Oh la jolie découverte ! Peut-être que certains d’entre vous connaissaient déjà le guitariste bordelais Stéphane Alaux (Fanalo donc), musicien réputé dans le milieu de la six-cordes ayant notamment fait partie de Plug-In (dont l’album Hijack proposait des collaborations avec quelques gratteux de renom comme Ron "Bumblefoot" Thal, Mattias Eklundh, Sylvain Coudret ou Patrick Rondatpour n’en citer que quelques-uns) mais, je l’avoue avec humilité, pas moi. Session de rattrapage donc, avec ce premier album solo... et remerciements à mon collègue PhilippeC qui a pensé à moi quand il l’a vu passer parmi les promos proposés à notre rédaction. Que nous promet-on sur ce premier album de Fanalo ? Du hard rock aux influences diverses, allant piocher aussi bien dans le metal que le rock, la pop, le prog, l’électro... des morceaux instrumentaux (au nombre de trois) et sept chansons avec quatre vocalistes différents (vous le verrez, on trouve sur ce disque quelques invités de renom). Bref, le voyage s’annonce varié, riche en couleurs...
Et, en effet, dès le premier titre, on sent qu’on va voyager... Tribes commence avec des percussions, des chants tribaux (normal, vu le titre) avant que ne débarque une rythmique carrée pour un instrumental bien développé (sur sept minutes) avec moults changements. Il y a de la technique, un côté prog affirmé mais surtout un sens de la musicalité indéniable. Ca groove, le son est très bon, propre et dynamique. Pour le premier morceau chanté, Fanalo n’a pas invité puisque c’est le grand Jeff Scott Soto lui-même qui officie sur Hate For Sale. Le vocaliste américain est d’ailleurs invité sur deux autres pistes. Le démarrage de Hate For Sale surprend car il est a cappella pendant une vingtaine de secondes avant que ne déboule le reste du groupe pour un titre assez heavy rock, mélangeant tradition (les lignes de chant, surtout sur le refrain) et modernité (avec des sonorités électro fournie par Volkor X). L’un des titres les plus metal de la galette. Troisième piste, troisième ambiance, avec Why on part sur un hard rock plus groovy et mid-tempo - avec un chanteur anglais (Thomas Smith) - à mi-chemin entre du Extreme (niveau guitare) et du Pearl Jam(niveau chant)... et on a le droit à un solo bien délirant de Ron Thal en prime. Très cool.
Les qualités observées en ce début d’album demeurent par la suite. Sachez que vous retrouverez Jeff Scott Soto sur New Found World (un titre hard rock entraînant, mélodique, direct et vraiment taillé pour le monsieur, on croirait presque la chanson extraite de l’une de ses œuvres en solo) et, un peu plus tard, Die To Live, un heavy rock mid-tempo épique avec des orchestrations classieuses, encore bien différent de tout ce qui a précédé. Rien à redire, les riffs et solos de Mr. Alaux sont excellents, le son toujours top, la prestation de JSS impeccable, on ne peut que prendre du plaisir. Il y aura aussi deux autres pistes instrumentales : Moon d’inspiration rock avec une bonne partie électro en son sein et Rebirth, plus rock progressif. Les deux comportent de belles mélodies et des variations se développant sur plus de six minutes. Le chanteur Butcho Vukovic (Watcha, entre autres) est invité sur STC (Stone Cold Cynical), du bon hard accrocheur avec un super refrain (l’un des meilleurs de la galette, à mon humble avis). On retrouve Thomas Smith sur Isolation, une compo remuante et percutante mais avec un twist : une deuxième moitié instrumentale qui ne cesse d’évoluer et monter en puissance avec des solos qui décoiffent. Le tout s’achève avec Rise, une chanson à l’allure plus posée mais qui reste assez épique, notamment grâce à des chœurs et mélodies qui ne sont pas sans rappeler le groupe Extreme (de façon générale, le morceau porte l’influence du fameux groupe américain).
Certains reprocheront peut-être à cet album une trop grande diversité, un manque de fil conducteur... Personnellement, cela ne me pose aucun problème, bien au contraire. Passer d’une compo typée hard rock à un titre plus metal à un instrumental aux influences prog me convient très bien et ne fait pas de ce disque un produit totalement incohérent ou bancal pour autant. L’univers de Fanalo compte des influences variées et son œuvre n’en est que plus intéressante ou riche. Le guitariste se produira d’ailleurs très bientôt sur scène, en première partie des Suédois de Freak Kitchen sur leur tournée française qui démarre début mars. N’arrivez pas en retard ! Fanalo : un album hybride extrêmement réussi, très efficace et agréable, où technique et mélodie font bon ménage... bref, un disque à découvrir absolument. Vos oreilles friandes de hard rock de qualité vous remercieront.
Tracklist de Fanalo :
01. Tribes 02. Hate For Sale 03. Why 04. New Found World 05. Moon 06. STC 07. Die To Live 08. Rebirth 09. Isolation 10. Rise