Hysterica

Artiste/Groupe

Hysterica

CD

The Art of Metal

Date de sortie

Mars 2012

Label

Black Lodge

Style

Heavy Metal

Chroniqueur

Orion

Note Orion

16/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Hysterica, combo suédois 100 % féminin, s'est formé en 2005 autour de la guitariste Bitchie (ouah, le pseudo !). Mais ce n'est qu'en 2008, avec l'arrivée d'une jeune finlandaise, Anni De Vil au chant, que les choses s'accélèrent et que le groupe enregistre son premier album (Metalwar) l'année suivante.
The Art of Metal est donc le second album des filles. Après Metalwar, c’est le second titre d'album avec le mot Metal. Si ça nous indique tout de suite où le groupe veut aller, on craint déjà du cliché en pagaille et un manque d'originalité. Surtout qu’au niveau du look, on n’est pas dans le trip "poupées gothiques" à la Indica. Non. Là, c’est plutôt Xéna la guerrière, avec cuirs, bottes à talons hauts et tout un tas de trucs super courts et bien moulants… Ah là, j’en vois déjà la bave aux lèvres et la langue qui touche par terre, tel le loup de Tex Avery
Mais il n’est pas toujours bon de se fier aux apparences.

Breaking the Walls ouvre les hostilités. Le morceau comporte un refrain bien sympathique (avec "Oh Oh Oh" en fond), de la lourdeur comme il faut et un solo bien torché. Ca démarre très bien.
Avec le second morceau, Fighters of the Century, on se rend compte tout de suite qu'une des forces de ce groupe, c'est sa chanteuse. Une chanteuse qui sait aussi bien utiliser un phrasé mélodique, hurler à s’en décrocher la mâchoire et même grogner à la manière d’Angela Gossow (Arch Enemy). On peut le dire, elle a du coffre. Elle porte le morceau à bout de cordes vocales qu’elle maltraite ouvertement. On ne risque pas de la mettre dans la catégorie des grandes chanteuses du Metal, c’est évident, mais elle a une sacrée niaque. Du coup, grâce à elle, le combo porte bien son nom...
Musicalement, elles savent y faire. Et, malgré les apparences, il ne s’agit pas d’un Manowar avec des courbes généreuses. Tiens, il faudrait leur demander ce qu’ils en pensent, eux qui ont toujours déclaré que le Heavy Metal était une affaire d’hommes, des vrais avec des poils partout. Car ils n’ont jamais caché non plus leur intérêt pour la gent féminine. Alors des filles qui respirent le Heavy Metal comme ces cinq-là, ça ne doit pas les laisser indifférents.
Bref, moins heavy testostéroné que les autoproclamés "Kings of Metal", plus mélodique aussi avec ce synthé qui vient souvent adoucir le propos lors des refrains, Hysterica construit sa propre personnalité. En gros, elles ont l'art de balancer des titres accrocheurs, mélodiques mais avec une sacrée dose d'agressivité quand même. Pour faire court, elles assurent !
La suite du menu est appétissante : Live Or Die, bien lourd avec refrain bien torché. Mention très bien également pour Message from the Dark qui commence comme une ballade et qui va vous surprendre par sa lourdeur Doom Metal. Anni hurle un "It's killing me" comme si sa vie en dépendait. Le titre est doté d'un solo gorgé de feeling à faire baver pas mal de guitaristes mâles.
Après cet épisode Doom, Anni s'arrache de nouveau les cordes vocales sur les couplets de Fear of the Light, à la rythmique presque Neo Metal (je dis presque pour ne choquer aucun puriste). Refrain mélodique et un solo final au synthé pour changer.
Force of Metal et Heels of Steel (déjà sortis en single l'année dernière) sont plus conventionnels mais sonnent tout de même comme des hymnes en puissance, qui risquent de montrer leur efficacité en live, où les demoiselles ont l'air de se sentir très à l'aise.
Hysterica est une autre leçon d'agressivité avec son refrain où la voix d’Anni est en "mode Angela Gossow". Et derrière, ça bastonne bien.
Enfin, Daughters of the Night, avec intro au piano et voix mélodique, nous fait penser à une fin d'album en ballade. Mais encore une fois, non, la ballade, ce n’est définitivement pas leur truc. Le morceau prend un rythme bien marqué qui va méchamment s'accélérer sur la fin.

Oubliez l’album précédent qui compilait pas mal de stéréotypes, des compos un peu lourdingues et pas toujours inspirées. The Art of Metal se place largement au dessus et laisse entrevoir un avenir plutôt sympa pour les demoiselles.
Evidemment, Hysterica, c’est le genre de truc qui ne va pas plaire à tout le monde. Les amateurs de Metal sophistiqué vont pleurer car c’est quand même plutôt basique. Ces filles ne se prennent pas la tête, elles jouent ce qu’elles aiment. Si ça vous plaît, tant mieux. Si ça ne vous plaît pas, passez votre chemin.
C’est bizarre, il y en a beaucoup qui restent.  Ah, le pouvoir du charme féminin dans le milieu du Metal, c’est quand même quelque chose…

 

Tracklist de The Art of Metal :

01. Breaking the Walls
02. Fighters of the Century
03. Live or Die
04. Spirit of the Age
05. Message from the Dark
06. Fear of the Light
07. Force of Metal
08. Heels of Steel
09. Hysterica
10. Daughters of the Night

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