Artiste/Groupe:

Edward Reekers

CD:

The Liberty Project

Date de sortie:

Aout 2023

Label:

Mascot Records

Style:

Opera rock / Rock Prog

Chroniqueur:

florentc

Note:

17.5/20

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Le nom d’Edward Reekers ne parle pas forcément à tout le monde. Rassurez-vous, il est toujours temps de se rattraper, on apprend à tous les âges ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas le bonhomme, sachez que ce n’est autre que le chanteur du groupe Hollandais de Rock Progressif Kayak, depuis... 1978. Sachez également, (et là ça va parler à tout le monde) qu’il a collaboré à de nombreuses reprises (sur album comme en live) avec Ayreon. Il a également sorti trois albums solo, et donc le quatrième après quinze ans d’attente. J’avoue que je connaissais surtout Edward Reekers via les prestations avec Lucassen. J’avais donc hâte de voir ce qu’il pouvait nous proposer sur The Liberty Project. Et lorsqu’on jette un œil sur tous les invités, on a qu’une envie : écouter l’opus ! Steve Hackett (Genesis), Arjen Lucassen (Ayreon parmi tant d’autres évidemment), Damian Wilson (Threshold), John’ Jaycee’ Cuijpers (Praying Mantis), Koen Herfst (Vandenberg), Cindy Oudshoorn (Kayak) sont de la partie. Mais ce n’est pas tout. Une Dream Team Hollandaise bien connue des aficionados d’Ayreon complète le tout, avec Jeroen Goossens aux flûtes et basson, et Joost van den Broek (que les fans d’Epica connaissent forcément). C’est tout ? Non, on pourra rajouter un peu de saxophone, un soupçon de violoncelle ainsi qu’une chorale d’adultes et une d’enfants. Si avoir pléthore d’invités n’est pas synonyme d’un album réussi, là franchement ça ne peut que donner envie ! Le décor étant planté, place au plus important, la musique !

Niveau thématique, je vais citer le label : "Imaginez qu’il y ait eu un deuxième Big Bang. Cela aurait-il modifié notre évolution ou même créé un monde parallèle ? Et si oui, à quoi ressemblerait ce monde ? Qui seraient ses habitants ? " Le tout dans ce concept album de plus de quatre-vingt minutes. On s’assoit, on met son casque, et c’est parti. Après un court prologue, The Present Day et son ambiance eightees débarque en grande pompe. Point d’invité ici, uniquement la voix d’Edward Reekers. Une bonne entrée en matière, avec ce titre rock prog de bonne facture, sans non plus renverser la table. Mais on sent déjà le côté théâtral inhérent à ce type de projet. Car oui, ce type d’album s’apprécie sur une écoute entière, pas titre par titre. Two Lifetimes est déjà une ballade (rare dès le deuxième "vrai" titre), avec au chant Cindy Oudshoorn. Loin d’être désagréable, mais ce titre a du mal à décoller. C’est une chanson qui collerait bien à un générique de James Bond par contre (rien à voir, mais l’ambiance sied parfaitement à la saga). Avec The Disease on arrive en terrain connu, la guitare d’Arjen Lucassen étant reconnaissable en un claquement de doigt ! En voilà un bon titre, qui aurait largement eu sa place sur les dernières sorties du géant Hollandais. Orgue Hammond, solo de guitare, chœurs féminins, difficile de croire que ce titre n’est pas sorti sur un album d’Ayreon ! Et on continue dans la "famille" avec l’excellent Damian Wilson sur Good Citizens. 

On arrive au tiers de l’album et pour le moment le compte est tout bon. Les compositions proposées sont à la fois solides, homogènes et prenantes. Mais le meilleur est à venir ! Patients, Have Patience est typiquement le genre de titre à être joué sur scène en version comédie musicale / opéra. Les chœurs sur le refrain filent des frissons, l’ambiance théâtrale, les différents intervenants, c’est excellent et cela rappelle ce que fait Clive Nolan sur ses différents projets. (Caamora, King’s Ransom ou encore Alchemy). Le solo de basson sautillant conclut parfaitement ce titre, on en redemande. Dans un tout autre style, The Break Up démarre par un solo de saxophone dans une ambiance délicieusement jazzy. A l’opposé du précédent titre, et pourtant on ne perd pas le fil de l’écoute, bien au contraire ! Continuons avec deux pépites. Turn To Us, Learn From Us possède un refrain aux petits oignons, classieux jusque dans son solo de guitare. Encore un titre à partager sur scène de toute urgence ! Et puis arrive The Clash Of Belief, entièrement chanté par les chœurs. Ca prend aux tripes, c’est beau, puissant, et unique sur cet album. Des chœurs sortis tout droit d’un Therion, sans rien d’autre qu’un piano les accompagnant... jusqu’à ce que Steve Hackett dégaine sa guitare pour nous livrer un solo gorgé de feeling. Frissons...

Dans le genre titre bien barré et une nouvelle fois taillé pour la scène, Money se taille la part du lion. Les chœurs d’enfants sur We Live To Die sont un beau moment d’émotion. D’ailleurs, le dernier tiers de l’album se veut plus mélancolique, et tout autant qualitatif. On aura la chance d’entendre une nouvelle fois Damian Wilson sur Never Again sur lequel un orgue de barbarie donne un côté onirique à l’ensemble. Plus de quatre vingt minutes sont déjà passées et un constat se fait immédiatement : Il est assez rare sur un album aussi long, riche et dense de ne pas trouver de titres de remplissage. Le niveau est globalement très élevé, la production rend hommage à tous les musiciens et instruments, là aussi c’est du beau travail ! Plusieurs mois que j’écoute cet album, et à chaque écoute la magie opère à nouveau. Une des sorties les plus marquantes de 2023, tout simplement. La classe M. Reekers.

Tracklist de The Liberty Project :

01. Out Of The Past... (Prologue)
02. The Present Day
03. Two Lifetimes
04. The Disease
05. Good Citizens
06. Liberty
07. Patients, Have Patience
08. The Break Up
09. Turn To Us, Learn From Us
10. The Clash Of Belief
11. Money
12. We Live To Die
13. Remember The Fallen, Celebrate Life
14. Onwards And Forwards
15. Never Again
16. As Good As Any Goal
17. ... Into The Future (Epilogue)

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