Artiste/Groupe:

Nordkapp

CD:

Spin

Date de sortie:

Novembre 2021

Label:

Araki Records

Style:

Post Math Rock

Chroniqueur:

fabulous

Note:

15/20

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Two-pieces post-math-rock band from Paris.
Voilà le peu d’informations que l’on peut glaner en allant sur le Facebook du groupe. Nous avons donc déjà le style. Je cherche donc à en savoir un peu plus, je vais sur la page Bandcamp du groupe. Là j’apprends, et c’est aussi écrit sur le joli digipack que j’ai reçu, que le groupe est composé de Constantin du Closel à la batterie et aux percussions et de Paul Deligny aux guitares et loops. Cherchons encore. Là, j’apprends via le compte Instagram du groupe que Spin est le « debut album ». Ambitieux d’ailleurs de commencer direct par un album alors que bon nombre de groupes commence par un EP. Allons plus loin. Voici d’autres infos trouvées sur le net : le groupe existe depuis 2012, et c’est lorsque Paul quitte Amiens pour Paris qu’il rencontre Constantin. Le projet est alors créé. Fort d’une expérience live conséquente avec de nombreux concerts, ce n’est donc que en 2021 que le groupe passe par la case studio avec donc suffisamment de matières pour faire un album. Ce petit jeu d’enquête est toujours intéressant pour en savoir plus sur un groupe, et ce côté mystérieux sied parfaitement au groupe. 
Maintenant que j’ai réussi à planter le décor, parlons donc de ce premier album Spin
 
 

Si le joli artwork de l’album fait clairement penser aux films de science-fiction des années 80, difficile en revanche d’être aussi clair sur « l’étiquetage » ou les influences de Nordkapp. Le groupe se catégorise comme étant post math rock et c’est effectivement ce qu’il leur va le mieux. Math rock c’est incontestable et ça se ressent à travers les compos ciselées du duo, faites de rupture (La Mer A Boire, Sven) et de riffs complexes (Sven, Pacific 231). Post Rock également, par la durée des morceaux dépassant les sept minutes (Flaesh, Sven, Pacific 231) et ces retombées de rythmes permettant à l’auditeur de mieux digérer ce qu’il vient d’entendre. Mais là où Nordkapp se démarque, c’est de justement combiner les deux dans un seul morceau. Ainsi le démarrage de Flaesh est un bon exemple, ça tabasse fort d’entrée avec la batterie et la guitare qui envoient déjà des plans complexes mais tellement bons. Le rythme soutenu décoiffe sévère, puis vient l’accalmie et là on se prend à planer, à prendre du recul ou plutôt à regarder la scène depuis le ciel. Mais ça ne sera pas ça jusqu’à la fin des huit minutes cinquante, les deux dernières minutes proposent un riff répétitif mais jouissif. Les deux gars de Paris se lancent aussi dans l’expérimentation comme sur (Nocturne), morceau de deux minutes étant plus une intro qu’autre chose, fait de sonorités stridentes, de plan de batterie lent et minimaliste, dispensable finalement. Heureusement La Mer A Boire fait oublier de la plus belle des manières ce raté en démarrant par un riff ultra efficace, puis en maintenant une forme de tension, d’attention permanente tant on est pris par l’envie de décortiquer chaque note et cela jusqu’à la fin des six minutes cinquante. Parfois Nordkapp se fait plus envoûtant, plus mystique (Spin = Steel & Steam), plus groovy (Sven, Pacific 231) avec un son plus gras et lourd, la batterie de Constantin étant particulièrement présente sur ces deux morceaux avec des frappes lourdes. Pacific 231 qui clôture l’album est d’ailleurs un des meilleurs titres avec ce riff de guitare répété quasiment à l’infini, quelques notes où jamais on se dit "mais quand est-ce qu’il arrête", au contraire. Presque neuf minutes magnifiques pour clôturer les débats. Débat il n’y en a pas, Nordkapp sort un premier album convaincant, riche, complexe parfois mais toujours agréable. Espérons qu’il ne faudra pas attendre neuf ans pour avoir la suite.

Tracklist de Spin :
01. Flaesh 
02. (Nocturne)
03. La Mer A Boire 
04. High Numbers Vertigo
05. Sven
06. (Spin = Steel & Steam)
07. Pacific 231

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