Artiste/Groupe:

Lucie Sue

CD:

Battlestation

Date de sortie:

Aout 2025

Label:

Sphynx

Style:

Punk Grunge Rock

Chroniqueur:

KABET

Note:

19.5/20

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Après un premier rendez-vous réussi sur la scène du Hellfest, je restais sur mes gardes à la sortie de cet album. Il m’est arrivé parfois d’être très déçu d’une galette, d’autant plus quand l’attente est longue. Bon je vais la faire courte pour tous ceux qui ne voudraient pas lire la suite de mes pérégrinations d’une chanson à l’autre de ce Battlestation, mais rien que la note devrait mettre la puce à l’oreille de nos lecteurs. Certains qualifieront cet album de tuerie, de monstruosité, et j’en passe des superlatifs, moi humblement je dirai juste qu’il est devenu dès la première écoute une madeleine de Proust, rien que ça. Tout est génial ! Oui rien que ça ! 

Un premier album autoproduit, repéré dans la foulée par Richard Gamba (manager de Gojira pendant 10 ans) qui la signe en 2024, un Hellfest, un album, bim ! c’est parti, la rampe de lancement est actionnée. Le résumé est un peu court, mais je n’ai pas non plus dans l’idée d’écrire une thèse ici. Ceci dit, c’est non seulement un sacré tremplin, mais avec la qualité de Battlestation, c’est la voix royale du succès que c’est ouverte Lucie Sue. Elle s’est attachée les services d’une super équipe en plus de ça avec Mitch à la batterie, Laura à la basse et Enzo à la guitare, et l’alchimie de ces quatre là a bien pris, il suffit de les voir sur scène.

Bon revenons à cet album Battlestation qui démarre telle une rampe de lancement par le morceau éponyme. Une sorte de punk rock avec quelques relents doom par moment et saupoudrés toujours à bon escient. C’est puissant et ça tabasse à qui mieux mieux avec ce refrain où Lucie reprend le « battlestation » qui reste en tête pour la journée à ne pas en sortir bon sang ! Une entrée en matière qui propulse notre chanteuse au sommet dès le premier titre pour ne plus le lâcher. Elle enchaine sur Hush, un rock très nineties qui rappelle les meilleures heures de L7 ou Hole, les amateurs de ces derniers seront aux anges. On comprend vite que Lucie Sue ne vient pour enfiler des perles et nous le prouve dès les deux premiers titres de sont album. Et que dire de la suite avec Ride The Wired Wild Tiger, un hard rock puissant avec là aussi un refrain à tomber, la formule est trouvée et elle ne la lâche pas. La guitare est tenue ici par un guest de luxe : Satchel de Steel Panther qui apporte ce côté légèrement décalé avec ce trait presque daté, mais c’est tellement bien fait pour l’un des meilleur morceau de cet album. D’ailleurs le risque avec l’écoute de Ride The Wired Wild Tiger c’est de faire un léger « repeat » avant de plonger dans la suite (je sais je l’ai fait plusieurs fois moi tant ce titre est génial !).

C’est à ce moment de l’album que Lucie balance sa ballade…Non je déconne bien sur, et même si ça se calme un peu ici, c’est surtout punchy et presque torturé, avec le spectre d’une Courtney Love qui plane au-dessus et avalise son influence avec un œil bienveillant. On repart sur des gros riffs sur Bachat Bouloud. Si le titre prête presque à sourire, ce qu’il contient beaucoup moins. Encore un excellent titre, mais, au risque d’en agacer certains, les superlatifs vont littéralement pulluler sur cette missive, mais vu que l’album est excellent comme je l’expliquais au début, fallait s’y attendre. Donc Bachat Bouloud, c’est du punk rentre dedans, court et incisif qui fonctionne à merveille et donne une patate d’enfer. L’intro de Burn Your Candles montre un changement de registre avec un phrasé presque parlé avant de monter en puissance dans une ambiance la aussi très teinté nineties, et marquée par un jeu de guitare et de basse qui porte l’ensemble. Un autre registre tout aussi maitrisé pour la demoiselle.

On va retrouver quelques teintes doom sur l’intro de The Famous Lost Words, mais ils vont très vite s’estomper pour laisser la place à un rock plus speed avec un refrain entêtant. Les titres s’enchainent à une vitesse folle et laisse l’auditeur dans le fond du siège à gigoter la caboche comme un dératé. Un riff gras et un chant une octave (ou deux) plus bas sur I Will Shit Where You Sleep, et on retrouve les influences L7 et Hole avec cette sensibilité dans la voix de Lucie Sue qui me laisse sans mots. C’est pour ça que je laisse au lecteur le soin de se mettre ce titre dans les esgourdes, car l’ignorer serait un crime de lèse majesté, même si le titre prête à sourire, mais c’est un autre sujet. C’est l’autre titre phare de cet opus toujours selon l’auteur de ces lignes. Boring est aussi un morceau particulier, très court puisqu’il ne dure pas deux minutes, avec une première partie susurrée très épurée avant une montée en puissance. Tout est condensé en si peu de temps, l’exercice, difficile à première vue, a été réussi haut la main ici. L’enchainement avec Knud est tout aussi original puisque ici nous partons loin dans des envolées lyrico gaéliques avec une première partie très calme avant une explosion toujours en restant dans un chant très original et complètement différents de tout ce qu’on a pu entendre depuis le début, mais quelle voix ! Bon c’est pas le tout de causer des titres de cet opus qui renferme que du bon, et même du très bon, c’est maintenant que Reckless pointe le bout de son nez, je dirai presque "enfin" tant je l’attends celui-ci. Un hit en puissance avec tout ce qu’il faut, riffs efficaces, enchainement couplets / refrain qui envoie le gros son. On trouve ici le troisième titre phare de cet album (donc en gros on tutoie les sommets, c’est simple non ?). Impossible de ne pas se bouger à l’écoute de Reckless, une monumentale tuerie !

La fin de Battlestation sera tout aussi réussie que le reste de l’album, entre un 10 Minutes et son côté presque larmoyant dans le tempo et l’ambiance, et Counter Clockwise qui se situe un peu dans le même registre mais dans une ambiance plus rock western / country, ce sont surtout deux morceaux qui montrent toute l’étendue vocale de Lucie, comme s’il était encore possible d’en douter. Un final sublime pour un album qui l’est tout autant.

Bon je ne vais pas conclure cette missive hein ! Chacun l’aura compris qu’on tient l’un des albums de l’année, et je sais ce que cela veut dire ce genre de phrase. En tout cas pour votre humble serviteur, il s’agit là d’un des albums qui sera parmi les coups de cœur de l’année, et pas que de l’année puisque ce Battlestation va truster mes playlists un long moment. Une dinguerie ! Merci Lucie Sue pour cet album qui fait un bien fou !

Tracklist de Battlesation :
01. Battlestation
02. Hush
03. Ride The Wired Wild Tiger
04. Bela
05. Bachat Bouloud
06. Burn Your Candles
07. The Famous Last Words
08. I Will Shit Where You Sleep
09. Boring
10. Knud
11. Reckless
12. 10 Minutes
13. Counter Clockwise

 

 

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