Artiste/Groupe:

Feanor

CD:

Power Of The Chosen One

Date de sortie:

Avril 2021

Label:

Massacre Records

Style:

True Metal Of Steel

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

11/20

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On joue ? Si je vous dis que l’album s’appelle Power Of The Chosen One. Vous pensez à un genre en particulier ? Peut-être même à un groupe ? Allez, si j’ajoute des titres comme Rise Of The Dragon, Metal Land ou The Return Of The Metal King, vous appuyez sur le buzzer et criez ? MANOWAR ! Normal. Mais vous vous trompez. Enfin, pas complètement en fait... on y revient. Power Of The Chosen One, c’est le quatrième album de Feanor, un groupe argentin qui fait du... True Metal ! Waouh... alors, déjà, je pensais que l’appellation "True Metal" (que j’ai toujours trouvée un peu ridicule) avait disparu... mais bon, passons. Je l’avoue, c’est avec ce quatrième opus que je découvre le groupe. Vais-je avoir envie de me plonger dans le reste de sa discographie maintenant que je suis au courant de son existence ? Rien n’est moins sûr. 

Point de détour à prendre : Power Of The Chosen One a été fait par des fans de Manowar pour des fans de Manowar. L’ambition du groupe ne va pas plus loin. Alors, dans la mesure où le modèle américain n’est pas au top de sa créativité ou de sa productivité (résumé de ses douze dernières années d’existence : deux EP, deux albums classiques des 80s réenregistrés, un seul album, une fausse tournée d’adieu...), vous aurez le droit de vous dire "Après tout, pourquoi pas !". Il y a de la frustration chez le fan de True Metal, il faut bien que quelqu’un se charge d’y remédier. En plus, au vu de certaines qualités (car il y en a) présentées par ces Argentins, on se dit que ça pourrait passer. Presque. Car oui, quand j’ai entendu de loin quelques speederies guerrières entraînantes comme Rise Of The Dragon, This You Can Trust ou Hell Is Waiting, je me suis dit "zéro originalité, du cliché à la pelle mais - si l’on est d’humeur un peu nostalgique et pas opposé à une petite dose de kitsch - fun et pas dénué d’une certaine efficacité". Ca riffe, ça shredde, ça double pédale et ça chante puissamment avec de la voix profonde qui côtoie plus volontiers un registre médium (voire grave par moment) qu’aigu. Il y a de l’entrain, un esprit épique, du chœur viril, du "metaaal", du "steeel"... bref, le cahier des charges est respecté avec minutie. Quand Rise Of The Dragon déboule, le tempo m’entraîne, la voix grave et un peu rocailleuse de Sven D’Anna (Wizard) me rappelle celle de Chris Boltendahl (Grave Digger) sur le couplet - avant de se muer en un mix entre Rob Rock et Eric Adams (en moins fort, ne vous emballez pas !) sur le pré-refrain et refrain - et n’est pas inintéressante... Je suis à deux doigts de me laisser emporter par l’énergie du morceau. Mais bon, ça copie tellement Manowar que, quand même, c’en est un peu gênant. Et vous savez quel morceau en plus ? Ride The Dragon sur l’album The Triumph Of Steel. Ils n’ont même pas fait l’effort de chercher un titre de chanson bien différent (et ils ont piqué les gros roulements de batterie de Rhino juste avant d’attaquer le couplet aussi) ! Et quel guitariste a été recruté sur cet album ? David Shankle lui-même (on retrouve bien sa patte d’ailleurs, sur des solos certes excessivement rapides mais pas très propres) ! Oui, le gratteux de Manowar sur l’album... The Triumph Of Steel ! Voilà, les intentions sont claires. Au moins, on ne pourra pas reprocher au groupe d’avancer masqué. 

Bon, si on veut bien passer sur le plagiat total de l’entreprise et juste se prendre une bonne grosse dose de heavy metal à l’ancienne, peu importe le manque de personnalité, il y a des compos qui font le job. Mais pas que. J’ai personnellement un peu de mal avec le refrain gentillet de la chanson titre (en deuxième position dans la tracklist) et, une fois six ou sept morceaux passés, malgré l’aspect divertissant de la chose, une véritable lassitude s’installe. Bah oui, parce qu’en plus, il dure soixante-trois minutes, ce Power Of The Chosen One. Et là, c’est "non". C’est rigolo pendant une petite demi-heure mais il ne faut pas pousser... D’autant plus que le groupe se prend un trop au sérieux, a l’idée pour le moins discutable d’enchaîner, en huitième et neuvième positions, deux morceaux lents et assez calmes (Lost In Battle et Fighting For Our Dream), une pseudo-ballade assez heavy d’abord puis une vraie ballade, avant de nous achever avec un The Return Of The Metal King (The Odyssey in 9 Parts) de dix-neuf minutes (!!) particulièrement indigeste et poussif, avec un chanteur qui en fait tellement trop que ça en devient ridicule par moments (il y a pourtant du travail sur cette compo, quelques passages qui me plaisent aussi, c’est indéniable, mais ça ne suffit pas à faire passer l’intégralité de la piste). 

Si Power Of The Chosen One avait été un EP, j’aurais été plus séduit (et plus indulgent). Pas totalement conquis non plus à cause du manque d’originalité (vous l’aurez compris) et aussi parce que le style Manowar me parle nettement moins qu’à une époque. Feanor fait cependant preuve d’une conviction qui l’honore. On le sent sincère dans sa démarche, passionné et habité. Pour cette raison (et parce qu’un certain savoir-faire se laisse percevoir), il saura entraîner quelques fans ultimes de formations comme Manowar, Majesty ou Wizard dans son sillon. Pour les "true warriors of metal fighting for the magic kingdom of steel" uniquement. 

Tracklist de Power Of The Chosen One :

01. Rise Of The Dragon
02. Power Of The Chosen One
03. This You Can Trust
04. Metal Land
05. Hell Is Waiting
06. Together Forever
07. Bringer Of Pain
08. Lost In Battle
09. Fighting For Our Dream
10. The Return Of The Metal King (The Odyssey in 9 Parts)

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