Artiste/Groupe:

Shylmagoghnar

CD:

Convergence

Date de sortie:

Novembre 2023

Label:

Napalm Records

Style:

Death Atmospérique et Mélo

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

17.5/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Le voici, l’album de saison, d’une extrême densité et propice à un automne extrêmement pluvieux, mais aux langueurs jamais monotones

Le one-man-show de black metal atmosphérique Shylmagoghnar pourrait probablement s’imposer comme l’un des actes les plus passionnants de notre GMA (Grosse Musique Assourdissante) en cette année 2023. Car si Shylmagoghnar semble toujours emprunter un chemin de plus en plus personnel, avec cette volonté indéfectible et la patience d’un artisan, pour Nimblkorg Virtanen, le One Man de Shylmagoghnar, basé dans le sud des Pays-Bas, et qui produit et enregistre lui-même toute ses musiques, le cerveau du groupe (les bras, les pieds, la bouche également ..) donc, semble avoir franchi un cap artistique professionnel.

Ce qui a commencé sous la forme d’un duo en 2004 s’est transformé en un seul homme-groupe, et pourtant, ce nouvel album, intitulé Convergence (sortie le 10 novembre 2023 via Napalm Records), sonne aux oreilles comme un pur groupe de black metal atmosphérique. Shylmagoghnar revient plus lourd et plus fort qu’avant. J’avais déjà apporté une oreille plus qu’attentive sur sa première galette Emergence en 2014.

Vous l’avez compris maintenant, Shylmagoghnar est devenu un projet maison, dirigé par son multi-instrumentiste Nim. Convergence reprend là où les deux albums précédents se sont arrêtés, et il est conçu comme le dernier volet d’une trilogie spirituelle. Alors que ses prédécesseurs, Emergence (2014) et Transience (2018), invitaient l’auditeur à un voyage à travers l’existence humaine, les temps et l’espace, Convergence devient le disque de Shylmagoghnar le plus profond et le plus personnel à ce jour, il est en effet dédié à la défunte mère de Nim. "quand sonne l’heure, je me souviens des jours anciens et je pleure".

Ce cadeau de Shylmagoghnar s’apparente également à une allégorie permettant de discerner les influences positives et négatives de nos passés qui nous entravent, afin d’atteindre une sorte de paix intérieure au moment d’abandonner définitivement cette fichue planète.
Convergence décrit ainsi le voyage intérieur d’un protagoniste confronté à une mort prochaine, à travers les transports émotionnels, philosophiques et psychiques qu’il entreprend ou qu’il subit. Musicalement, Shylmagoghnar offre également la bande-son parfaite pour mener à bien ce voyage, où la puissance brute rencontre la pure élégie, et où la destruction cède la place à l’harmonie. "Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone"

The Sea, intro, ô Pipeau, ô piano.
The Sea, épique, poétique, esthétique.
The Sea, pour fan dInsomnium, "tout suffocant et blême, quand sonne l’heure, je me souviens des jours anciens et je pleure", à quatre dimensions, c’est continuum !




Convergence délivre un voyage émouvant, émotionnel et profond, un projet transfrontalier passant d’une mouvance à une autre sans jamais craindre de brandir de nombreux passeports du genre Metal. Contenant également quatre pistes instrumentales toutes phénoménales, les rives de l’univers Jarrien (de Jean Michel Jarre) y sont abordées dans le transportant Becoming clôturant l’acte 3 de la Saga. L’énorme I Hear The Mountain Weep, autre piste instrumentale se pose cette fois sur des plages à l’ambiance toute Enshinienne (d’Enshine donc !). J’abandonne à votre sagacité le sublime Infinion et l’étonnant Gardens Of The Erased (piste que j’apprécie la moins de l’album). "et je m’en vais au vent mauvais qui m’emporte deçà, delà, pareil à la feuille morte".


Amies lectrices et amis lecteurs, je vous laisse découvrir ce tonitruant Strata, que pourraient adorer tous fans de Kreator.





Se promenant aux gréés d’un équilibre incertain entre la lumière et l’obscurité, la beauté et l’horreur, la vie et la mort, Convergence ouvre une nouvelle ère musicale avec une pertinence de pleine conscience peu rencontrée dans les limbes d’un Metal moderne parfois bien trop stéréotypé. Tout s’enchaine merveilleusement, cette diversité et ce haut niveau de créativité jouent sur le côté addictif de ce projet solo plus qu’abouti, sans la moindre once de lassitude.

Certains groupes ont besoin d’indénombrables disques, d’un assemblage improbable de membres talentueux pour créer un chef-d’œuvre, tandis que Shylmagoghnar le libère dès son troisième album, Convergence, celui qui formalisera sans doute à terme de ce temps qui file trop vite, l’un des actes 2023 les plus passionnants de notre musique extrême.

"Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. Tout suffocant et blême, quand sonne l’heure, je me souviens des jours anciens et je pleure ; et je m’en vais au vent mauvais qui m’emporte deçà, delà, pareil à la feuille morte".

Tout est si simplement décrit par le poète.
Monstrueux temps pluvieux ...
Monstrueuse Convergence automnale !

Tracklist de Convergence :

01. I Hear the Mountain Weep
02. Follow the River
03. Threshold
04. Strata
05. Gardens of the Erased
06. Egregore
07. Infinion
08. Convergence
09. The Sea
10. Becoming

 

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !