Il est des moments où, tout comme une partie de notre lectorat, l’auteur de ces lignes a sacrément besoin de musique complètement barrée, histoire….Je ne vois pas histoire de quoi, mais un truc barré quoi ! Et bien là avec Powerhill autant vous dire qu’on sera servis ! Alors je mets de suite un bémol à mon propos, loin de moi l’idée de me moquer de ce groupe, quand je parle de barré c’est au sens le plus noble du terme, et à ce stade de la missive, beaucoup auront compris que je rapproche « barré » et « noble », c’est à se demander qui est complétement secoué ici. Powerhill donc est un groupe de hard rock au son un peu old school marqué par la guitare de Cep, le chant de Veronica Torre, la basse de Luca « Chewbe » Gentile et la batterie de Jörg Michael, et ils nous viennent comme leur nom ne l’indique pas, de Suisse. Autoproclamés Farm Metal, ils ont embrassé la vache comme animal totem et toutes leurs photos de presse se font au milieu d’une ferme, sur un tracteur, devant une botte de foin, vous voyez le délire. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt notre vache (ouais elle est nulle celle-là, mais je n’ai pas pu m’en empêcher) puisque Generation X est le premier album du groupe bien que ces derniers affichent vingt printemps à leur compteur. Il est vrai que jusqu’ici ils n’avaient sorti que des EP ou singles auto-produit, et que la signature sur un label donne de la lumière au travail, et c’est tant mieux.
Alors entrons de suite dans ce délire bovin pour découvrir un hard rock old school bougrement bien chiadé comme on l’aime (enfin ceux qui kiffent) avec de bons gros riffs de guitares et des solos à qui mieux mieux (Bonfire, Fat Side, My Mood) qui envoient de bonnes ondes c’est le moins qu’on puisse dire. Le chant clair de Veronica est puissant, elle lâche les chevaux (ou les vaches plutôt), et même si ça fait un peu daté par moment, ça claque pas mal.
Chewbe derrière ses futs n’est pas en reste et nous sort des trucs complètement dingues par moment. Sur la seconde partie de Fart Side il balance un moment de frappe de futs bien bourrin et speed pour un titre à la limite punk rock. On retrouve sa patte (bovine ?) sur la ballade That’s Fine où la batterie est très présente et se marie avec la guitare de Cep pour enchainer sur un duo claviers / voix aux inspirations eighties qui rajeunit l’auditeur que l’on est (en tout cas votre humble serviteur). Et si ce n’est pas le whoua des grands jours, ça en vaut quand même le détour. Powerhill sait aussi faire dans du plus rentre dedans (The One I Wanna Be) avec des riffs punchy qu’on retrouve également sur Mad Cow City introduit par un bruissement de…vaches qui nous renvoient direct sur l’artwork de Generation X qui représentent…non je ne dirais rien, je deviens relou comme…non j’arrête. Ces deux titres sonnent hard rock à l’ancienne, et bien que les idées soient bonnes, il faut reconnaitre que ça manque un poil d’originalité, le groupe donne l’impression de tourner en rond, même si c’est super plaisant à écouter.
Le final de cette galette (Rehearsal Barn) est à tomber car complétement déjanté qui est introduit par un bruit de…et non dans le fond c’est raté ! Pas de vaches ici, mais un chat dont on se demande ce qu’il vient foutre ici, mais bon il est là gardons-le. Ce titre est une espèce de pot-pourri, un bœuf (c’est pas de ma faute celui-là) où chacun y va de son instrument, de la basse à la batterie, en passant par la guitare. Un final étrange et fendart qui correspond en tout point à la philosophie de Powerhill.
J’attends, et j’espère juste de les voir sur scène, rien que pour voir si un bovidé pointera le bout de sa corne. Et puis vu que musicalement ça tient la route, il ne faudrait pas passer à côté non plus.
Tracklist de Generation X :
01. Generation X 02. Bonfire 03. Fat Side 04. That’s Fine 05. The One I Wanna Be 06. Mad Cow City 07. My Mood 08. Better Safe Than Sorry 09. Powerhill 10. Rehearsal Barn