Quel plaisir de retrouver Marco Hietala sur le devant de la scène après son départ de Nightwish ! D’ailleurs en tant qu’inconditionnel de ces derniers, nombreux (dont moi) se sont demandés mais quelle mouche l’a piqué ? Ce n’est qu’après une absence bien trop longue à notre goût que le sieur a expliqué ne plus pouvoir continuer de gérer son anxiété et sa dépression, une maladie compliquée mais qu’il parvient à surmonter maintenant. Clap de fin donc pour le Marco membre de Nightwish (dont les relations au sein du groupe n’ont jamais été des plus simples visiblement, mais là n’est pas le propos). C’est pourquoi l’annonce de cet album solo de Marco fut une bouffée d’oxygène pour tous ceux qui appréciaient le gus.
Mais déjà, l’annonce d’un titre en duo avec Tarja fait planer de suite l’ombre de Nightwish, tel un spectre au-dessus de leur tête. Aura-t-on un ersatz de Nightwish ? Un album de metal symphonique au goût du passé et bourré de sépia ? Rassurez-vous ce duo n’est qu’un coup d’épée dans l’eau, le reste de la galette est loin, mais alors très loin de tout ça.
Et pourtant l’entame de cet album fonce tout droit dans le sens de mon propos ci-dessus puisque entre Frankenstein’s Wife et Left On Mars, ce fameux duo avec Tarja, on est très près de l’univers nightwishien des débuts, et bien que ces deux titres soient plutôt bons, on espère autre chose que du réchauffé.
Alors le reste est dans les mêmes eaux ? Que nenni ! Marco Hitala nous balance tout son talent à la gueule et tout son savoir faire tel un coup de poing dans le bide. Il s’aventure dans du gros son heavy aux guitares puissantes et à la batterie au son métallique sur Proud Whore ou Rebel Of The North. C’est incisif et tranchant, même si les claviers qui apparaissent par moment sont presque dispensables. Serait-ce le nouveau visage de Marco Hietala ? Pas que, puisque le bougre se fait plaisir, et nous fait plaisir avec cet opus, tant les découvertes fusent, et j’en veux pour preuve le Dragon Must Die, une épopée de plus de sept minutes au son d’epic metal qui monte en puissance jusqu’à une seconde partie d’une violence telle qu’on ne peut passer à côté de cette similitude avec le One de Metallica. C’est un ovni qu’on pourrait classer entre ces derniers et Led Zeppelin, c’est cadeau, allez-y, ce titre vaut à lui seul le détour. On change de registre avec The Devil You Know et Impatient Zero où l’on retrouve un Marco très hard bluesy aux relents sudistes US, et c’est diablement bien exécuté et porté par ce timbre de voix qui colle à merveille dans ce registre. Et tant pis si les incartades de claviers sur Impatient Zero donnent un petit côté hard FM, perso j’adhère.
Et que dire du titre Two Soldiers où la voix de notre chanteur est propulsée sur le devant et se met presque à nu pour subjuguer l’auditeur (comme s’il y avait encore matière à débattre de l’immense talent de son organe). Le chant mais aussi le phrasé en seconde partie sont juste sublimes, et comme en plus c’est accompagné d’une superbe orchestration, au final il touche le mille. L’album se conclut sur Tammikuu chanté en finnois, ce qui m’interroge car j’aurais vu plus de titres dans sa langue d’origine, surtout quand c’est excellent, et la ballade éponyme qui, une fois de plus est portée par le talent vocal de Marco qui donne une saveur très particulière à ce titre et boucle la boucle de manière remarquable.
Alors oui certains diront que ça manque de cohésion, ça part dans trop de directions. Ok, mais comme chaque morceau est réussi, pourquoi bouder notre plaisir. Non seulement on retrouve Marco Hietala sur le devant de la scène (et rien que pour ça, c’est une grande nouvelle), mais en plus il nous balance un excellent album qui ne singe en rien son ancien groupe.
Tracklist de Roses From The Deep :
01. Frankenstein’s Wife 02. Left On Mars 03. Proud Whore 04. Two Soldiers 05. Dragon Must Die 06. The Devil You Know 07. Rebel Of The North 08. Impatient Zero 09. Tammikuu 10. Roses From The Deep