Artiste/Groupe:

Obscurity

CD:

Ascheregen

Date de sortie:

Janvier 2026

Label:

TrollZorn Records

Style:

Death Melo, Pagan Metal

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

16/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Amies lectrices et amis lecteurs, accrochez vous, ça va décoiffer comme une prise de relais de Lou Jeanmonnot, en mode "je rattrape 30 secondes sur le dernier tour" :

Obscurity sort son dixième album, le relais allemand du Black Metal est en piste ! Pour amateur des Varg de la belle époque (parce que depuis maintenant une petite décennie, ils sont devenus déprimants..).
Signé chez Trollzorn Records (le même sponsor que depuis 27 ans, fidélité digne d’un athlète suédois à sa suédoise), le quintet teuton—composé d’Agalaz (chant, spécialiste des hurlements en montée), Isarn (batterie, roi des départs canon), Grimnir et Njalvar (guitares, les jumeaux du tir groupé), et Vidar (basse, le fondu qui ne lâche jamais le train)—s’élance sur la piste d’Ascheregen comme les bleues sur le relais 4x6 km des dernières olympiades : avec l’ambition de tout casser, mais en gardant un peu de lucidité pour ne pas finir dans le décor après le premier tir couché.

1ère relayeuse : Initium Dekadentiae
Le public retient son souffle. Les premières notes, douces comme une neige fraîche sur les skis, laissent croire à une balade en ski de fond. Mais c’était sans compter sur Isarn, qui balance un départ de batterie plus violent qu’un 12/20 de Justine Braisaz-Bouchet, en forme de jour sans. En deux mesures, on passe de la contemplation des sapins à un sprint en descente sans bâton, avec Agalaz qui hurle comme si sa médaille dépendait du premier tour. Le Black/Death mélodique, c’est un peu le biathlon : ça alterne entre poésie des paysages et crise cardiaque pure.

2ème relayeuse : Flammentaufe
Transition parfaite, comme un passage de témoin entre Lou Jeanmonnot et Océane Michelon. Le morceau s’élance, Viking Metal en bandoulière, avec des riffs qui montent et descendent plus vite que les pourcentages de réussite au tir des Norvégiennes. La section rythmique, elle, martèle comme le coach français hurlant sur le bord de la piste « Allez on ratrappe la Suède ! ». Et quand le morceau s’achève sur une respiration bien méritée, on se dit que c’est le moment idéal pour un ravitaillement… ou un shoot de gel énergétique dopé à la mélancolie.

3ème relayeuse : Schwur
C’est le tour de la tornade. Les riffs déferlent comme Océane Michelon dans la dernière montée, avec des breaks dissonants qui rappellent ces moments où tu crois que ta skieuse favorite va s’écrouler dans un virage… avant qu’elle ne se relève et ne parte en trombe. Le final, doux comme un bisou sur un front en sueur après l’arrivée, prouve qu’Obscurity maîtrise l’art du contre-pied : après t’avoir scotché au mur, ils te bercent contre une comptine alpine.

4ème relayeuse : Blutgebet
Là, on est dans le money time, donc là où tout va se jouer. Un rythme solide, accessible, mais qui donne envie de taper du pied comme un supporter français devant son écran en hurlant « Mais tirez juste, bon sang ! ». Les refrains sont faits pour être hurlés en chœur, façon stade d’Antholz quand les Bleues passent en tête. Et quand les harmoniques repartent, c’est comme si Julia Simon venait de réussir son dernier tir et lançait le sprint final après sa jolie révérence : tu sais que l’intensité ira croissante, et tu adores ça.

Ancre : Dreifaltigkeit
L’intro est aussi accrocheuse qu’un dossard olympique, et les riffs saccadés, légèrement folk, rappellent ces moments où une Suédoise te double dans la dernière côte avec un sourire sadique. Mais Obscurity, comme les Françaises, ne lâche rien : le morceau est une promesse de médaille, même si les Norvégiennes (ou les Suédoises, c’est selon) menacent toujours derrière.

Le dernier virage : Ascheregen
Mi-tempo, hypnotique, un peu mélancolique—comme quand tu réalises que tes espoirs de podium reposent sur le dernier relais et que la relayeuse a l’air de doubler ses bâtons. Mais attention, le final s’embrase, et te voilà propulsé vers Ketzerjagd, un morceau d’une férocité à faire pâlir une attaque de Johannes Thingnes Bø. La batterie y va comme un forcené en quête d’or, et les cris d’Agalaz sont ceux d’un coach norvégien réalisant que, cette fois, c’est la France qui va gagner.

Sprint final : Läuterung à Dystopie und Schwanengesang
De Läuterung (où l’on se croit parti pour une épopée dignes des légendes du biathlon) à Dystopie und Schwanengesang (qui alterne entre mélodies envoûtantes et fureur pure, comme lors d’un dernier tir où tout peut basculer), Obscurity prouve qu’ils sont les rois du "zéro faute au tir". Même les passages Death Metal les plus féroces laissent place à des moments éthérés, comme ces secondes de silence avant que le speaker n’annonce : « Et c’est l’or pour la France ! ».

Verdict : Obscurity, champion olympique du riff dévastateur !

Depuis que je les suis, ces Allemands ne me déçoivent jamais, enfin en musique parce en biathlon le niveau est devenu raplapla. Ce dernier des Obscurity, Ascheregen, c’est le relais féminin des françaises aux JO 2026 : une performance collective où chaque musicien joue son rôle à la perfection, entre agressivité germano/scandinave et mélancolie hivernale. Le tout avec une régularité au tir (Rif et breaks) qui ferait pâlir d’envie les Norvégiens. Bref, un album qui mérite le podium, donc sa place à côté de Tenebris et Vuoto—comme Julia Simon et Lou qui règnent sur l’Olympe à côté de leurs belles médailles tant méritées.

Et puis entre nous… le biathlon et le Black Metal (melo ou non) ont un point commun :
ça revient chaque hiver,
ça pique un peu,
et on en redemande.

Tracklist de Ascheregen :

01. Initium Dekadentiae
02. Flammentaufe
03. Schwur
04. Blutgebet
05. Dreifaltigkeit
06. Ascheregen
07. Ketzerjagd
08. Läuterung
09. Bekehrung
10 Runenwinter
11. Rúnar Víg 
12. Dystopie und Schwanengesang

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !