Artiste/Groupe:

Necrophobic

CD:

In The Twilight Grey

Date de sortie:

Mars 2024

Label:

Century Media Records

Style:

Blackened Death Metal

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

17.5/20

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On se tue presque à vous le répéter, quelques mots semblent plus importants que d’autres.

Je ne parle pas des "Gros Mots", ingrédients magiques, comme Amour, Liberté, Humilité, Amitié ... et leurs sauces plates à la mode Biodiversité, Résilience, Cosi, Réchauffement climatique qui toujours galvaudés, finissent par nous donner la nausée.
Eux, ils ont déjà leurs places garanties, moulinant dans les phrases quotidiennes.
Non, je pense à des petits mots tout simples, de ceux qui sont tout bêtes et bien courants.
Constitués aussi des éléments qu’ils véhiculent, et quand ceux-ci évoquent des objets, des êtres ou des notions, ils forgent parfois universellement l’imaginaire à travers les temps, dépassant les modes et les us et coutumes.
Et pourtant, on les traite mal, ou du moins moins bien que les "Gros Mots", sans doute parce qu’ils sont trop courants, trop simples.
Preuve, on finirait par les oublier et les évincer de nos phrases et donc de nos vies.

Parfois, ils reviennent en tête à l’occasion d’un souvenir, d’une fulgurance, au détour d’une page, d’une charmante chronique sur France Culture.
Prenons Ténacité comme exemple.
Tout simple, tout bête et finalement peu usité, un truc-machin qui définit l’ardeur et la pugnacité avec lesquelles on fait les choses, évoquant de jolies valeurs universelles. Et bien la Ténacité s’est perdue dans les limbes des modes. D’ailleurs on lui préfère l’atroce expression "on ne lâche rien", mais ne nous y trompons pas, celle-ci possède aussi peu de saveurs qu’une feuille de laitue dans une salade parfumée de roquette.

C’est bien ce qui nous ramène sur le terrain de nos chères Aux Portes du Métal, car ici Haut, nous aimons les perfectionnistes talentueux, vrais et pugnaces. D’ailleurs, nous passons un temps infini et précieux à les découvrir.
Et à ce titre, quelques Groupes semblent plus authentiques que d’autres...
Je ne parle pas des "Super Groupes", dont on nous rebat les oreilles à coup de pub, d’IA, de Ton Tube ... dont les œuvres sont bien souvent surévaluées.
Eux, ils ont déjà leurs places garanties, tout en haut des affiches des festivals.
Non, je pense à des super petits groupes, tout simples et pas bien connus.
Que l’on finirait inexorablement par oublier.

Parfois, ils reviennent en tête à l’occasion d’un souvenir, d’une fulgurance, d’une jolie chronique ou d’un nouvel album.
Tiens, en matière de réminiscence, prenons Necrophobic.
Neuf albums, une œuvre juste un peu connue des fans du genre, mais toujours pas reconnue par la foule Metal.

Et voilà un dixième album qui déboule ... nous entrainant dans leurs imaginaires à travers le temps, loin des modes ...
Vous voici ainsi prévenue, la population chevelue, Necrophobic, le groupe mythique venu du froid vient de sortir un nouvel album intitulé In The Twilight Grey le 15 mars dernier, via Century Media Records.

Un album qui se place en dehors des us et coutumes, du genre Death Metal et des genres.
Qui va vous demander une mise en boucle indénombrable, pour en apprécier l’ensemble des nuances tant les variations sont nombreuses et "transportantes". Ils ont réussi un In The Twilight Grey à l’accord parfait, plein de grâces, puissamment construit, fort, profond, passionnant et surtout jamais redondant, ni chiant ...

Ce nouvel opus a été produit, mixé et masterisé par Fredrik Folkare, guitariste d’Unleashed aux Chrome Studios de Stockholm. Il lui a insufflé un souffle mauvais qui ainsi osmosé à la force créatrice du groupe, donne un rendu à la fois sombre et vivifiant. Un premier single intitulé As Stars Collide avait été dévoilé. Il tue !


Shadows Of The Brightest Night, sera le parfait exemple de cette effusion de sons entre rires démoniaques, une batterie assénant des coups de marteau signés du seul membre du line-up originel Joakim Sterner, et un riff de guitare enivrant de Sebastian Ramstedt, revenu dans le giron en 2016, pour notre plus grand plaisir. Plongez dans ce morceau, démonstration de la confiance en leur musique, les membres de la horde scandinave semblent s’élever par leur jeu musical. Froid, glacial, mais aussi limpide que du cristal, ce Shadows Of The Brightest Night est à l’image d’un monochrome de Malevitch, simplement et seulement enneigé, mais d’une couleur intense.


Je vous laisse découvrir les autres pépites foisonnantes comme le magistral In The Twilight Grey, ou Stormcrow et Mirrors Of A Thousand Lakes .

Oui Necrophobic, votre In The Twilight Grey est merveilleusement bien balancé.
Heureusement, celui-ci décline bien plus de nuances que les platitudes pseudo émoustillantes tirées des 50 nuances de gris, et promus à l’usurpation de chef d’œuvre, reposant juste sur son succès planétaire.
Il est vrai que la romancière E. L. James ne cible pas le même public, quoique ...
Il est vrai également que nous ne sommes pas dans le même registre, quoique ...
Oui Necrophobic, vos compositions tendent vers l’équilibre parfait, tiraillé entre force et précision, entre puissance et volupté, entre inventivité et rigueur.
Moult félicitations, messieurs les finlandais, et s’il semble que le succès planétaire ne devrait pas vous impacter, nous les fans, nous saluons votre acharnement, cette longue combattivité, votre mordant indéfectible, petits mots quant à eux importants, précisant votre magistrale ténacité.
Nous y voilà, c’est bien l’essentiel.

Tracklist de In The Twilight Grey :

01. Grace Of The Past
02. Clavis Inferni
03. As Stars Collide
04. Stormcrow
05. Shadows Of The Brightest Night
06. Blackened The horizon
07. Mirrors Of a Thousand Lakes
08. Cast In Stone
09. Nordanvind
10. In The Twilight Grey
11. The Torture Never Stops
12. Ascension (Episode Four)

 

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