Artiste/Groupe:

Neurosis

CD:

An Undying Love For A Burning World

Date de sortie:

Mars 2026

Label:

Neurot Recordings

Style:

Neurosis

Chroniqueur:

ced12

Note:

17/20

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Attention groupe culte de chez culte. Ok on a tendance (moi le premier) à surabuser de la notion de culte mais là tout de même, il faut reconnaître que concernant Neurosis, cela s’entend. Formé en 1985, ayant inspiré des groupes majeurs comme Isis, Cult Of Luna, le collectif californien fait partie des références absolues du genre. Groupe difficile à étiqueter si bien que les concernant on entend invariablement post-metal, metal expérimental, drone-metal. Ajoutons des éléments doom (la musique de Neurosis est sombre c’est indéniable), une agressivité matinée d’éléments punk, Neurosis c’est aussi un groupe précurseur en plus d’être un groupe majeur. 

En 2019 le groupe est rentré en hiatus suite aux révélations concernant son chanteur, guitariste et leader Scott Kelly accusé de violences envers sa femme et sa fille. Vilaine histoire que Scott Kelly a fini par reconnaître le poussant naturellement à se retirer de la vie artistique. Ainsi, le disque Fires Within Fires paru en 2016 semblait être le dernier disque de Neurosis
Et puis, belle surprise début 2026 avec l’annonce du retour du combo. Nouveau vocaliste (Aaron Turner) et surtout nouvel album. Le gang de Californie n’a pas souhaité faire monter la sauce avec une annonce anticipée plusieurs mois avant mais a bossé, discrètement mais sûrement. Nouvel album donc et forcément grosse pression vu le background et les états de service du groupe.
 

L’intro de moins d’une minute avec des voix hurlées comme des cris en manifestation débouche sur un riff bien post. Ecrasant à souhait, Mirror Deep fait mal d’entrée. Chant hurlé, break ambiance drone metal puis relance virulente, Neurosis maîtrise toujours aussi bien l’art du contraste, du clair-obscur. C’est intense, exigeant, remuant, c’est du Neurosis. La production est un peu "cradingue", ça va bien au combo. 
Ensuite, on bascule sur des compos plus audacieuses dépassant allègrement les 8 minutes (à l’exception d’Untethered plus ramassé avec ses quatre minutes, très réussies par ailleurs). Ambiance pesante, les passages atmosphériques sont empreints d’une lourdeur permanente, d’une lumière sombre. Neurosis reste fidèle à son registre, sombre, dark. Et pourtant, comme les patrons du style, une luminosité se fait jour. Le post-metal dans ses vertus historiques, pesant et inspiré. Autre vertu de ce disque come-back : il est dense, long, se tient parfaitement. Neurosis n’est pas revenu avec un single en guise de carte de visite mais un vrai album, complet et pertinent.

Retour aussi inattendu que réussi, Neurosis se rappelle au bon souvenir d’une scène post-metal sans doute moins dynamique et populaire que dans les années 2010. Les fans historiques seront ravis, la qualité est là et surtout l’espoir d’un retour sur les planches. On saluera le très bon recrutement d’Aaron Turner, véritable sauveur du groupe après le désastre Scott Kelly. Le groupe s’est remis et vient de réembrayer et remettre la marche avant. Grâce leur soit rendue. De tels retours, on en redemande ! 

Tracklist de An Undying Love For A Burning World :
01. We Are Torn Wide Open
02. Mirror Deep
03. First Red Rays
04. Blind
05. Seething And Scattered
06. Untethered
07. In The Waiting Hours
08. Last Light

 

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