Artiste/Groupe:

Jethro Tull

CD:

The Zealot Gene

Date de sortie:

Janvier 2022

Label:

Inside Out Music

Style:

Rock Folk

Chroniqueur:

dominique

Note:

13/20

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Il est toujours assez difficile de faire la revue du nouvel album d‘un artiste qui égrène les scènes depuis assez, voire très longtemps. Le défi me semblait intéressant, et comme avec la sortie de The Zealot Gene, Jethro Tull revenait se confronter au public, dix-neuf ans après The Jethro Tull Christmas Album, j’ai saisi l’occasion pour initier un voyage dans le passé. Alors pour les plus jeunes d’entre vous qui n’ont jamais écouté, ni même entendu parlé de Jethro Tull, ce groupe (car oui, il s’agit d’un groupe), s’est formé sur la fin des sixtes sous l’impulsion, entre autre, de Ian Anderson. Si le groupe a navigué à travers les époques et les styles musicaux, il reste reconnaissable avant tout par l’utilisation d’une flûte traversière comme l’un des instruments principaux. Après plus de cinquante ans de carrière, Ian Anderson (et sa flûte) reste le seul membre d’origine du groupe, et il continue à asséner ses mélodies et ses refrains presque sans effort.

Bon, à vrai dire, cinquante ans de contribution musicale ne peuvent pas se résumer en quelques lignes d’une chronique. Je ne ferai donc pas l’affront au groupe de comparer ce nouvel opus avec ce qui a été produit dans une aussi longue période ; je vais simplement me concentrer sur The Zealot Gene, ces douze titres et ses quarante-sept minutes. Et pour être franc, à la première écoute j’ai bien cru que je ne pourrais pas évaluer positivement le disque, tant celui-ci, ses mélodies, ses rythmiques et les atmosphères proposées m’ont paru simplement, totalement anachroniques et hors sujet. Cette première couche rock folk m’a laissé pour le moins perplexe ; trop long, trop musical et gentillet. Une musique d’un autre temps qui semblait me demander trop d’effort sans pour autant allumer une bougie émotionnelle dans mon cœur. Mais bon, je me suis accroché j’ai réécouté encore et encore l’album, de Mrs Tibbets à The Fisherman of Ephesus, et à la longue, sans pour autant totalement aimer The Zealot Gene, je me suis mis à mieux comprendre la musique et à mieux cerner l’approche artistique.

Certes, je n’arrive toujours pas à adopter certains titres (Jacob’s Tales, Sad City Sisters, The Betrayal Of Joshua Kynde) ; non, je n’aime pas l’accordéon (rien de personnel John O’Hara) et oui, le son de la flûte finit par me gaver ; mais la construction musicale et émotionnelle de certains morceaux, comme Mine Is The Mountain, ont tout de même fait mouche. La durée moyenne des titres y est également pour beaucoup. Avec un peu moins de quatre minutes, ceux-ci passent relativement vite ; et comme leurs atmosphères propres diffèrent suffisamment, les titres s’enchainent sans trop lasser l’auditeur ; Barren Beth, Wild Desert John en est en exemple intéressant. Plus long, le titre m’aurait certainement paru interminable, mais là, avec ses 3:30, ça passe. De plus, comme une autre marque d’un temps passé, Jethro Tull offre à l’auditeur, pour autant qu’il le souhaite, de pouvoir pleinement entendre les paroles des chansons. Un plus qu’il ne faut pas sous-estimer comme dans The Zealot Gene ou encore dans Shoshana Sleeping. Finalement, il ne faut pas non plus minimiser le travail des musiciens. Avec quelques riffs de guitare rock (Mrs Tibbets, Barren Beth, Wild Desert John ou encore The Betrayal Of Joshua Kynde) Joe Parrish-James et Florian Opahle font le job. De même que Scott Hammond à la batterie ; sans être révolutionnaire il définit bien le cadre rythmique des titres. Tout juste pourrait-on regretter la discrétion de David Goodier à la basse.

The Zealot Gene est donc une longue balade, composée d’une multitude de plus petits voyages tous guidés par Ian Anderson, sa flûte et sa voix douce. Ils sentent bon les samedi à la campagne (Where did Saturday Go ?) ou les embruns des ports d’Irlande (Sad City Sisters). Qu’ils soient romantiques (Three Loves, Three) ou désespérés (In Brief Visitation), les titres se répondent pour guider d‘auditeur tout au long d’un road trip hors du temps. Et si ce voyage dans le passé n’était probablement pas pour moi, je ne suis finalement pas (trop) déçu de l’avoir tenté.

Tracklist de The Zealot Gene :

01. Mrs. Tibbets
02. Jacob’s Tales
03. Mine Is The Mountain
04. The Zealot Gene
05. Shoshana Sleeping
06. Sad City Sisters
07. Barren Beth, Wild Desert John
08. The Betrayal Of Joshua Kynde
09. Where Did Saturday Go?
10. Three Loves, Three
11. In Brief Visitation
12. The Fisherman Of Ephesus

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