Retour des suédois de Rexoria pour leur déjà quatrième album, diable que le temps passe vite. Ben oui dix ans que le combo nous offre son heavy mélodique d’une efficacité redoutable, et ce n’est pas ce nouvel effort qui va nous faire dire le contraire. Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, présentations : Rexoria est porté par le chant de Frida Ohlin, dont le timbre est un véritable marqueur du groupe. Elle est accompagnée de Jonas Gustavsson et Cristofer Svensson aux guitares, Adam Nordquist à la basse et Martin Gustavsson à la batterie. Enchanté m’sieur dame. Donc comme je le disais plus haut pour ceux qui dorment dans le fond, le groupe officie depuis 10 ans et s’est taillé une belle réputation puisqu’ils peuvent s’enorgueillir de trophées de trois millions de streams sur Spotify et 500 000 vues sur Youtube. Ne me tombez pas dessus, je ne fais que relater des faits, je n’y comprends rien moi-même à ces trucs de d’jeuns. Je suis de la génération qui achète des disques. Alors pour ceux que ça parle ces chiffres tant mieux, moi je reste dubitatif.
Après une intro qui fait monter la mayonnaise, Rexoria nous balance un brulot entre hard rock et metal symphonique avec une mélodie et un refrain imparable dès le premier titre Metallic Rain. Hé oui, malin que je fais, du heavy mélodique en somme non ?
Le problème de ce style est le côté redondant qu’on va retrouver sur pas mal de morceaux (Awakening, Waste Land), et bien que cela puisse paraitre un peu répétitif pour certains, force est de constater que c’est tellement efficace que ça passe crème. Pourtant Rexoria va aussi nous surprendre ici et là, il suffit de se pencher sur Dominion, le meilleur titre de cet album. De l’excellent metal symphonique avec tous les éléments qui font le sel du style : des riffs accrocheurs, une mélodie à tomber, un solo qui assure, bref pas grand-chose à dire si ce n’est qu’il faut avoir la bonne idée de se le mettre dans les esgourdes. Quand il s’attaque à Malleus Malificarum, on repart dans un heavy mélodique qui rappelle un peu Within Temptation avec des riffs toujours aussi incisifs et des envolées symphoniques pour le coup bien à propos. Le groupe excelle quand ils n’en font pas des caisses, c’est évident. C’est exactement le résumé de cet album et de Rexoria, « quand ils n’en font pas des caisses… ».
D’ailleurs il suffit d’écouter Dancing On The Ruins pour avoir la proposition inverse à la précédente : des riffs plus mordants, contrebalancés par les who-ho et les claviers….grrrr ! Dommage tant ce titre aurait pu tout arracher et rentrer dans les annales. Non ok je m’emballe un peu, mais sans aucun doute devenir un morceau qui envoie. Malheureusement il reste un peu en dedans avec ces effets pour le moins dispensables. Avec Heart Of Sorrow, Rexoria nous offre un feat en clôture d’album avec Johnny Gioeli du groupe Crash 40 entre autres. Après une intro à faire tomber les mâchoires à la guitare, on voit tout de suite l’apport de Gioeli au chant, dont le duo avec Frida Ohlin fonctionne à merveille. C’est mélodique et porté sur les guitares, mais surtout c’est un feat qui fait mouche et offre une clôture en fanfare pour cet album, et donc un joli coup pour le groupe.
Rexoria continue son bonhomme de chemin avec ce quatrième album, Fallen Dimension. S’il faut reconnaitre que le travail du groupe est honnête, que les morceaux s’enchainent facilement et que le groupe pourrait toucher le plus grand nombre, ça ne restera surement pas comme l’un des albums de l’année. Il manque ce petit quelque chose qui pourrait les faire sortir du lot. Bon, ok, on ne va pas bouder notre plaisir d’un bon album de heavy symphonique, et c’est déjà pas si mal.
Tracklist de Fallen Dimension : 01. Metallic Rain 02. Awakening 03. Dancing On The Ruins 04. Malleus Maleficarum 05. Running With The Stars 06. Dominion 07. Break The Wave 08. Himalaya 09. Wasted Land 10. Virtual Pain 11. Heart Of Sorrow