Running Wild

Artiste/Groupe

Running Wild

CD

Resilient

Date de sortie

Octobre 2013

Label

SPV Steamhammer

Style

Heavy Metal

Chroniqueur

Orion

Note Orion

14/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

C H R O N I Q U E

Ah, le mystère Rock n' Rolf...
Après avoir jeté l'éponge en 2011 (après six ans de silence discographique), le capitaine du navire corsaire Running Wild faisait un retour inattendu dès 2012 avec Shadowmaker. Et depuis, le voilà devenu un boulimique de travail, enchaînant la sortie de son projet parallèle, Giant X en début d'année et maintenant, mettant sur le marché le successeur à Shadowmaker, Resilient. Quelle mouche le pique donc ?

Shadowmaker n'a pas eu que des partisans, loin de là, même parmi les fans du groupe (si, il en reste !) en raison peut-être de son aspect un peu trop Hard US / Heavy Rock sur certains titres (Me And The Boys, Piece Of The Action). Des titres qui auguraient quelque part de l'album de Giant X. On pouvait donc penser que Rock n'Rolf ayant mis de côté ses compos les plus orientées hard rock pour Giant X, Running Wild allait nous refaire du Running Wild 100% Pirate Metal. Mais est-ce que cela allait faire de Resilient un meilleur album pour autant ? Pas forcément..

Effectivement, ce nouvel album ne nous offre plus ce type de morceaux. On retrouve un Running Wild fidèle à lui même… du moins, fidèle au style des derniers albums (comprendre depuis The Rivalry). Car du Running Wild époque fin 80, début 90, je crois qu’on peut faire définitivement une croix dessus. Des morceaux bien speed comme Whirlwind, Merciless Game ou Masquerade, ça semble définitivement terminé. Il y a bien Fireheart qui peut faire un peu illusion sur ce nouvel opus mais tout de même, on est assez loin du tempo furieux de ces morceaux.
Heureusement, comme à son habitude, le Rolf a l'art du titre qui pénètre dans le cortex avec refrain qui claque et ça commence plutôt sur de bonnes bases avec ce Soldiers Of Fortune qui correspond tout à fait à ce qu’on a envie d’entendre. Rock n’Rolf est fidèle à lui-même vocalement. A ce sujet, je n’ai pas bien compris certaines critiques de mes confrères au sujet de sa performance vocale sur l’album précédent. Rolf n’a jamais été un grand chanteur. Découvrir qu’il ne chante pas très bien sur le quatorzième album de Running Wild, c’est comme découvrir que Metallica fait du Thrash avec l’album Death Magnetic… mais passons.
Comme ce premier morceau, d’autres titres sont de bonne facture comme The Drift et Run Riot avec leurs riffs bien mélodiques typiquement estampillés Pirate Metal. Ces morceaux étant ceux qui rappellent le plus l’époque Death Or Glory / Blazon Stone. L’ultime morceau, Bloody Island, LE titre épique de l’album (comme quasiment à chaque fois), rappelle lui aussi la grande époque. On y retrouve le Running Wild (enfin, le Rock n'Rolf) inspiré. Ce titre aurait pu figurer sur un des albums que je viens de citer, il n’aurait pas fait tâche. Et heureusement qu’il y a ces morceaux car, à côté de ça, on a quelques titres pas forcément mauvais mais qui montrent un Rock n'Rolf en pilotage automatique (Resilient, Adventure Galley, Down To The Wire, Crystal Gold) rappelant eux les morceaux de la dernière période, pas tous inoubliables.

Avis mitigé après de nombreuses écoutes et au final, malgré les quelques très bons titres cités plus haut, cet album m'emballe moins que Shadowmaker qui montrait un peu plus de variété finalement (si l’on acceptait, ce que certains n’ont pas pu, que Running Wild évolue vers un style plus typé Hard Rock).
Enfin, dernière chose qui peut paraître anecdotique mais qui me gène depuis un moment : Running Wild ne semble plus être un groupe à proprement parler. Comme pour Shadowmaker, on ne retrouve à la conception de cet album que Rock n'Rolf aidé de Peter Jordan pour les solos et c'est tout. Certes, Running Wild a toujours été le bébé de Rolf Kasparek, surtout sur les derniers albums où l’on avait l’impression que les autres musiciens n’étaient là que pour le décor. Mais du coup, peut-on encore parler de groupe ? On a plus l’impression qu’il s’agit maintenant d’albums solos du monsieur. Le pire, c’est l’absence de batteur. A l'écoute, le résultat est tout de même un peu trop mécanique. Et puis, le côté "je bricole mon truc tout seul dans mon coin" ne correspond pas à un groupe de l’envergure Running Wild (on dira ce qu’on voudra mais ce nom, c’est quand même une sacrée référence en terme de Heavy Speed à l’Allemande).
En tout cas, si le monsieur veut enfin se décider à tourner, il va bien falloir qu'il recrute un vrai groupe. Ou alors il va se contenter d’enchaîner les albums faits maison et là, je crains le pire…

 

Tracklist de Resilient :

01. Soldiers Of Fortune
02. Resilient
03. Adventure Highway
04. The Drift
05. Desert Rose
06. Fireheart
07. Run Riot
08. Down To The Wire
09. Crystal Gold
10. Bloody Island
11. Payola & Shenanigans
(bonus track)
12. Premonition (bonus track)

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