Artiste/Groupe:

Figure Of Speechless

CD:

Tunnel At The End Of The Light

Date de sortie:

Septembre 2022

Label:

SAOL

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

14/20

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Vous connaissez Glen McMaster ? Moi non plus. Eh bien figurez-vous que ce compositeur/guitariste australien a profité de la pandémie qui a mis le monde à l’arrêt il y a peu pour se lancer dans l’écriture d’un album dont le style évolue entre différentes décennies de rock/metal progressif. Si vous n’avez jamais entendu parler de ce musicien, vous connaissez forcément en revanche la dream-team à laquelle il a fait appel pour collaborer et enregistrer ce Tunnel At The End Of The Light qui nous intéresse aujourd’hui. Attention, c’est du lourd, voici l’équipage de Figure Of Speechless : Derek Sherinian (ex-Dream TheaterSons Of Apollo) aux claviers et à la production, Ron Bumblefoot Thal (Sons Of Apollo aussi) aux guitares et au mixage, Ray Alder (Fates Warning, Redemption) au chant, Brian Tichy (The Dead Daisies, Ozzy Osbourne, Whitesnake...) à la batterie et Tony Franklin (Blue Murder, Rated X...) à la basse. Ah oui, quand même. La musique, le concept et les paroles sont de McMaster mais l’Australien a fait en sorte d’attirer l’attention des fans du genre avec un line-up intéressant. 

Et dès le premier morceau, Day And Night, on se dit qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise... on ne nous a pas donné de mauvaises indications, on est au bon endroit. Le tempo est relativement tranquille (pas trop excité... ce sera le cas sur tout l’album d’ailleurs) et une place importante est accordée à l’atmosphère et aux mélodies. Ne vous attendez pas à un déluge de milliers de notes à la minute, des changements dans tous les coins... Figure Of Speechless ne fait pas dans l’esbrouffe, son propos est mesuré, mûr et va à l’essentiel (même s’il y aura des développements et - notamment - des solos sur lesquels leurs auteurs et les auditeurs pourront bien se faire plaisir). Parmi les points forts qui rendent la bande-son immédiatement agréable à l’oreille, on citera tout de suite la voix et le chant toujours impeccables de Ray Alder. Ce dernier point fait que l’on pensera parfois au groupe Fates Warning (ainsi que, musicalement parlant, à un cousin éloigné de Queensrÿche) mais pas que...

Formellement, vu les professionnels à qui le bébé a été confié, ça tient la route. Le son est clair, dynamique et soigné... tous les intervenants sont bien servis et audibles. On se rend vite compte que McMaster est un guitariste émérite et qu’il sait créer des ambiances. L’hypnotique Escape Hatch (qui ferait un bon single) ou la plus noire et pesante Midnight Desert Rendezvous sont là pour en attester. J’aime le style orientale de The Cast-Out et les mélodies du couplet qui me rappellent un groupe de prog dont j’attends des nouvelles depuis plus d’une décennie : Shadow Gallery. Draw The Line se montre plus sautillante et très accrocheuse avec un style rock vraiment accessible (sur le couplet, surtout). L’ambiance se fait plus sombre et pesante sur Inside Room 6 au climat plus anxiogène (on notera au passage d’excellents solos de Thal et Sherinian ; leur marque de fabrique est tellement reconnaissable... pas besoin d’avoir pris connaissance du line-up pour les démasquer). C’est là que le groupe dévoile sa facette la plus heavy. Mais la douceur (toujours un peu mélancolique) reviendra, notamment avec l’agréable final Unfolding. Beaucoup de positif donc... mais également une sensation de décrochage qui se fait sentir sur la longueur car l’ensemble est assez homogène en terme d’atmosphère et manque de dynamisme. 

Pas forcément révolutionnaire ni renversant, Tunnel At The End Of The Light est un album composé, produit et interprété avec soin. Les musiciens sont impeccables et bien reconnaissables (les fans de Sherinian et Thal seront notamment ravis de les retrouver). Son metal progressif n’est jamais trop démonstratif, reste toujours mélodique et agréable à écouter même s’il manque peut-être parfois de mélodies (sur les refrains notamment) mémorables qui permettraient d’impacter plus fortement l’auditeur. Voilà un album sérieux auquel il ne manque pas grand-chose (un petit grain de folie, quelques surprises, un peu plus de variété, notamment dans les tempos proposés, par exemple ?) pour être qualifié d’excellent. Cela dit, bien qu’il ne soit pas - à mes oreilles - parfait, cet opus mérite largement que tout fan de progressif y jette une oreille. 

Tracklist de Tunnel At The End Of The Light :

01. Night And Day
02. Carve A Smile
03. Escape Hatch
04. Midnight Desert Rendezvous
05. Tunnel At The End Of The Light
06. The Cast-Out
07. Draw The Line
08. Inside Room 6
09. Turn A New Leaf
10. DysUtopia
11. Unfolding  

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