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Jorn
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C H R O N I Q U EUne chronique de Traveller de Jorn maintenant, en ce début du mois de septembre, alors que l'album est sorti en juin dernier... Mais pourquoi donc ? Vous voulez la vérité ? Et bien c'est très simple : personne au sein de notre équipe n'avait vraiment envie de s'y coller. Cela fait longtemps qu'on nous a proposé cette galette mais nous l'avons gentiment laissée prendre la poussière pendant l'été et avons préféré nous consacrer à des projets plus motivants. C'est un peu triste, n'est-ce pas ? On parle tout de même de Jorn Lande là, un des plus grands chanteurs de hard rock de la planète, non ? Si, mais la faute à qui ? Parce qu'à la base, j'aimais beaucoup Jorn Lande moi ! Quand je l'ai découvert, il y a bientôt quinze ans de cela, avec Mundanus Imperium, puis avec l'excellent groupe Ark, j'ai été immédiatement conquis. La parenthèse Beyond Twilight (avec The Devil's Hall Of Fame), l'album solo Worldchanger et, dans une moindre mesure, les premiers pas de Masterplan n'ont fait qu'intensifier mon intérêt pour ce vocaliste hors du commun. En quatre ou cinq années, j'étais devenu fan et attendais chaque nouvelle sortie avec hâte. Il y avait l'organe surpuissant du nordique, c'est certain, mais en plus la musique était puissante, variée, étonnante, parfois magique... Peut-on en dire autant des dernières livraisons en solitaire du monsieur ? Certes, la voix demeure mais qu'en est-il de la musique ? Et puis, il y a le problème de l'omniprésence. A vouloir sortir un nouveau disque (que ce soit un album "original", un disque de reprises, un best of ou des réenregistrements à la sauce symphonique) tous les six mois, Jorn a vraiment fini par lasser une bonne partie des chroniqueurs de ce site. Et nous voilà aujourd'hui avec ce Traveller que j'ai finalement accepté d'écouter, parce qu'après tout "on ne sait jamais". Sauf que si, là, on le savait quand même un peu... du moins, on s'en doutait. Non, Traveller n'est pas mauvais. Il ne fait que confirmer ce que l'on a compris depuis un moment, à savoir que Jorn se contente d'aligner des albums de hard / heavy traditionnel sympathiques mais pas transcendants et, en tout cas, pas à la hauteur d'une voix comme la sienne. D'où ce sentiment persistant de gâchis depuis quelques années. C'est frustrant. Attention, il ne s'agit pas de descendre l'album en flamme ou de dire n'importe quoi sous prétexte qu'on se lasse de voir Lande torpiller sa carrière. Il y a de bons moments dans ce Traveller. Mais on voudrait un peu plus d'étincelles, de surprises ou d'émotion. Au lieu de ça, on a un disque assez prévisible, un de plus, dans la lignée de ce que le chanteur nous sert depuis quelques temps. C'est bien produit, ça s'écoute, le chant est toujours aussi bluffant et les musiciens ne sont pas des manchots, mais tout cela est mis au service de compos assez banales qui ne suscitent quasiment jamais l'enthousiasme (le vrai, celui qui donne des frissons ou l'envie de réécouter une chanson une fois celle-ci terminée pour prolonger le plaisir). Sachez tout de même que le propos est plus heavy que hard, assez sombre, et rappelle souvent Dio, parfois trop (Cancer Demon, ok c'est sans doute voulu, cette compo évoquant probablement le combat du chanteur légendaire contre la maladie qui l'emporta), ou Black Sabbath (Carry The Black, qui n'est pas mal, bien qu'un peu longue, et présente une petite originalité avec un clavier aux sonorités lugubres imitant celles d'une scie musicale). L'arrivée d'un nouveau guitariste (Trond Holter de Wig Wam), évidemment doué, ne change pas grand chose à la donne, on reste en terrain (très) connu. Bref, il y a de bons morceaux assez entraînants (Window Maker, Legend Man)... rien de honteux, mais rien de transcendant non plus. Le problème récurrent étant que certaines compos passent et soudain je me rends compte que je n'ai pas vraiment repéré ou retenu le refrain, alors je réécoute et me dis "ah ok, c'était ça...". Voilà, Traveller, c'est la routine d'un Jorn qui n'a pas l'air décidé à se poser et se remettre en question. Si certaines chansons ne sont vraiment pas désagréables et que de vraies qualités sont audibles (gros son, des mélodies sympas, de bons riffs, un chant puissant), l'ensemble n'est pas très varié et je me retrouve quand même à me désintéresser de cet album un peu monotone, déjà entendu et cliché en cours de route. Alors je sais bien que cela va paraître terriblement prétentieux ou déplacé mais il me semble que l'investissement de monsieur Lande sur ses dernières oeuvres est perfectible. On le sent en pilote automatique, en proie à un véritable manque d'ambition... et quand on réécoute les albums auxquels ce chanteur a participé il y a une dizaine d'années de cela, il n'y a pas photo, c'était tout de même autre chose. A quand le réveil ? Le grand sursaut ? Promis, le jour où ça arrive, on vous prévient.
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