Artiste/Groupe:

Rhino

CD:

Human Farm

Date de sortie:

Février 2024

Label:

Argonauta Records

Style:

Stoner Psychédelique

Chroniqueur:

KABET

Note:

16/20

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Rhino c’est le groupe qui a loupé son train et a attendu le prochain sur le quai qui est passé...cinquante ans après ! En effet, leur nom aurait eu toute sa place sur l’affiche du festival de Woodstock avec leur musique stoner rock teintée de doom et saupoudrée de psychédélique très seventies. Les influences sont pléthores avec en premier lieu Black Sabbath dont l’inspiration n’est pas cachable, mais plus sporadiquement, on retrouve des relents de Ritchie Blackmore période Deep Purple du début des années 70 ou encore MC5. Je ne vais pas ennuyer nos estimés lecteurs avec mes références d’une autre génération écrite avec une plume pleine de sépia, et je fais dès à présent un saut de puce, ou plutôt un bon de géant de quelques décennies puisque le son de Rhino est aussi bien ancré dans son époque et que nous sommes en 2024. Il faut tout de même remonter un peu le temps, mais rassurez-vous pas trop non plus, jusqu’en 2012, année de la formation de Rhino, projet crée par le bassiste Franck The Door et le guitariste Red Frank, et rejoint par Frank The Doc au chant, Lord J. Frank aux fûts et Franck Real Tube à la guitare. Ce n’est pas la peine de me regarder comme ça, moi aussi au début ces patronymes m’ont surpris, enfin ces pseudonymes plutôt, le groupe des Frank(s) quoi. Human Farm balance là son troisième album (le second chez Argonauta, après un premier opus autoproduit), et on peut le qualifier de monstrueux tant le son est puissant. Le côté stoner y joue pour beaucoup, la basse est très en avant, presque à la saturation et les tempi sont très lents pour donner le côté doom atmosphérique de l’ensemble. C’est flagrant sur le titre d’introduction Agony & Madness ou Magic Water, c’est lent, lourd, limite crade avec cette production à la limite de la saturation qui nous rappelle les influences citées plus haut, et pourtant on est happé par le truc, impossible de zapper un titre.

Le groupe a aussi la bonne idée de varier un peu en proposant Gentle Sound Of The Knife, le premier single de l’album, une chanson plus courte, plus rythmée et mieux taillée pour les radios avec une belle harmonie entre les instruments et le chant et qui offre une parenthèse dans cet album.

L’écoute de Padrock nous renvoie à un mix entre Deep Purple et MC5, titre puissant et lourd sans temps morts avec des guitares saturées à souhait, un vrai mur de son dantesque pour une chanson qui ne l’est pas moins. La fin de la galette est plus punchy avec des titres comme Big Clouds Again ou Fast Radio Burst qui tendent vers un heavy stoner plus que vers du doom, toujours teintés seventies, une fin d’écoute qui nous replonge 50 ans en arrière.
Grâce à ce troisième album, les italiens de Rhino ont réussi à nous replonger loin dans nos mémoires vers des références de groupes passés maitres en la matière, tout en étant bien ancrés dans leur époque avec un Stoner Rock qui aurait tout aussi bien eu sa place dans les années 70 qu’aujourd’hui, un son tout à la fois old school que moderne, le genre de truc qui aurait dû traverser les âges et qui le fera peut-être.
Maintenant un son stoner comme celui-ci sur scène risque de déménager grave, j’ai hâte de le découvrir car ça risque d’être sacrément givré.

Tracklisting de Human Farm :

01. Agony & Madness
02. Planet Of Dust
03. Gentle Sound Of The Knife
04. Human Farm
05. Magic Water
06. Big Clouds Again
07. Padrock
08. Fast Radio Burst

 

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