Vous avez déjà entendu parler de Perturbator? Vous savez ce jeune Parisien compositeur, producteur et multi-instrumentiste du nom de James Kent qui nous ambiance sur ce style singulier de Dark Synthwave?
Quand on évoque la Dark Synthwave, une question légitime peut se poser. A t-elle vraiment sa place sur un webzine portant sur le metal? Flash info, la réponse est oui lorsque l’on sait que Perturbator est en tête d’affiche des plus gros festivals de metal, tel que le Hellfest 2022, Plane’R Fest 2025 et le Motocultor 2026 pour la France et plus globalement en Europe à l’occasion du Reload Festival 2026 (Allemagne), du Brutal Assault 2026 (Tchéquie) ou encore du Rockstadt Extreme Fest 2026 (Roumanie).
Alliant à merveille le metal et la musique électronique, James Kent c’est avant tout un artiste qui a le souhait de créer, d’innover. Avec un passif de guitariste au sein de formations de metal, il décide de composer en solo dès ses 18 ans.
Age of Aquarius, sortie en Octobre 2025, est le 6ème opus de Perturbator.
A travers cet album, James Kent a su proposer une musique puissante alliant l’indus et l’électro tout en adjoignant une esthétique saisissante et provoquante dans ses visuels (clips et performances scéniques).
L’album débute fort, très fort avec Apocalypse Now, dont je ne saurai taire mon coup de cœur immédiat, dès sa découverte en live pendant le Plane’R Fest. Cette pépite est le fruit d’une collaboration avec Kristoffer Rygg d’Ulver qui prête sa voix si singulière.
Oui, cet album, c’est l’album de la force du collectif, cocasse finalement pour un artiste qui s’est émancipé via une carrière solo. James a su s’offrir les meilleurs puisqu’on retrouve sur Venus la voix déchirée et déchirante de Tristan Shone (Author & Punisher), vocalisations venant vous titiller dans vos tripes.
Si Lunacy nous rappelle la synthwave des années 80, on retrouve alors une marche tantôt entraînante tantôt militaire sur la chanson The Glass Staircase. Les sonorités vintage à la guitare pourrons nous remémorer des artistes comme Dead Can Dance.
Sur Hangover Square, l’ambiance est au doute, la pression est latente mais bien présente, annonçant la suite.
Et quelle suite The Art Of War! Ah vous devinerez vite qu’il s’agit de mon second titre préféré, avec sa rythmique de dingue qui fera bouger les plus récalcitrants, parfaite en concert!
Avec 12th House, c’est un avenir lugubre qui nous attend, dans une atmosphère pesante. L’ambiance cyberpunk est palpable, on s’imagine aisément les graphismes qui pourraient s’y adjoindre.
Titre de presque 7 minutes, Lady Moon s’annonce comme le morceau le plus sensitif de l’album avec une nouvelle participation vocale de Greta Link, faisant suite à la chanson maintenant bien connue Venger (The Uncanny Valley, 2016).
Faisant la part belle au piano, Perturbator offre une respiration à l’album avec The Swimming Pool. Ce titre n’aura de cesse de me rappeler du John Carpenter (à propos de Vortex ou Night), ce qui nulle doute confère une dimension cinématographique à l’œuvre. Et cela est confirmé avec une tirade du Dr. Herbert West, extrait du film Re-Animator 2 venant clore la chanson.
On repart ensuite sur une ambiance lourde et angoissante avec Mors Ultima Ratio. Des sonorités de guitare de type new wave laissent place rapidement à des templates électro qui vite nous feront penser à du Carpenter Brut, tant dans le rythme que la puissance. Une performance musicale à la fois ambivalente et montrant la complexité et l’ingéniosité dans la jonction des genres. De nouveau, le titre s’éteint avec une phrase prononcée par un prédicateur dans la chanson Earth Air Spirit Water Fire du groupe High Spirits.
En guise de fin, Perturbator nous convie au titre éponyme Age of Aquarius dont la collaboration avec Neige (Alcest) ajoute une dimension au delà du terrestre. Le morceau est rythmé par la cymbale claire, la cadence est apaisée, le calme après la tempête. Illusion puisque le morceau montera en puissance jusqu’à des hurlements finaux concluant la chanson de plus de 10 minutes.
Si l’on prend la peine d’écouter dans son ensemble le disque, comme il est bon de faire défiler un titre après l’autre sur sa platine, on s’aperçoit d’une continuité dans les morceaux qui permet une écoute sans transition, comme un fil d’une pelote qu’on déroule.
Les fermata associées à des variations rythmiques des compositions apportent ici un souffle à chaque titre avant de repartir encore et toujours plus fort.
Sur fond d’angoisse, de violence, de guerre, Age Of Aquarius est semble t-il une parfaite fusion entre science fiction et horreur et à l’ère de la dernière saison de Stranger Things, c’est bienvenu! Si les dénominations des morceaux et la tension palpable dans les titres ne vous mettent pas la puce à l’oreille, les clips sauront vous convaincre.
Ainsi Perturbator en peu d’années a su s’imposer comme référence de la Dark Synthwave, apportant un son et une esthétique propre à lui.
Si vous ne tapez pas du pied et ne secouez pas la tête sur cet album, alors dommage, c’est que ce genre n’est pas fait pour vos oreilles, parce que dans ce domaine James Kent règne en maître.
Et si je vous ai convaincu de savourer cette pépite, je vous invite (si ce n’est pas déjà fait) à poursuivre votre écoute à travers les précédents albums de Perturbator et les compères de la scène Dark Synthwave que sont Carpenter Brut et autres Sierra Veins.