Belle surprise que cet Everest, sixième album de Halestorm ! Oui, je démarre cette chronique par sa conclusion... je fais ce que je veux. A l’écoute de ce nouvel opus, il est évident que le vent du changement a soufflé lors de sa conception. On retrouve évidemment l’ADN rock/metal du quatuor, avec ses touches mainstream, le rendant accessible à un public plus large... mais la recette a tout de même été renouvelée, pour ne pas dire enrichie. Pour information, le disque a été enregistré à Nashville avec le producteur Dave Cobb, un monsieur qui travaille plus dans l’univers country que metal. Cependant, le (hard) rock, il connaît (il a travaillé avec Rival Sons ou Europe, par exemple). Cela est un bon indicateur du changement opéré sur cet opus... mais rassurez-vous, Halestorm ne s’est pas mis à la country.
D’ailleurs, si certains avaient peur que Lzzy et sa bande balancent un hard rock trop assagi ou aseptisé, ils seront rassurés dès les premières minutes de cet album car Fallen Star est un titre bien lourd avec un riff épais et une rythmique sacrément solide. L’ouverture est donc plutôt metal, pas légère du tout... et le refrain, plus posé et mélancolique, est de toute beauté. Excellente entrée en matière. Le son est assez brut, organique et puissant. L’intensité de ce premier titre perdure à travers les compos suivantes mais de manière différente. Le côté rock lourd se retrouve sur la chanson titre qui propose un refrain épique et la ballade Shiver ne manque pas de gravité, le piano s’invite sur Like A Woman Can, chanson surprenante, car plus blues ou soul, parfaitement dosée et sublimement interprétée par Hale. Cela saute aux oreilles : la formation a étendu son registre et propose un disque varié. Toutes ces premières pistes ont cependant un point commun : un tempo lent. L’auditeur friand de compos rapides / percutantes, s’il voulait retrouver des morceaux à la Love Bites, ne va peut-être pas complètement s’y retrouver. Ce n’est pas la présence de Darkness Always Wins (avec son refrain qui me fait penser à du P!nk) en sixième place qui viendra satisfaire cette envie de vélocité et de hargne (cela dit, la compo est franchement réussie). "Moins d’énergie, plus d’émotion" semble donc être la ligne directrice de ce sixième effort. Ce qui ne veut pas dire que Halestorm a totalement abandonné l’idée de vous distribuer des mandales : Rain Your Blood On Me alterne refrain pesant et incantatoire avec des couplets et breaks plus metal et remuants. Dans la deuxième moitié de l’album, Watch Out! et K-I-L-L-I-N-G bougent bien en plus d’apporter une bonne dose d’agressivité. Elles viennent à point nommé pour rompre l’enchaînement de titres plus lents... un peu trop nombreux à mon goût, je le confesse, ce qui, au final, tempère l’enthousiasme ressenti quand j’avais commencé à écouter le disque. L’ensemble demeure de qualité mais avec une ou deux ballades en moins, je serais encore plus convaincu.
A part ça, j’ai une belle porte ouverte à enfoncer : Lzzy Hale est une chanteuse incroyable. Voilà, vous étiez prévenus. Alors soit, on avait pas attendu Everest pour s’en rendre compte, je vous le concède. Elle est l’atout majeur de cette formation, on le sait... Cependant, je vais me permettre d’insister quelques secondes supplémentaires en soulignant la versatilité de sa performance tout au long des douze pistes proposées. Vulnérabilité, puissance, désespoir, sensualité, rage... Hale explore et donne tout ce qu’elle a. Impressionnant. Elle porte l’album sur ses épaules, soit, mais cela ne doit pas éclipser le travail fourni par ses acolytes. Son frère, Arejay, martèle ses fûts avec puissance et passion... et les riffs et solos de Joe Hottinger pèsent lourd quand il s’agit de considérer l’impact d’Everest.
Si vous vouliez juste des hymnes enlevés de "stadium hard rock" formatés, énergiques et faciles à consommer, Everest pourrait bien vous décevoir. Il est plus lourd, lent et sombre que d’autres travaux du groupe (le côté "dark" est d’ailleurs annoncé par la pochette, que je trouve bien belle, soit dit en passant) et bien que je ne le trouve pas parfait, il m’apparaît plus profond et touchant, plus mûr en somme. Oui, je vais bien vous quitter avec ce petit cliché de "l’album de la maturité", vous l’aviez vu venir... pourquoi s’en priver ? Les fans (et les curieux) pourront bientôt voir comment Halestorm défendra son nouveau bébé sur scène puisqu’une date à l’Olympia est prévue le 17 novembre prochain. A vos agendas !
Tracklist de Everest :
01. Fallen Star 02. Everest 03. Shiver 04. Like A Woman Can 05. Rain Your Blood On Me 06. Darkness Always Wins 07. Gather The Lambs 08. Watch Out! 09. Broken Doll 10. K-I-L-L-I-N-G 11. I Gave You Everything 12. How Will You Remember Me?