nom, vu qu’elle n’est ni la meilleure ni la dernière piste de l’opus) ainsi que des ingrédients plus hard rock voire carrément AOR (comme sur la plus légère From White To Black qui, stylistiquement, détonne un peu par rapport au reste de l’album). Ces compos font que la deuxième moitié du disque est peut-être un peu moins forte que la première mais, en même temps, elles restent, pour la plupart, bien faites et apportent une diversité bienvenue. Le refrain de Striking Back a cette touche europower moderne un peu "too much" (Sabaton n’est pas loin) qui me séduit moins mais devrait convaincre beaucoup d’entre vous. 

Au final, la promesse faite par Langhans est tenue. Vagabond est un album puissant, rythmé, enjoué et rempli de bonnes mélodies. Oui, c’est classique, c’est traditionnel, on n’est pas franchement désarçonné par le propos... on a déjà un peu entendu tout cela. Mais comme c’est bien fait, efficace, qu’un effort a été fait pour proposer un produit un minimum varié, que le chanteur est très bon et que le guitariste l’est tout autant (je ne l’ai pas assez souligné mais les interventions de Stepanowicz sont vraiment très bien écrites, écoutez le solo du morceau I Believe, ça vous donnera une idée du talent du monsieur), les fans de power peuvent jeter une oreille sur ce disque sans crainte. Beaucoup d’entre eux risquent fort d’y trouver leur compte. 


Tracklist de Vagabond :

01. Vagabond
02. Back To Mad
03. Nightmares
04. Keep The Flame Alive
05. End Of The World
06. The Darker Side
07. I Believe
08. Save The Best For Last
09. Blind The Enemy
10. From White To Black
11. Striking Back

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