Cela fait des mois maintenant que j’ai cet album et cette chronique sous le coude. Sorti en juin, le quatrième album de Shumaun, Opposing Mirrors, n’était pas dans ma liste de priorité. Et pourtant, s’il n’est pas l’album du siècle, force m’est de constater que ce LP est plutôt pas mal. Il est composé de titres intéressants et propose une musicalité rarement mise en défaut. De plus, sa production est de qualité, les musiciens sont excellents et Farhad Hossain au chant se distingue avec une voix et un coffre remarquable. Pour un album « home-made », Opposing Mirrors a beaucoup d’un grand.
A ma décharge, l’axe musical proposé n’est pas mon domaine de prédilection. Certes Opposing Mirrors a d’incontestables accents progs (That Which Turns), mais il reste profondément ancré dans un terroir hard rock et heavy metal (Balance, Opposing Mirrors) qui ne m’est pas familier. Toutefois, force m’est de constater que ce petit détour en terre mal connue ne m’a pas déplu et que le projet initié par le chanteur et multi instrumentaliste Farhad Hossain pourrait tout à fait plaire aux « vieux » auditeurs de Rush, Marillion ou encore Dream Theater, comme aux plus jeunes intéressés par une approche plus « moderne » du metal progressif. Je pense que tous prendront plaisir par exemple à écouter l’excellent The Perils of Amnesia ou encore le puissant Some Memories.
Comme mentionné ci-dessus, le groupe a fait un très bon travail sur l’album. Et puisque l’on parle de celui-ci, il est intéressant de mentionner que si un bassiste (Jose Mora) et un guitariste (Tyler Kim) et Farhad (chant, guitare, batterie et clavier) font partie du line-up, celui-ci se contente d’utiliser des batteurs « volants » puisque pour Opposing Mirrors, l’autrichien Thomas Lang, l’allemand Marco Minnemann ainsi que le français de Pain of SalvationLeo Margarit sont présents. Trois excellents batteurs très prog qui apportent chacun leur pièce à l’édifice construit par Shumaun : une batterie prog et puissante pour Lang (The Perils of Amnesia), rapide et frontale pour Minnemann (Some Memories) et plus fine pour Margarit (Beyond Reflection).
Ces variations à la batterie associées au côté un peu vintage hard rock de l’album, lui donnent incontestablement du charme et apporte une aisance à son écoute régulière. Les ouvertures sont parfois trompeuses. Dans l’ensemble plutôt calmes (The Perils of Amnesia), elles servent souvent de tapis pour la suite des titres. Les suites sont généralement puissantes, toujours mélodiques, créatives et soutenues par le chant émotionnel de Farhad. Un autre aspect intéressant et l’utilisation régulière de tonalités qui emmène l’auditeur en voyage à travers le monde. Finalement, l’album n’est pas uniquement une course effrénée. Il contient également quelques parties de balades (Porcelain Trees, Beyond Reflection) qui ne détonnent pas avec l’ensemble.
Moi qui sortais de chroniques de groupes progs divers et variés, souvent un peu décevantes, ce Opposing Mirrors, le quatrième album de Shumaun m’a permis de me réconcilier avec les petits projets progressifs.