Artiste/Groupe:

Oceans

EP:

Hell Is Where The Heart Is - Part 1 : Love

Date de sortie:

Janvier 2022

Label:

Nuclear Blast

Style:

Metal Moderne

Chroniqueur:

ced12

Note:

15.5/20

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J’ai toujours beaucoup aimé cette ligne vocale de Julian Casablancas (The Strokes) dans un effort solo récitant en boucle « Timing is Everything ». Il y a du vrai derrière cette assertion renvoyant à l’inoubliable phrase de Gorbatchev précisant que « l’Histoire ne pardonnait pas à ceux qui arrivaient en retard ». Le quartet allemand Oceans n’a vraiment pas eu de chance. Formé aux alentours de 2017, peaufinant méthodiquement sa musique, le groupe a signé en mars 2019 un deal avec Nuclear Blast avec seulement un single au compteur et … aucun show encore proposé. C’est peu dire que les Allemands généraient une certaine attente. Sauf que la crise sanitaire est passée par là, et si le groupe a pu partir faire quelques shows (en ouvrant pour les excellents Cellar Darling et Equilibrium), les musiciens n’ont de fait pu défendre leur premier album The Sun And The Cold paru en janvier 2020. Mauvais timing, que voulez-vous !!

Bien dommage car Oceans offre un metal assez moderne ma foi plutôt intéressant. On retrouve des ingrédients néo-metal, d’autres plus post-rock avec des éléments agressifs. La maison de disques, qui fait son job, parle d’influences death ce qui me semble un peu excessif. Le chanteur au look émo Timo Rotten alterne vocaux très agressifs et refrains en voix clair donnant un réel ancrage metalcore à la formation. Cela fait un peu penser à Amaranthe mais en bien moins excessif. Je pense plus au chant hurlé de Henrik Englund. Sur le morceau The Awakening, réussi au demeurant, on pense beaucoup au Korn des débuts. Le refrain clair est franchement sympa et à mon goût. Les paroles sont plutôt sombres de même que l’imagerie du groupe globalement assez dark. 

Autre point intéressant. Sans que je sache s’il s’agit là d’une nouvelle méthode d’appréhender le business ou d’une pragmatique adaptation à notre drôle d’époque, Oceans cumule les singles. Les Suédois d’Avatar, désormais sans maisons de disques, utilisent la même méthode et il semblerait que les jeunes formations reviennent un peu du traditionnel schéma "album" pour aller vers un système de sorties régulières de singles. Cela répond-il aux nouvelles logiques de la musique en streaming où il convient de maintenir une présence soutenue ? L’avenir nous le dira rapidement mais il me semblait intéressant de noter ce récent changement d’approche chez certaines formations. Bien sûr, nous sommes encore loin d’un phénomène massif et il conviendra de voir comment cela évoluera dans le temps.

Pour revenir à Oceans, nous tenons là une bonne formation de metal, moderne dans son approche tout en incluant des éléments assez 90’s dans son style. Le rendu est ma foi de qualité, assez abouti. Ce trois titres donne un bon aperçu de la musique desAallemands avec un sens certain de l’efficacité. Je me plairai à les suivre à l’avenir. 

P.S. : j’intègre ci-dessous une vidéo de Paralyzed, titre non présent sur le single chroniqué ici mais sur l’album The Sun And The Cold paru en janvier 2020, histoire de donner un aperçu plus large de ce qu’Oceans propose. 

Tracklist de Hell Is Where The Heart Is - Part 1 : Love :

01. Love (Inro)
02. The Awakening
03. Sulfur
04. Skin

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