Artiste/Groupe:

Marius Danielsen

CD:

Legend Of Valley Doom Part 3

Date de sortie:

Mai 2021

Label:

Crime Records

Style:

Power Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

14.5/20

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Vous aimez le power metal épique et symphonique du début des années 2000 ? Les deux premiers albums d’Avantasia ? Rhapsody (of Fire ou pas) ? Vous êtes nostalgique de cette époque ? Le Norvégien Marius Danielsen (et son frère Peter) aussi, apparemment. Il suffit de jeter un œil au titre de l’album, son illustration, sa tracklist et son interminable liste d’invités (franchement, rien que la détailler prendrait la place d’une chronique habituelle) pour comprendre que l’on est en présence d’un bon vieux "Metal Opera" épique des familles ! Va y avoir de la narration, des chœurs comme s’il en pleuvait, des orchestrations chargées (avec violon, flûte, clavier etc.), du refrain héroïque en veux-tu en voilà, du concours de qui chante le plus haut, a le plus beau vibrato... Bref : la bande-son idéale pour un départ en vacances direction je ne sais quel lieu enchanté (ou désolé) à dos de dragon, c’est Danielsen qui vous l’offre ! Il y a deux ans et demi, j’avais chroniqué le second volet de Legend Of Valley Doom. Pas mal. Il y avait de l’ambition et des moyens mais l’œuvre m’avait semblé un peu inégale et trop longue. On y percevait un sacré potentiel, de très bons moments mais aussi un certain nombre de défauts (un manque de personnalité, un agencement discutable qui créait un certain déséquilibre - trop de temps calmes au début de l’album notamment, une conclusion qui manquait de force aussi) qui le plombait. Pour le troisième chapitre de sa trilogie, Marius et ses copains ont-ils fait mieux ? Le tir a-t-il été rectifié ? Globalement, oui. Pas complètement cependant... mais il y a vraiment du mieux dans cette Part 3.

Je ne vous donne pas tous les détails du casting, l’ampleur de la tâche me fait frémir... mais je glisse tout de même quelques noms histoire de ne pas être taxé de gros fainéant (je me contenterai juste d’être une petite feignasse). Dans les chanteurs, quelques anciens participants refont surface : Olaf Hayer, Tim "Ripper" Owens, Daniel Heiman, Raphael Mendes (le clone vocal de Bruce Dickinson dont on entend parler de plus en plus, notamment à cause de ses vidéos sur les réseaux sociaux)... Alors que d’autres sont invités pour la première fois (Ralf Scheepers, Alessandro Conti, Herbie Langhans...). Mais il y a aussi du guitariste à foison invité pour poser un petit solo (Richard Fortus, Jennifer Batten, Arjen Lucassen, Timo Somers, Dushan Petrossi et j’en passe), sans oublier le claviériste Derek Sherinian venu lui aussi faire un tour... Bon, je m’arrête là mais si vous voulez en savoir plus et comme je suis serviable, je vous propose un lien (ici) qui vous permet d’accéder au casting complet de tous les épisodes. De rien.

Pas besoin d’aller bien loin dans l’album pour s’en rendre compte : ce nouvel opus est plus immédiat et efficace que son prédécesseur. Contrairement au chapitre précédent qui mettait trop de temps à démarrer et livrait une compo entraînante perdue au milieu de pistes calmes avec narration et orchestrations, on entre plus rapidement dans le vif du sujet ici. Seven Ancient Artifacts, c’est le titre speed de rigueur, idéal pour démarrer. La thème délivré par la guitare lead a ce souffle héroïque propre au genre, les chanteurs ne déméritent pas et livrent une performance assurée... et la production est de qualité : pas de petit son ni mix déséquilibré qui viendrait gâter la sauce ! Puis arrive Journey To The North, un hymne (plus mid-tempo mais toujours énergique) très catchy à la mélodie plus celtique et qui s’incruste durablement entre les deux oreilles de l’auditeur. Troisième piste, troisième couleur : on est sur de la power ballade épique avec un refrain qu’on imagine bien repris par les clients d’une taverne, chopine à la main. Pas le type de morceau que j’affectionne le plus mais, dans le genre, il reste bien fait. On reconnait le son caractéristique du clavier de Sherinian sur l’intro de Mines Of Eloroth, titre qui célèbre le retour du speed mélodique au premier plan et permet de profiter de la voix du talentueux Daniel Heiman. Je vais vous épargner un "track-by-track" détaillé sinon on y est encore demain. Sachez que l’ensemble est homogène et bien énergique tout du long. On trouvera bien un mid-tempo guerrier au refrain choral fait pour se donner du courage avant la bataille (Battle Of Eloroth) et une compo plus lourde (Deep In The Mountain) mais ce sont les morceaux plus rapides qui se taillent la part du lion comme les convaincants March Into The Storm, Tomb Of The Fallen Kings (sur lequel les ombres de Kamelot et Stratovarius planent), Stars Will Light The Way ou l’épique (oui, ce qualificatif revient souvent, il s’applique à toutes les chansons proposées en fait) For Our King And For Our Land de neuf minutes qui clôt la sage avec panache. On notera au passage qu’alors que l’album précédent manquait de conviction dans sa conclusion, celui-ci s’achève avec trois compos très réussies pouvant figurer parmi les meilleures de l’opus. Cette fois, Danielsen ne flanche pas avant que la ligne d’arrivée ne soit franchie ! 

Donc, il est plutôt chouette ce Legend Of Valley Doom part 3 ? Oui. Indiscutablement. C’est même une bonne surprise. "Alors pourquoi cet abruti de Blaster n’est-il pas plus généreux dans sa notation ?!", vous écriez-vous sûrement. Alors, déjà, calmez-vous, nous n’avons pas élevé les dragons ensemble. Ensuite, eh bien... je vais vous quand même vous répondre. Aussi sympathique soit-il, ce disque possède encore - à mon sens- quelques petits défauts ou points perfectibles. Les voici :

1. Le syndrome du "trop". Certes, les compos sont globalement bien fichues et réjouissantes mais l’album reste long (soixante-seize minutes !). Et il y a tellement de personnages (= de vocalistes) qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Certains passent bien trop vite (je crois avoir réussi à repérer Ripper à un moment mais je n’en suis pas sûr), ils sont plusieurs à se succéder au sein d’une même compo (quelques-uns ont des voix ou styles assez proches en plus)... Bref, pas toujours simple de distinguer tous les invités tant il y en a. 

2. L’écriture de Danielsen est efficace (et s’est même améliorée depuis la dernière fois) mais manque de personnalité. De façon générale, tout cela est très bien fait mais n’invente rien. Cet argument a ses limites, j’en conviens. On peut dire ça d’énormément de productions actuelles. Mais Legend Of Valley Doom reprend parfois des mélodies qu’on a déjà entendues ailleurs. Exemple : le thème principal de Tomb Of The Fallen Kings (mélodie du riff d’intro qui se trouve également être celle du refrain), c’est Hunting High And Low de Stratovarius. Le morceau est plus heavy et épique par contre... et la participation de Ralf Scheepers au chant lui donne un certain cachet. Même remarque pour For Our King And For Our Land qui emprunte (note pour note) la mélodie du refrain de Legend Of Steel de Luca Turilli

Malgré ces bémols, Legend Of Valley Doom Part 3 est un bon disque. Et ce n’est pas de sa faute si je suis moins réceptif au genre dans lequel il officie aujourd’hui que je ne l’étais il y a vingt ans. Ses qualités sont telles que j’imagine mal les aficionados d’opéra metal épique ne pas y succomber. Il s’adresse clairement aux nostalgiques des grandes heures des groupes cités dans cet article et devrait, en toute logique, leur apporter pas mal de plaisir. 
 

Tracklist de Legend Of Valley Doom Part 3 :

01. Seven Ancient Artifacts
02. Journey To The North
03. The Ballad Of Arnoth The Wild
04. Mines Of Eloroth
05. Battle For Eloroth
06. March Into The Storm
07. Bane Of Lord Cremortius
08. The Sarlinian Bow
09. Deep In The Mountain
10. Tomb Of The Fallen Kings
11. Stars Will Light The Way
12. For Our King And For Our Land

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