Rengaine récurrente sur le metalcore : le manque d’originalité dans l’offre musicale. Soyons francs, c’est tout simplement exact et ce commentaire revient quasi systématiquement lorsque nous nous attelons à une chronique d’un groupe issu de cette scène. Oui mais dans notre merveilleux pays qui aime à cultiver les exceptions, intéressons-nous à Imminence. Le groupe nous vient de Suède, Malmö plus précisément, œuvre depuis 2009, a déjà sorti cinq disques (incluant ce The Black) et propose un metalcore incluant du… violon. Pour le coup, on ne pourra leur reprocher d’être dans le sempiternel couplet hurlé – refrain chanté en clair sur base de gros riffs basiques. Le quintette constitué autour d’Eddie Berg (chant et violon) se compose de Harald Barrett et Alex Arnoldsson aux guitares, Peter Hanström (basse) et Christian Höijer à la batterie.
Comme évoqué d’entrée, Imminence transcende le registre metalcore avec cette spécificité violon qui apporte réellement une approche intéressante et inhabituelle. Ça commence en douceur mais non sans un petit côté épique (voire légèrement symphonique). L’ambiance est posée, c’est très bien produit avec un très bon hyper propre. Desolation est plus résolument metalcore avec un bon gros riff qui va bien et ce chant hurlé caractéristique. Evidemment comme pour me donner tort, un gros refrain bien typé metalcore arrive. Alors oui le violon adoucit un peu le propos mais sans cet élément, pas sûr que Imminence ne sorte du paquet metalcore. Pour autant ça fonctionne bien, c’est efficace et suffisamment original pour ne pas lasser l’auditeur. Aussi, le violon est bien dosé et positionné à bon escient, sans que ce ne soit un gimmick pour un gimmick.
Attendu sur une main stage du Hellfest 2025, Imminence mérite une écoute curieuse. Certains parlent désormais de Violincore les concernant. Cela pourra donc en amuser certains, en divertir d’autres. Le metalcore souffrant d’un terrible problème de renouvellement, de telles démarches sont à saluer et ce The Black est un bon disque, plaisant à l’écoute. Avis aux curieux.