Lors d’une très plaisante discussion au sein de notre équipe, l’excellent Jean-Mich’Hell nous posait la question qui revient à chaque fois que les portes de l’Enfer se ferment du côté de Clisson : qui pour prendre le relais à l’avenir pour jouer les têtes d’affiche de nos gros Fest ? Interrogation rhétorique car on commence tous (y compris les plus optimistes) à pressentir qu’on ne retrouve pas de groupes aussi fédérateurs que nos Metallica,Iron Maiden ? C’est ainsi le monde de la musique a évolué. Nos scènes se sont « spécialisées » et à ce jour, à part éventuellement un Ghost(et encore !), plus aucun groupe constitué depuis Slipknot ne semble capable d’ameuter des milliers de personnes. Néanmoins, dans notre bonne volonté, nous avons noté que quelques jeunes groupes fédèrent et Motionless In White en fait indéniablement partie.
Créé vers 2005 autour du chanteur et guitariste Chris Cerulli, ils ont déjà réalisé de jolis scores dans les charts US naviguant autour des top10. Venant des scènes émo, quelque peu décriées alors pour leur look post-gothique un peu plaintif, ces musiques assez typiques US bénéficient aujourd’hui d’un statut culte, la nostalgie aidante (My Chemical Romance en étant un bel exemple). Motionless In White s’est éloigné de cette musique pour rejoindre des terres plus alternatives, plus metalcore. Bon, MIW c’est commercial n’ayons pas peur de le dire. A toutes fins utiles, le nom du groupe vient d’une compo d’Eighteen Visions. Gênés comme à peu près tout le monde par une crise sanitaire générant alors tant d‘incertitudes, MIW a pris son temps et bien aidé de leurs producteurs Drew Fulk et Justin DeBlieck, ils sont partis d’une soixantaine de compos pour finalement aboutir à treize titres ce qui est un peu plus que les standards d’une époque qui a tendance à raccourcir les albums pour gagner en impact.
Branchés pop-culture, le groupe a pu exprimer son amour d’une pop-culture US qui parfois nous échappe un peu mais où les influences Jeux Vidéos sont bien présentes (les univers Cyberpunk et Doom le mythique jeu de Shoot’Em Up sont ici invités à la fête). Autre référence pop-culture, le titre Werewolf, compo mise en avant par des musiciens fans, renvoie au mythique Thriller de Mickael Jackson. La vidéo permet d’aller au bout de la démarche où on retrouve la mémorable veste rouge. MIW connaît ses classiques, incarne une réelle continuité et s’affirme dans une certaine tradition américaine. Le groupe a d’ailleurs de la suite dans les idées concernant ses visuels. Les mauvais esprits diront que le groupe compense ainsi une musique pas forcément démente sur le plan qualitatif. Il y a un fond de vrai pour tout dire car la musique du groupe reste un metalcore accessible, catchy et franchement mainstream. C’est sucré, presque trop mais néanmoins, cela fonctionne auprès d’un public amateur de ces compos immédiatement accrocheuses. Comme le groupe a une image forte et marquée, forcément cela fonctionne.
Le frontman a un look marqué, tous les musiciens sont ultra lookés, le groupe cultive son image et le leader arbore un faux air de Marilyn Mansonmais en version aseptisée, bien propre sur lui. Autre point fort du groupe qui a tout compris du business moderne. L’imagerie du groupe est joliment décalée, assez aboutie avec un univers gothisant mais qui ne fait pas de mal à une mouche. Motionless In White peut-il devenir un groupe majeur et répondre à l’interrogation de Jean-Mich’Hell ? Aux Usa peut-être tant le groupe nous semble désespérément américain eux qui viennent de Scranton (Pennsylvanie) mondialement connu par la série The Office. En Europe, je suis un peu plus réservé le groupe matchant moins avec notre Culture. N’empêche, ça plait aux jeunes générations, ça cartonne en live (cf le dernier Hellfest où seul Falling In Reverse a fait plus impressionnant). Motionless In White reviendra en France à l’Hiver 2026 (fort espérons le d’un nouvel album ce Scoring The End Of The World datant de 2022). Il sera intéressant de voir jusqu’où le groupe ira.