Nous avons à faire ici à un groupe pas commun, End You est en fait le groupe d’une seule personne qui a tout fait tout seul. Cet homme derrière ce projet c’est Eric Smith, ex-chanteur du groupe The Catalyst. Il a juste été un peu aidé par l’ingénieur du son Steve Roche et de l’ancien membre du groupe The CatalystMichael Backus.
Réussir à composer et enregistrer seul un album de cette qualité et de cette complexité est une prouesse. Car oui en plus du hardcore avec un son noise rock, il y a aussi du math metal là dedans. On le ressent d’ailleurs sur le premier morceau, Slpwlkr et cette guitare assez incroyable aux riffs imparables, la batterie venant faire s’emballer la machine avec la voix d’Eric qui frôle le screamo. Une première claque dans la gueule d’entrée de jeu. Le tout avec un son assez énorme, une excellente prod qui garde le côté brut mais avec un son impeccable.
Cet album est jouissif à bien des égards, on est sur le c.. devant une telle déferlante de tempête qui s’abat sur nos oreilles !
N’y allons pas par quatre chemins : End You ça claque la chatte, ça défriche les conduits auditif, ça envoie du lourd, ou le pâté comme vous voulez. Mais qu’est-ce que c’est bon, je le dit haut et fort : on est bien dans l’œil du cyclone avec End You. Cette déferlante de puissance me fait un peu penser aux excellents Ils. Il y a aussi du Converge, du Unsane et du Ken Mode là dedans.
J’ai envie de dire au sieur Eric : continue comme ça et reste seul, tu maîtrises tellement tout. En effet tout est cohérent, tout s’imbrique parfaitement, comme un vrai groupe uni avec des talents multiples. Même quand le rythme ralentit à de rares moments comme le morceau Equinox, là aussi ça fait mouche. Un beau morceau superbement écrit et composé, sans voix, c’est la musique qui parle. Et ça vous parlera car End You ne laisse pas de marbre.
Les paroles abordent des thèmes touchant directement le chanteur et ses problèmes personnels mais aussi la politique, les problèmes raciaux aux États Unis et la brutalité policière. Il y a peut-être encore un paramètre que j’ai oublié de mentionner sur ce disque : son esprit punk. De part son côté DIY donc mais aussi par la musique frontale, sans concession et brut de décoffrage.
Eric Smith fait tout, et fait surtout bien les choses. Une réussite sur toute la ligne, ou plutôt sur toutes les lignes, les lignes de guitare, de batterie et le chant sont d’un haut niveau. Chapeau l’artiste !