Artiste/Groupe:

Hippotraktor

CD:

Meridian

Date de sortie:

Octobre 2021

Label:

Pelagic Records

Style:

Post Metal Progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

18/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Une fois n’est pas coutume, je vais enfreindre une règle d’or de votre site préféré. Si par défaut, nous ne chroniquons que les albums qui nous sont proposés par les labels, il arrive parfois que vos chroniqueurs se laissent tenter à la chronique sauvage d’albums qu’ils ont remarqués dans la jungle de la production musicale qui nous intéresse. Pour ma part, je suis avec un intérêt croissant les sorties du génial label allemand Pelagic Records. Non content d’abriter le groupe européen et toutefois très germanique The Ocean, auteur selon moi du meilleur album de 2020, ce label recrute et propose d’autres pépites. Et c’est l’une de celles-ci dont je vais vous parler. Cette pépite porte le doux nom de Hippotraktor, un groupe belge tout droit venu de Mechelen.

A leur tableau de chasse bien peu de choses ; tout juste un EP sorti en 2018. Si Hippotraktor a fait profil bas depuis lors, ses membres ne sont pas pour autant tournés les pouces. Le groupe s’est muté de trio à un quintet, suite au recrutement de deux musiciens expérimentés. Et quelle mutation ; l’arrivée de Stefan De Graef (voix et percussion) et Sander Rom (guitare et voix) a modelé, transformé le groupe, pour en faire une machine de guerre. Le membre de L’Itch et celui de Psychonaut ont su combiner leurs talents et leurs voix pour équilibrer Hippotraktor et mettre en valeur les paroles de l’auteur-compositeur et guitariste Chiaran Verheyden. Le groupe, qui est encore composé de Lander De Nyn à la batterie et de Jakob Fiszer à la basse, s’en est trouvé bien mieux armé face au défi de la sortie d’un LP. Mais de là avoir la capacité de sortir un album de la qualité de ce Meridian, peu en aurait fait le pari.

Meridian, c’est du grand art ; l’agglomérat d’un post metal puissant et d’un metal progressif fin et harmonieux. Sept titres sans défauts. Musicalement à la fois simples et complexes, les titres permettent une écoute répétitive qui ne lasse pas. Preuve s’il en est d’un bon album. Les voix de De Graef et Rom sont parfaitement complémentaires. De Manifest The Mountain à A Final Animation, les quarante-deux minutes de Meridian vous prennent au ventre et font regretter amèrement les salles de concert ou l’on pouvait pleinement laisser aller son corps. Manifest The Mountain pose les bases de ce qui va suivre. Sorte de résumé de l’album, il englobe, dans sa musicalité, voix claire et gutturale, guitare lourde et batterie martiale. Un brin plus sombre et avec un tempo doom, Mover Of Skies, montre un autre aspect du groupe, où les instruments et les voix claires prennent plus de visibilité ; et ce, même si les cris de De Graef et la fin du titre nous rappellent que nous sommes bien dans un album post rock. Le musical et rythmique Sons Of Amesha brille de sa lumière salvatrice. Initié comme une balade aux consonances desert rock, le titre vire en son milieu pour devenir un post rock solide ou le travail de Lander à la batterie et l’introduction de synthé, aident à proposer quelque chose un sensiblement différent. God Is In The Slumber est une suite logique. La progression des titres est cohérente ; ce dernier titre, tout en reprenant les éléments des morceaux précédents, introduit clairement une base rythmique basse-batterie-percussion beaucoup plus prog. Un vrai régal pour les amateurs (dont je suis) de ce genre de mix. Brillantissime.

Cette première moitié d’album passée, la mue se poursuit dans la seconde moitié. Juncture est encore plus prog ; la rythmique hachée balance avec la musicalité de fond du titre ; tout comme la certaine douceur musicale des lignes de guitares rompt avec le rythme martial de la batterie. La courte partie prog-jazz fusion apporte également sa pierre à l’édifice complexe qui se construit dans nos oreilles. L’incroyable et rétro ouverture de Beacons laisse présager du meilleur. Prog et musical, ce titre offre une place de choix aux membres d’Hippotraktor pour exprimer leurs talents. Tout y passe, lignes de voix croisées, ruptures rythmiques et musicalité inversée, variation volumique et de tempo. Un énorme plaisir à réécouter pour en cerner les contours et les détails. Tout se termine avec A Final Animation, plus classique mais avec toujours l’hyper présence de la partie rythmique. Le titre oscille entre violence et calme relatif, proposant une atmosphère particulière, un brin inquiétant, ou l’on sent poindre d’autres influences. Jouissif et musical, sa durée de plus de sept minutes laisse l’espace nécessaire aux musiciens pour encore exprimer autre chose. Meridian est un album bon de la première à la dernière seconde. Rare et donc à souligner. Un des disques de l’année.

Tracklist de Meridian :

01. Manifest the Mountain
02. Mover of Skies
03. Sons of Amesha
04. God is in the Slumber
05. Juncture
06. Beacons
07. A Final Animation

 

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !