Artiste/Groupe:

Paradise Lost

CD:

Ascension

Date de sortie:

Septembre 2025

Label:

Nuclear Blast

Style:

Metal Gothique

Chroniqueur:

ced12

Note:

17.5/20

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Enfin ils reviennent. Cinq années qu’on attendait le successeur d’Obsidian. C’est que les musiciens de Paradise Lost nous sont tellement attachants, on les connaît un bail depuis qu’ils sont à l’œuvre et Nick Holmes reste un frontman hors pair ainsi qu’un excellent client tant ces interviews sont toujours un plaisir même lorsqu’il aborde des sujets plus lourds. C’est que Paradise Lost a eu une carrière étonnante. Un démarrage culte dans des années 90 très porteuses, une période plus «pop », des projets solo plus intimistes pour enfin revenir à un metal plus proche de celui des débuts. Pour autant le quatuor Nick Holmes (chant) – Gregor McKintosh (guitares, compositeur en chef) – Aaron Aedy (guitare) – Stephen Edmondson (basse) ne s’est jamais perdu et la bonne entente que ces quatre joyeux drille dégagent reste plaisante (et un peu rassurante vu le spectacle offert par d’autres groupes). Bon il reste la problématique du batteur où personne ne semble se stabiliser dans le temps mais le groupe semble toujours apte à trouver des solutions très satisfaisantes.

Ce nouvel album est en tout cas très attendu car le groupe nous offre de belles sorties et est redevenu une sacrée valeur sûre. Et cet Ascension confirme cette excellente dès son introduction, bien épique. Et surprend très vite avec une rythmique rapide (selon les standards Paradise Lost, on n’est pas chez Dragonforce !!). Très vite, on se rend compte que la production est impeccable (le son des guitares est remarquable) et Nick Holmes rappelle quel chanteur il est. Que ce soit avec cette voix growlée si magique ou en clair, l’anglais régale. Définitivement un vocaliste exceptionnel mais ce ne sera un scoop pour personne, tout le monde le sais déjà. Tyrants Serenade avec sa rythmique écrasante m’a furieusement fait penser au grand Type O Negative. Le rendu est magnifique et cette petite comparaison m’a régalé et renvoyé dans les 90’s. On retrouve des sonorités du Paradise Lost de One Second discrètement placées dans This Stark Town (bonus track réussi). Bien joué les anglais. (Phrase que d’ordinaire un fan de rugby déteste prononcer !). Salvation présente une grande richesse, sept minutes au compteur, des variations très pertinentes avec des passages doomy du plus bel effet permis par la voix bien caverneuse d’un Nick Holmes pertinent. Un doom délicieux, sombre, désespéré mais avec de belles mélodies de guitare. Il y a aussi un petit côté Ghost sur les vocaux sur les passages en voix clair. Paradise Lost à son meilleur.  

Le motif de guitare sur l’intro de Silence Like The Grave est superbe et lance parfaitement bien un bon gros riff bien écrasant. Il se dégage un vrai côté Metallica (dans les accroches vocales), c’est très réussi là encore. Décidément, Paradise Lost reboucle bien avec la décennie 90’s, pour ma part j’aime beaucoup, cela donne un vrai cachet à la musique au combo. La semi ballade Lay A Wreath Upon The World fonctionne bien, on y retrouve une dimension plus pop-wave. Sur The Precipice, on retrouve le Paradise Lost, celui de Beneath Broken Earth. C’est lourd, lent, écrasant, magnifiquement désespéré. Cet Ascension accumule les bonnes idées, c’est très inspiré, c’est un vrai régal. Ce ressenti est d’autant plus fort que le groupe est en pleine forme, multiplie les bonnes idées et parvient à se montrer créatif tout en restant complètement dans son registre. Pour le dire plus clairement, les fans seront satisfaits, retrouveront « leur » groupe et pour autant, les anglais ne sont pas selon moi dans le fan-service à tenter, inlassablement, de rejouer leurs heures de gloire. Paradise Lost reste donc tourné vers l’avant tout en assumant son glorieux héritage. Aussi, je me suis renseigné auprès d’un grand fan devant l‘éternel du combo qui m’a totalement validé la qualité de cet Ascension ce qui ne fait que me conforter dans l’opinion que ce disque est une réussite. 

En ce sens, ce disque me semble une parfaite réussite et la preuve que Paradise Lost se porte à merveille. Le groupe nous ayant quelque peu déstabilisé dans les années 2000, il est agréable de les voir tenir depuis une certaine ligne, une meilleure lisibilité. Certes, comme je l’ai évoqué, le groupe reste dans une volonté d’innovation mais au sein d’un style désormais bien maîtrisé. Le recours au projet solo a permis aux musiciens d’exprimer leurs diverses sensibilités musicales et ainsi permettre de recentrer Paradise Lost sur son cœur de cible. C’est parfait ainsi et c’est un excellent usage des side-projects. Evidemment, on attendra le groupe en live (ne serait-ce que pour le bonheur de réentendre Say Just Words) là où le groupe n’a jamais déçu. On se souvient que le sens de l’humour de Nick Holmes reste un bonheur, que la formation joue toujours à merveille. Bonne nouvelle, les anglais seront dans notre contrée en Octobre (Lyon, Lille et Paris) dans le cadre d’une affiche bien doomy. Un sacré groupe, profondément attachant, hyper qualitatif qui nous régale une fois de plus ici. Rien à dire de plus, foncez (ré)écouter Paradise Lost. Encore et toujours.

 

Tracklist de Ascension : 
01. Serpent On The Cross
02. Tyrants Serenade
03. Salvation
04. Silence Like The Grave
05. Lay A Wreath Upon The World
06. Diluvium
07. Savage Days
08. Sirens
09. Deceivers
10. The Precipice
11. This Stark Town (bonus track)
12. A Life Unknown (bonus track)

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