Artiste/Groupe:

Soilwork

EP:

A Whisp Of The Atlantic

Date de sortie:

Décembre 2020

Label:

Nuclear Blast Records

Style:

Death Mélodique Progressif

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

17/20

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L'année 2019 avait commencé en beauté avec le dernier album de Soilwork, l'excellent Verkligheten... l'année 2020 - plutot éprouvante - va se clore d'aussi belle façon avec le nouvel EP du groupe nommé A Whisp Of The Atlantic. Il paraît que la musique adoucit les mœurs... ça tombe bien, il me semble qu'on en a besoin ces temps-ci. Quoi qu'adoucir n'est peut-être pas le verbe idéal avec Soilwork, je vous le concède. Leur death a beau être très mélodique, voire progressif, présentant un groupe qui a su faire évoluer son style ces dernières années et s'éloigner de la frange traditionnelle du style qu'il pratique, il reste sacrément vigoureux. Cet EP est là pour nous en convaincre... et aussi nous cueillir avec quelques jolies surprises. 

Si vous avez suivi l'actualité du groupe depuis son album précédent, le contenu de A Whisp Of The Atlantic vous est - en grande partie - connu. En effet, on y retrouve la "Feverish Trilogy" entamée en octobre 2019 avec Feverish, continuée en mars 2020 avec Desperado puis conclue il y a six mois avec Death Diviner. Quel plaisir de retrouver ces trois morceaux de qualité ("célébrant les déesses babyloniennes de la mort", tout un programme...) réunis ici ! Si ces titres ne vous sont pas familiers, on en reparle dans quelques instants. Il y a également une autre piste que vous avez peut-être déjà écoutée puisqu'elle est disponible depuis le mois dernier, je veux parler de l'excellente The Nothingness And The Devil qui balance un riff heavy particulièrement catchy, des lignes de chant bien agressives (livrées par un Björn Strid monstrueux sur ce morceau... comme sur le reste de l'EP), un refrain qui tue, des parties de batterie supersoniques (je pense que Bastian Thusgaard s'est fait greffer un troisième bras et peut-être même bien une troisième jambe pour l'occasion) et s'achève sur une dernière minute trente totalement planante et apaisée, quasi Pink Floydienne. Du grand art.  

Mais la grosse surprise de cette galette, c'est sa chanson titre : une compo ambitieuse de seize minutes trente qui emmène Soilwork et ses auditeurs vers de nouveaux horizons. Son démarrage correspond à la pochette de l'EP, on entend les vagues, quelques accords de piano... Puis, le morceau prend des airs de rock progressif tel qu'on peut parfois en trouver chez The Night Flight Orchestra, l'autre groupe de Björn Strid et David Andersson. Mais il s'agit bien de Soilwork et le growl s'invite bientôt à la fête, tout comme les gros riffs, des accélérations puissantes (bonjour les blasts !), des plans techniques avec solos experts mais jamais dénués de feeling... et des accalmies jazz aussi (avec cuivres à l'appui... ça c'est franchement nouveau par contre). Tout un voyage, riche, mouvementé... une compo qui ne cesse de changer et surprendre. Soilwork, bien que déjà loin d'être plan-plan, ne s'était jamais montré aussi aventureux auparavant. 

Enfin, comme vous le savez peut-être, la "Feverish Trilogy", bien que moins désarçonnante que la compo fleuve dont on vient de parler, vaut son pesant de cacahuètes. On y retrouve tout le talent de ces Suédois qui mélangent avec un savoir-faire mélodique et technique bluffant diverses influences, modernes ou plus anciennes, allant du death au hard rock en passant par le heavy et le thrash, sans avoir peur d'y inclure des thèmes hyper accrocheurs, presque pop. Feverish et Desperado sont deux titres plus véloces et rentre-dedans mais qui s'autorisent tout de même un peu de variété, surtout pour la première d'entre elles qui s'achève sur un final mélancolique tout en cordes (pas de guitares, hein... je parle bien de violons). Death Diviner, c'est le morceau plus mid-tempo et groovy qui apporte encore une couleur différente à cet EP. Le riff a des relents Toolesques mais ce qui retient le plus mon attention c'est ce puissant refrain chanté par un Björn impressionnant tant il se surpasse.

Surprenant et fort, ce Whisp Of The Atlantic, vraiment ! Le format EP convient très bien à Soilwork qui peut parfois se révéler un peu fatiguant sur de longues durées... Cependant, s'agit-il réellement d'un EP ? Cela semble évident en jetant un regard distrait à la tracklist mais ça l'est nettement moins quand on réalise que l'ensemble dure près de trente-sept minutes (soit quasiment huit minutes de plus qu'un certain Reign In Blood). Mais peu importe l'étiquette. Finalement, ce qui compte vraiment, c'est que cette sortie est l'une des plus excitantes de ses auteurs et qu'elle confirme la grande forme d'un Soilwork plus créatif et inspiré que jamais. Un ami avec lequel j'ai échangé quelques impressions a d'ailleurs eu ce commentaire très juste que je vous transmets par pure générosité : "Ils sont quand même surprenants ces mecs. Après vingt-cinq de carrière, là où les groupes ont souvent du mal à se renouveler, ils sortent une tuerie pareille...".  Par contre, il semblerait que seule une sortie vinyle (ou dématérialisée) soit envisagée... c'est criminel ! Je suis à deux doigts de lancer une pétition pour que ce petit bijou soit édité en CD dans un futur proche. Allez, tous avec moi !

Tracklist de A Whisp Of The Atlantic :

01. A Whisp Of The Atlantic
02. Feverish
03. Desperado
04. Death Diviner
05. The Nothingness And The Devil

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