Le retour d’Elyose sur le devant de la scène, ou plutôt devrais-je dire le renouveau d’Elyose, puisque de l’eau aura coulé sous les ponts de l’histoire du groupe depuis quelque temps. Exit le line up d’antan, enfin d’antan, je ne parle que sur les dernières années, hello le nouveau groupe, plutôt le duo puisqu’il ne subsiste plus que Justine Daaé auquel est venu se greffer Anthony Chognard pour les guitares, basses et batteries. C’est donc sur de nouvelles bases qu’Elyose nous propose ici son cinquième album résolument tourné vers un metal electro savamment réussi. C’est à se demander si Elyose aurait trouvé enfin la bonne recette. Si la voie de Justine gagne encore un peu plus en justesse et en maturité, sa ressemblance avec Mylène Farmer est toujours sous-jacente, ce qui fera grincer des dents certains amateurs de metal, les deux n’étant pas pour aller ensemble, ça on l’avait déjà évoqué dans les pages de notre célébrissime webzine, mais sera un argument de poids pour garder l’auteur de ces lignes en haleine, sans pour autant vous raconter ma vie, là n’est pas le sujet.
Pour arriver à se faire une place au soleil dans ce style du metal à chanteuse, usé jusqu’à la corde, il faut vraiment trouver un créneau novateur, et dire qu’Elyose cherche depuis un moment est un doux euphémisme. C’est donc une approche portée electro metal que choisit le duo, ce qui donne un côté metal commercial par moment, aie ! mais de bonnes guitares viennent muscler les débats la plupart du temps et relever l’ensemble. Il suffit de se pencher sur les riffs de Prete Au Combat pour voir que c’est bien pêchu, est superbement exécuté. L’apport de programmation nous donne un son moderne qui irait presque nous rappeler le Linkin Park nouvelle mouture, toute proportion gardée, mais quand même, il faut le souligner.
Le choix du chant en français est assez déroutant et novateur, et donne, comme je l’expliquais plus haut dans ce papier, un côté Farmerien, le punch en plus. C’est bien pensé, bien trouvé, même si le mix ne met pas forcément le chant en avant tant il est parfois compliqué de bien percevoir les paroles, mais cela reste super agréable à l’écoute. Le groupe n’évite malheureusement pas certains poncifs commerciaux comme Etoile Solaire, un peu trop lisse, ce qui reste le problème majeur du groupe quand celui-ci n’envoie pas tout le gros son nécessaire comme sur Theogyne 2.0 ou Immuable.
Tout l’album est sur le fil du rasoir et peut pencher à tout moment entre un metal efficace et un son commercial. Evidence se clôture sur Rise And Reclaim, seul et unique titre chanté en anglais qui donne un aperçu de ce que le groupe peut faire dans la langue de Shakespeare, et là pour le coup, c’est un coup de poing dans les gencives puisque ça fonctionne bien mieux. C’est moderne et rentre dedans avec une couleur très particulière, de loin l’un des meilleurs titres de cet opus et une belle ouverture de ce que pourrait être la suite. Un final en apothéose en somme.
Et comme le groupe tourne bientôt en support d’Infected Rain, on se retrouve sur scène pour voir la défense de cette galette ?