Artiste/Groupe:

Skull Fist

CD:

Paid In Full

Date de sortie:

Avril 2022

Label:

Atomic Fire

Style:

New Wave Of Traditionnal Heavy Metal

Chroniqueur:

ced12

Note:

15/20

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Ma première rencontre avec la scène New Wave Of Traditional Heavy Metal (NWOTHM) fut assez déstabilisante. C’était à un concert d’Airbourne et alors que je n’étais pas renseigné sur le line-up de ce show, et quand nous pensions voir débarquer les Australiens et leur déjanté de chanteur, quelle ne fût pas notre surprise de voir débarquer un groupe de heavy - glam rock avec un look décomplexé bien rétro qui va bien ? Ignorant tout de ce revival, nous crûmes d’abord à une vaste plaisanterie (certes ô combien bien faite) mais non, tout cela semblait bien sérieux avec des musiciens impliqués. J’allais apprendre que le groupe en question se nomme Enforcer. Renseignements ultérieurs pris, une nouvelle scène prenait son essor. L’hommage à la La New Wave Of British Heavy Metal est assez évident sur le nom retenu et les références musicales / look aux années 70 – 80 sont assumées. Au passage, j’apprenais l’existence d’un festival dédié à du nostalgique pur et dur, le Keep It True où le concept est clair : on se la joue comme « à l’époque ». Le format me décontenance un peu car les jeunes groupes en question n’ont pas connu ces années-là et, certes s’inspirer de ces styles peut s’entendre, mais utiliser le même matos, porter les mêmes frusques me semble un peu trop jusqu’au-boutiste. Enfin, chacun fait bien ce qui lui plaît mais quand j’entends un fan m’expliquer qu’en metal il n’y a rien eu de bien depuis 1989, je tombe un peu de ma chaise … En effet, la scène Metal se porte bien, fait preuve de dynamisme et est tout sauf moribonde (au contraire d’une scène rock me semblant plafonner un peu !). Décidément, Kurt Cobain et son inoubliable Smells Like Teen Spirit a dû faire des malheureux. 

Cette longue introduction pour m’amener à mon sujet avec ce nouvel album de Skull Fist. La formation canadienne est une pointure de cette scène évoquée plus haut et, jouons cartes sur tables, étant un ado des années 90, ne vous attendez pas à maintes références sur les 70’s, 80’s que je connais moyennement bien. Si le lecteur espère de la référence bien pointue, qu’il me pardonne par avance, il n’en trouvera point en ce lieu. Cependant, les noms des chansons pourront certainement servir d’Easter Eggs bien sympathiques (Madman, Blackout, etc.). Je peux aussi préciser que les auditeurs y trouveront un bon disque forcément daté dans son registre, assez peu audacieux dans son style mais ça, vu le concept assumé du groupe, il ne faut pas s’en étonner. Reste que c’est bien agréable à l’écoute, même pour un non-initié / habitué de ces styles musicaux et j’y trouve plutôt mon compte faisant tourner l’album bien volontiers. C’est d’autant plus facile que le format est assez court (huit titres, une grosse demi-heure) mais le rendu gagne ainsi en efficacité. Zach « Slaughter », le leader en chef du groupe, a perdu au passage son acolyte Johnny Exciter, ce dernier étant parti former Thunderor (avec le batteur) alors que les deux guitaristes sont restés en bons termes mais n’avaient juste plus l’envie de bosser ensemble. Une séparation qui se passe sans réflexions amères, sans règlements de comptes par presse interposée, ce n’est pas très 80’s ça ! 

Point de projet de fond, de concept abouti, juste huit bonnes pistes, bien troussées, sans surprises mais un vrai bon moment. Allez, il y a un peu trop de chant aigu pour moi mais sachant ce que j’écoutais, je n’ai pas le droit de m’en plaindre. C’est dans le cahier des charges il me semble ! Skull Fist est aussi désormais signé chez Atomic Fire, le label construit par les anciens de Nuclear Blast suite à la vente de ce dernier et il est plaisant de voir que ce nouveau label se lance sur de très bonnes bases. Aussi, les Canadiens ont retrouvé les droits de leurs morceaux et remis de l’ordre dans la maison. Encore un nouveau cycle lancé pour le groupe (qui sera bientôt rejoint par un second guitariste), un bon disque qui fera le job sans problème. Sur le fond, ce registre « revival » me laisse toujours un peu perplexe mais il serait malhonnête de nier la qualité proposée. Sympathique balade en amnésie qu’on ne peut que recommander aux fans de ces époques. 

Tracklist de Paid In Full :

01. Paid In Full
02. Long Live The Fist
03. Crush Kill Destroy
04. Blackout
05. Madman
06. For The Last Time
07. Heaver Than Metal
08. Warrior Of The North

 

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