Guilt Machine

Artiste/Groupe

Guilt Machine

CD

On This Perfect Day

Date de sortie

Septembre 2009

Style

Métal Progressif

Chroniqueur

Ostianne

Note Ostianne

14/20

Site Officiel

Myspace

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C H R O N I Q U E

Après Ambeon, Ayreon ou encore Stream of Passion (qui a continué sans lui), le boulimique de travail qu'est Arjen Lucassen a fondé un nouveau projet de metal progressif, Guilt Machine dans lequel il officie. A ses côtés, nous retrouvons seulement trois personnages : Jasper Steverlinck (Arid), Lori Linstruth (ex-Stream of Passion, Ayreon) et enfin Chris Maitland (ex-Porcupine Tree) La question est : allons nous nous sentir coupable à l'écoute de cette machine qu'est On This Perfect Day ?  

Cet album est donc composé de six titres, dont les deux/tiers font environ dix minutes chacun et dont le morceau le plus court en fait six. Alors bien évidement, dans ce milieu, ces durées peuvent paraître dérisoires. Mais il n'empêche que cinquante minutes, pour six titres, ce n'est pas si mal finalement. Et ces morceaux de On This Perfect Day ont pour fil conducteur la tristesse, le désespoir et autres thèmes réjouissants, le tout écrit non pas par Lucassen, mais bien par la guitariste de la bande ! Cependant, l'homme assure toujours la composition, la basse, le clavier ou encore la mandoline. Et cela s'entend. On retrouve dans cet album les mêmes bases que celles que l'on a dans ses précédents opus/projets. Certes, le contenu est plus sombre, mais le style est là, reconnaissable. Twisted Coil, le premier morceau commence avec un côté assez électro et une disto très forte. Et comme pour la majorité des titres de l'album, il bénéficie d'un passage lancinant pour ensuite passer à quelque chose de plus metal, de plus lourd, parfois aux sonorités presque indus pour revenir ensuite à quelque chose de plus doux. Tout au long de ce On This Perfect Day, nous avons droit à une musique sombre ; froide par les effets sonores divers (le violon et violoncelle aidant en ce sens) ; une batterie sympathique, mais par moment, un peu molle du genou et qui semble plus se baser sur les cymbales et quelques toms que sur la grosse caisse ou la double pédale. Cependant, si la batterie ne convainc pas toujours, la guitare quant à elle a la chance d'avoir été confiée à Lori Linstruth, une musicienne de talent, tout comme la basse que l'on entend sur certains passages instrumentaux.

Et sur cette musique lente et sans grande surprise quand on connait monsieur Lucassen, vient se greffer la voix de Jasper. Une voix assez chaude qui se colle plutôt bien à l'univers développé ici, chose assez paradoxale, je l'accorde, vu la froideur de la musique. Mais il exprime relativement bien ce qui lui ait demandé, sa voix semblant torturée, désespérée etc. On lui trouverait même des intonations à la Freddy Mercury de Queen (Green and Cream) et sa manière d'allonger les notes fait presque penser à celle de Mathew Bellamy de Muse. Cependant, on regrette parfois le côté robotisé de la voix, retravaillée à l'ordinateur, qui est un peu trop présent. Il lui manque aussi un peu de fougue pour exprimer la colère, et malheureusement, cela gâche un peu sa prestation, qui rappelons-le se base sur les sentiments négatifs que l'on ressent lors d'une dépression. Il est très bon quand il est dans une sorte de retenue, mais lorsqu'il doit pousser sur sa voix, l'effet n'est pas toujours garanti ! A noter au début des morceaux des passages parlés en plusieurs langues : allemand, espagnol, français etc. Une initiative bien sympathique et qui contribue au ton de l'album quand on comprend le sens des mots utilisés.

Ce que l'on aurait voulu, c'est qu'avec ce projet, Arjen Lucassen prenne un peu plus de risques, explore un peu plus les nouveaux horizons et ne se contente pas d'ajouter deux/trois petites nouveautés sur une musique déjà entendue et appréciée. On se sent presque coupable d'avoir attendu un peu plus de cet album, dont les morceaux, si on les prend un par un ne sont pas forcément les meilleurs. Heureusement que pris comme un ensemble, la cohérence qu'il y a entre eux constitue le point fort de On This Perfect Day. Cet opus de Guilt Machine est bon, sympathique, bien ficelé, mais il lui manque quelque chose pour me séduire et me convaincre totalement.